Lemarchand, François, Bernard
Biographie
Né le 29 floréal an XII à Caen (Calvados), fils de Lemarchand, Pierre, Romain, colporteur, et de Legrand, Françoise, Louise, son épouse. Scieur de pierres, gagnant quatre francs cinquante par jour. Il prit une part active aux combats de l’hôtel de ville, le 28 juillet, avant d’être blessé à la main et transporté à l’ambulance de la Bourse. Il y resta un mois et, sitôt rentré chez lui, le 7 septembre 1830, mit fin à ses jours « peut-être par le chagrin de se voir blessé à la main droite » et de ne plus pouvoir travailler. Il avait reçu soixante francs de secours et se voyait priver de l’usage de sa main droite. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le certificat médical suivant attestait la blessure qu’il avait reçue : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, chirurgien du premier dispensaire de la Société philanthropique, membre de plusieurs sociétés médicales, ayant formé comme chirurgien-major du 1er bataillon de la VIIIe légion de la garde nationale parisienne, l’ambulance de la Bourse, certifie avoir soigné à ladite ambulance pendant l’espace d’environ un mois le nommé Lemarchand, François, scieur de pierres, et qu’il n’était point encore guéri lorsqu’il en est sorti. Cet homme avait reçu, en combattant à la Grève un coup de feu au pouce droit. » Signé, le 6 mars 1831 : Guillon (voir ce nom). Le 8 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Petit, Joseph, maçon, demeurant 40, rue de la Tannerie ; France, Louis, maçon, demeurant 40, rue de la Tannerie ; Dugay, Pierre, journalier, demeurant 40, rue de la Tannerie. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Lemarchand, François, Bernard et « savoir que le 28 juillet dernier il a pris part aux divers combats qui ont eu lieu à la place de l’Hôtel-de-Ville ; qu’il y a été blessé ; qu’il a été transporté à l’ambulance de la Bourse, où il est resté un mois ; que, rentré chez lui, il a mis fin à ses jours volontairement et peut-être par le chagrin de se voir blessé à la main droite ». Il laissait une mère, Legrand, Françoise, Louise, femme Lemarchand, née le 16 février 1784 à Caen, indigente, abandonnée par son mari depuis au moins dix ans, avec trois enfants à charge ; le maire de la commune de Douvres lui délivra un certificat, en date du 29 mars 1831, comme quoi elle n’avait « aucun moyen de fortune ». La pension lui fut refusée mais il lui fut accordé, à titre de cas exceptionnel, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 29 nivôse an XI à Caen ; sur l’acte de mariage, Lemarchand, Pierre, Romain est indiqué comme fils de feu Lemarchand, Pierre, colporteur, et de Salles, Marie, Anne, et comme demeurant rue de Falaise à Caen ; Legrand, Françoise, Louise est indiquée comme la fille naturelle de Legrand, Marie, fileuse, comme étant ouvrière en dentelles, et comme demeurant rue de Falaise à Caen. Lemarchand, François, Bernard demeurait 40, rue de la Tannerie ; sa mère, à Douvres (Calvados) en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement p. 104 (sous le nom de veuve Lemarchand, née Legras, Françoise), liste nominative du VIIe arrondissement des personnes au nom desquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 120, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, cas exceptionnels d’ascendants (sous le nom de veuve Lemarchand, née Legras, Françoise) et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) VIIe arrondissement (sans indication du motif de l’attribution de la rente) (sous le nom de veuve Lemarchand, née Legras, François sic bien François).