Lemanissier, Frédéric
Biographie
Né vers 1789 à Anisy (Calvados). Sculpteur et tailleur de pierres. Il s’illustra au Louvre, aux Tuileries, aux Champs-Elysées et à Chaillot. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants, sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac, afin d’obtenir la Croix de Juillet. Il adressa, le 2 juillet 1831, le récit suivant de la conduite qu’il avait tenue pendant les combats de Juillet : « […] Dans les trois journées, l’exposant s’est employé à partie du manuscrit brûlée aux barricades dans la rue Saint-Honoré ; pour prendre sa partie du manuscrit brûlée il sortit à la barrière de l’Etoile, où il désarma un gendarme chez M. Doutre à la barrière du Roule pour empêcher de donner de la poudre. Il fit aussi l’arrestation de Bellune, qui voyageait sur Saint-Cloud. Il fit perquisition de sa voiture et de toutes ses poches pour savoir s’il ne portait pas quelque ordonnance. Il lui fit crier Vive la Charte ! vive la liberté ! Il fit réponse qu’il était de notre opinion quoiqu’attaché à la cour de Charles X et qu’il allait lui parler pour faire cesser le trouble dans Paris, sans quoi on l’aurait arrêté. Les troupes sortant, il fit rendre dix gardes royaux qui déposèrent leurs fusils et leurs cartouches, il les fit passer par la croisées des commis de la barrière Longchamp et leur paya du vin. Aussitôt arrivés dans Chaillot, une compagnie de Suisses les ayant sommés de se rendre le chef ne voulut pas et fut de suite traversé de plusieurs balles et les autres se rendirent. Finalement dans la rue Saint-Honoré, à l’encoignure où étaient les Suisses, renfermés presque face le Palais-Royal, où tout a été partie du manuscrit brûlée, il tira plusieurs coups de feu sur les croisées […]. » Il donnait les noms suivants des personnes auprès desquelles on pouvait prendre des renseignement sur son compte : Graffet, Pierre, François, (voir ce nom), décoré de la médaille de Juillet, demeurant plaine de Champerret aux Ternes ; Miller, Nicolas (voir ce nom), médaillé de Juillet, demeurant 10, rue des Acacias aux Ternes ; Germain (voir Germain, Pierre, Jean), demeurant rue des Acacias ; Olivier, tailleur, demeurant 8, rue des Acacias aux Ternes ; Puthomme, Irénée (voir ce nom), décoré de la médaille de Juillet, demeurant 2, barrière du Roule. Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Lemanissier, Frédéric, sculpteur, demeurant aux Ternes dans les journées immortelles de Juillet, aurait beaucoup travaillé à faire des barricades dans la rue Saint-Honoré, qu’à la barrière de l’Etoile il fit l’arrestation du duc de Bellune, fit la perquisition de sa voiture et de ses poches pour savoir s’il ne portait point des ordonnances contre la liberté. Il lui fit crier Vive la charte, vive la liberté ! Il fit ensuite rendre dix gardes royaux qui remirent leurs fusils et leurs cartouches. Il les conduisit par la barrière Longchamp, où ils passèrent par la croisée du bureau des employés pour entrer dans Paris et leur paya du vin. » Signé, aux Ternes, le 1er juillet 1831 : Germain (voir Germain, Pierre, Jean), demeurant à Neuilly ; Duval (voir Duval, Louis, Michel), demeurant à Neuilly ; Lemounier, Jacques (voir Lemonnier, Jacques) ; Roland. Il était cité par Germain, Pierre, Jean comme une des personnes qui pouvaient attester de sa conduite pendant les combats (et effectivement les certificats comportent de nombreux faits communs). Il avait signé, en décembre 1830, le certificat suivant en faveur de Dautricour, Grégoire, François : « Nous, soussignés, certifions à tous [ceux à qui] il appartiendra que le nommé Dautricour, François, Grégoire, menuisier, demeurant hors la barrière du Roule n° 6, bis, aux Ternes, commune de Neuilly, s’est conduit comme un brave citoyen dans les trois journées immortelles de juillet dernier à Paris, qu’il a combattu en exposant dangereusement sa vie, il a eu la lèvre supérieure fendue d’un coup de sabre, qu’il a reçu plusieurs coups de pied, de poing et beaucoup de bourrades de fusil, ce qui lui a occasionné de rester au moins trois semaines sans pouvoir travailler. » Il signa le certificat suivant en faveur de Duval, Louis, Michel, le 1er juillet 1831, le certificat suivant en faveur de Duval, François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions qu’il est à notre connaissance que le nommé Duval, Louis, Michel, maître menuisier, rue des Acacias n° 7, aux Ternes, commune de Neuilly, dans les journées immortelles de Juillet, le 27 à Paris, aurait fait partie de ceux qui ont pris le poste des Suisses de la rue Colbert, de 10 à 11 heures du matin, après avoir désarmé les Suisses et s’être saisi d’un fusil, ils se portèrent rue des Prouvaires, où ils ont eu une forte attaque avec la ligne et les ont affrontés jusqu’à l’Hôtel de ville, de sorte qu’il n’est rentré chez lui qu’à 5 heures du soir. Les 28 et 29, il aurait arrêté plusieurs individus qui volaient des matelas de la gendarmerie de l’Etoile et aurait commandé une quarantaine d’ouvriers pour couper des arbres sur la route de l’Etoile, du Roule et la rue des Acacias, pour faire des barricades. Il a payé du vin aux ouvriers, sans qu’il en ait reçu aucune gratification et finalement le 30 (sic !), il parti armé dans les voitures qui étaient aux Champs-Elysées pour aller à Rambouillet à la poursuite des rebelles à la liberté et il fut deux jours parti. » Il demeurait aux Ternes, chez Ridet, boulanger (mais 13, barrière du Roule in Archives de la préfecture de police AA 389) en 1831. Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier Dautricour, Grégoire, François ; Archives de la préfecture de police AA 387 in dossier Duval, Louis, Michel ; Archives de la préfecture de police AA 400 (aussi sous le nom de Manissier).