Leménager, Jean-Baptiste
Biographie
Né vers 1800 à Clamecy (Nièvre). Dessinateur-géographe et ex-conducteur de travaux publics à Arpajon. Il adressa la lettre suivante au major général des gardes nationales de France, pour lui faire connaître la conduite qu’il avait tenue le 30 juillet à Arpajon et solliciter une sous-lieutenance dans la ligne : « Encouragé par la bienveillance avec laquelle vous accueillez les défenseurs de nos libertés, j’ai l’honneur de vous rendre compte que, dans la journée mémorable du 28 juillet dernier, ayant été informé que le 2e régiment suisse, en garnison à Orléans, se rendait à marche forcée sur Paris pour y massacrer nos frères. Affligé des nouveaux malheurs qui se préparaient, je pris la résolution d’employer tous mes efforts pour arrêter la marche de ces nombreux assassins. A cet effet, après avoir pris connaissance de l’opinion de plusieurs propriétaire d’Arpajon, notamment de M. Perrod, et d’un ancien chef de bataillon de la vieille armée qui me parurent en bonne disposition d’agir s’il se formait un mouvement populaire, je me rendis, le 30 juillet, jour de marché à 5 heures du matin près la poste aux chevaux, lieu du rassemblement général des habitants. Là, je m’aperçus que la majeure partie murmurait hostilement à la prochaine arrivée des Suisses et manifestait hautement leur mécontentement. Bientôt arriva d’Etampes un capitaine d’ordonnance de cette nation, se rendant soi-disant à Saint-Cloud. Je m’empressais de sonder la disposition de cet officier pour savoir quel était l’objet de son voyage : sa réponse évasive et ambiguë me firent penser qu’il était envoyé comme éclaireur ou porteur d’ordres imposteurs. Je jugeais donc le moment favorable d’exciter un mouvement populaire et de le répandre ensuite dans les villes et campagnes environnantes. En conséquence, je déclarais formellement à ce capitaine que je le constituais mon prisonnier et, au même instant, saisissant avec promptitude le sabre dont il était porteur je lui enlève et réclame au milieu de la foule assemblée aux cris de Vive la charte ! Vive la liberté ! A bas les satellites de la tyrannie ! Heureusement secondé par le bon esprit de la population, je me disposai à faire sonner le tocsin et à voler au secours des braves défenseurs de nos libertés, lorsque M. Beaugrand, [manque deux mots] se présente à moi et m’intime l’ordre de rendre le sabre du capitaine désarmé [manque deux mots] juge de paix du lieu, M. Landry, vint lui-même et me somma de [manque deux mots] remise. Me voyant en butte à l’animosité et à la tyrannie politique, je me conformais à leurs ordres. Indigné de leur conduite dans pareille circonstance, [manque deux mots]sur mon genou et la remit en cet état au juge de paix, en lui déclarant [manque deux mots] satisfaction d’être assuré qu’elle ne serait pas employée à égorger les Parisiens. Vivement affecté du triste résultat de ma démarche, je [manque deux mots] où j’appris bientôt que M. le maire, le juge de paix et autres étaient [manque deux mots] le capitaine suisse, qu’ils me faisaient passer dans son esprit comme un homme exaltée ; il fut même question de me faire renfermer pour le désordre [manque deux mots] On fit plus encore, on le pria d’accepter un sauf-conduit pour retourner [manque deux mots] rejoindre son régiment, et ce fut encore M. Beaugrand qui se chargea [manque deux mots] honorable, mission si humiliante à demander pensa à des ennemis [manque deux mots] déposer des armes qu’ils ne portaient plus qu’en tremblant. J’ajouterai à cette relation exacte que dans la soirée du même jour [manque deux mots] se porta en masse à l’entrée de la ville sur la nouvelle de la prochaine [manque deux mots] mais qu’aussitôt des détachements de pompiers furent chargé de de dissiper [manque deux mots] le peuple dans la ville pour protéger l’entrée des Suisses. Toutes ces précautions n’étaient pas nécessaires [manque deux mots] exténués de fatigue, ayant à peine la force de porter leurs armes [manque deux mots] et défilèrent sans bruit le long des boulevards extérieurs de la ville. Ils furent [manque deux mots] dans le pré du sieur Laperche. Quant à moi, pour éviter la prison et la mort si j’eusse été livré [manque deux mots] avait l’intention, je fus contraint de fuir dans la campagne comme un vil [manque deux mots] la capitale où j’appris que grâce au courage et au dévouement [manque deux mots] venions d’être délivrés de la servitude. A mor retour, je m’aperçus bientôt que mon zèle [manque deux mots] étaient devenus de plus en plus un crime aux yeux de jésuites [manque deux mots] par mon dévouement à la cause publique, la haine de gens [manque deux mots] jamais, mais aujourd’hui que la liberté se joint à mes [manque deux mots] pour nous rendre heureux, je me ris de leur impuissance [manque deux mots]. Voilà, M. le major, le récit fidèle des faits qui se sont passé à Arpajon le 30 juillet. Mes ennemis congrégationnistes eux-mêmes ne pourront en dénaturer l’authenticité. Comme vous êtes chargé de recueillir les faits de cette nature qui vous sont adressés, c’est pour quoi je prends la liberté de vous soumettre ces détails, vous priant de me faire porter au nombre des défenseurs de la liberté. J’ai l’honneur, etc. » Dans sa séance du 16 décembre 1831, la Commission des récompenses nationales réunie pour le département de la Seine-et-Oise donna l’avis suivant : « Le sieur Leménager ne présente aucune pièce à l’appui des faits qu’il allègue. La Commission pense qu’il n’y a pas lieu de donner suite à sa demande. » Il demeurait à Arpajon (Seine-et-Oise) en 1831. Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-et-Oise.