Lemas, Jean

Biographie


Né le 21 juillet 1790 à Poitiers (Vienne), fils de Lemas, Jacques, journalier, et de Martineau, Marie, son épouse. Entré le 15 mars 1809 au 1er régiment de tirailleurs, passé aux fusiliers grenadiers le 1er décembre 1811, nommé chevalier de la Légion d’honneur le 25 février 1814, passé aux grenadiers royaux le 1er juillet 1814, passé au 3e régiment de grenadiers le 1er avril 1815, passé au 4e régiment d’infanterie de la garde royale le 6 novembre 1817 comme tambour, renvoyé dans ses foyers pour inconduite le 1er mai 1820 ; il fit les campagnes de 1809 en Autriche, 1810, 1811 et 1812 en Espagne, 1813 en Saxe, 1814 en France et 1815 en Belgique. Il fut blessé d’un coup de feu reçu à l’épaule gauche, le 28 juillet à la grève. Il fut soigné à l’hôpital de la Charité, depuis le 29 juillet et au moins jusqu’au 1er septembre 1830, puis à la maison de convalescence de Saint-Cloud. Il était porteur du certificat médical suivant : « Je, soussigné, ex-médecin de la 4e division de la garde nationale de Paris, membre de la Société de médecine pratique, de l’Académie de Turin, certifie que j’ai pansé et donné mes soins désintéressé à M. Jean Lemas, tambour maître, à l’ambulance des Tuileries, le 29 juillet, pour un coup de feu qu’il a reçu à l’épaule et à la partie moyenne du bras côté gauche. Il est juste que ce brave citoyen reçoive une récompense pour son courage et son dévouement. » Signé, le 8 septembre 1830 : Teisseire (voir Teisseire de Saint-Marc, Joseph), médecin, demeurant 9, place des Petits-Pères. Il reçut un secours de cent francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Il reçut, comme blessé, un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il reçut (chaque fois sous le nom de Lemase) un secours de cent francs, le 18 octobre 1830 (l’apostille suivante est notée en face son nom : Mauvais sujet, signalé par une lettre de la préfecture), un autre secours de cinq francs, le 18 octobre 1830, un secours de vingt-cinq francs, le 18 juillet 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 18 août 1831, auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Le 4 novembre 1830, une note confidentielle de la préfecture et adressée au maire du (ancien) XIIe arrondissement le signalait ainsi : « Il a servi jadis dans la garde ; il est décoré. Je crois devoir vous prévenir, dans le cas où il réclamerait votre bienveillance, qu’il n’est digne d’aucun intérêt. Les renseignements qui m’ont été donnés sur son compte m’ont mis à même de connaître qu’on a de graves reproches à lui faire sur le rapport de la probité. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 18 juin 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu, en gouttière, superficielle, à la partie postérieure de l’épaule du côté gauche, du bord interne du scapulum vers la colonne vertébrale à travers les chairs seulement, guérie avec quelques difficultés et quelques douleurs dans les mouvements, ce qui doit le faire ranger dans la seconde classe des blessés avec une indemnité pendant deux ans, s’il peut être constaté que ce soit le résultat de la part qu’il a prise aux affaires de Juillet. » Il fut admis dans la 2e catégorie de la 2e classe des blessés auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement et reçut une indemnité définitive de six cents francs. Il reçut une indemnité définitive de six cent francs de la part de la Commission de la souscription nationale. Il cosigna le certificat suivant en faveur de la dame Vieillescazes : « Nous, soussignés, blessés dans les combats du 29 juillet, ayant reçu les premiers soins à la pharmacie du château des Tuileries, certifions que madame Vieillescazes nous a prodigué les soins avec un entier dévouement et que nous l’avons vu affronter le feu le plus meurtrier pour porter ses secours aux blessés et que de plus elle s’est empressée de donner de nos nouvelles à nos familles. Nous formons le vœu sincère que l’autorité puisse reconnaître cette conduite vraiment patriotique. » Le 19 décembre 1831, détenu à la prison de La Force, il donna procuration à Victor Ardouin ou Hardouin, demeurant 57, quai de la Vallée, pour toucher les vingt-cinq francs qui lui étaient dus à la mairie du (ancien) XIe, pour le mois de décembre. En 1832, retenu à l’hospice de la Charité salle Saint-Jean, salle n° 3, se trouvant « dans la position la plus affreuse pour exister », il sollicita des secours ; puis aussi en 1833, expliquant qu’il n’avait que la pension de sa croix d’honneur pour subsister. La police, en 1834, donna sur son compte les renseignements suivants : « […] Le sieur Lemasse, décoré de la Légion d’honneur, sorti de l’ex-garde royale, a été blessé dans les journées de Juillet 1830 et, à ce titre, il a reçu des secours du (ancien) XIe arrondissement […]. Le sieur Lemasse ne jouit pas d’une bonne réputation sous les rapports de la conduite ; il est réellement dans la misère mais il n’y serait point s’il avait plus d’amour pour le travail et moins de penchant pour l’oisiveté et l’ivrognerie. » Des renseignements aussi mauvais furent fournis par la préfecture de la Seine : « […] Le sieur Lemasse ne jouit pas d’une bonne réputation sous le rapport de la conduite. Il est réellement dans la misère ; mais il n’y serait point s’il avait plus d’amour pour le travail et moins de penchant pour l’oisiveté et l’ivrognerie. » D’autre part, une note de la mairie du (ancien) XIe arrondissement faisait savoir au préfet de la Seine que Lemas, ayant appris que des renseignements défavorables avaient été portés sur son compte, « s’est transporté au domicile de notre collègue et s’y est livré à des emportements qui étaient de nature à provoquer des mesures sévères contre lui, sans le souvenir de son état fréquent d’ivresse, il faut le dire aussi sans la modération habituelle de notre collègue. » Il demeurait 27, rue Saint-Denis en 1830 ; 12, rue du Gindre en 1831 ; 9, rue des Canettes dans le faubourg Saint-Germain en 1833-1834. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 8, des blessés de Juillet ayant reçu une indemnité temporaire, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 65 ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont été admis à des secours temporaires (300 fr. pendant deux ans), Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IIe catégorie de la IIe classe du XIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 87 (sous le nom de Lemar, Jean) ; Archives de Paris VD6 281 n° 1 in dossier Vieillescazes dame ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1, mairie du (ancien) XIe arrondissement, récompenses nationales, secours aux blessés de Juillet domiciliés dans ledit arrondissement, idem pouvoirs donnés par des citoyens admis aux récompenses nationales de toucher leur allocation ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, mairie du (ancien) XIe arrondissement, Commission de la souscription nationale, titres provisoires des parties prenantes, reçus en échange des titres définitifs délivrés par la mairie, blessés, secours définitifs, idem cahier Indemnité des cinquante francs, 1831 ; Archives de Paris VK3 19 Récompenses nationales, état d’émargement pour remise des bordereaux aux blessés indemnitaires ; Archives de Paris VK3 30, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement de Paris, qui ont été classés par le jury médical et dont les lettres ont été déposées à la mairie ; Archives de Paris VK3 32, (ancien) XIe arrondissement, liste des indemnitaires de deuxième classe (à trois cents et six cents francs) ; Archives de Paris VK3 47 (deux dossiers à son nom) ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés temporairement pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement et dossier indemnitaires 2e classe, (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, état par ordre alphabétique des blessés et autres victimes des événements de Juillet, secourus dans la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, du 8 octobre 1830 au 10 mars 1831, et depuis cette dernière époque jusqu’au 6 avril suivant, état des (243) citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis en raison de leurs blessures à des secours temporaires basés d’après le jury médical ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales F/1dIII/82 (sous le nom de Lemasse) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) XIe arrondissement, blessés de la 2e catégorie de la 2e classe (sous le nom de Lemas, Jean) ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1578/2.

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