Lenglier, Louis, Henri, Benjamin

Biographie


Né le 21 avril 1810 à Harly (Aisne). Elève de l’Ecole polytechnique. Le 21 avril 1831, il fit le récit suivant de sa participation à la révolution de Juillet : « J’étais, le 30 juillet au matin, dans le Marais, ayant appris qu’on allait marcher contre les troupes qui, disait-on, étaient aux Champs-Elysées. Je ramassais alors le plus d’hommes que je pus et j’allais demander des armes à la mairie du (ancien) IVe arrondissement pour compléter, autant que possible, l’armement de ceux qui m’accompagnaient. De là, je me dirigeais vers les Champs-Elysées mais, ayant appris en route que les troupes n’y étaient plus, je conduisis ces hommes à la Bourse, où je restais deux jours. Là, je fis des patrouilles et j’eus l’occasion d’aller défendre une imprimerie où l’on voulait briser les presses mécaniques. Cette imprimerie est située rue des Bons-Enfants. La Bourse, devant être rendue au commerce, je fus au Palais-Royal avec les hommes de la Bourse. Là, je fis le service d’aide de camp, jusqu’au moment du départ pour Rambouillet, où je fus avec un détachement que je commandais. » Dans le récit que faisait Ferdinand fils, Edouard de sa propre participation aux événements de Juillet, il donnait les indications suivantes sur la participation de Lenglier : « […] Le 30 juillet, placé par M. Lenglier, élève de l’Ecole polytechnique, à la tête d’un détachement de gardes nationaux, nous reçûmes l’ordre d’aller défendre des presses mécaniques qu’un rassemblement d’ouvriers voulait briser. Nous parvînmes avec beaucoup de peine à les en empêcher. […]. » Pihan Delaforest, imprimeur, donna les mêmes indications : « Je, soussigné, certifie que le 29 [lire 30, N.D.A.] juillet, ayant envoyé à la place de la Bourse demander des secours pour défendre mes presses mécaniques qu’on menaçait de briser, M. Ferdinand fils est venu avec un détachement de garde nationale et que c’est à lui et à ce détachement commandé par M. Lenglier, élève de l’Ecole polytechnique, que j’ai dû la conservation de mes presses. » Lenglier, lui-même, délivra le certificat suivant en faveur de Ferdinand, fils : « Etant à la Bourse, le vendredi 30 juillet, avec plusieurs de mes camarades, M. Pihan Delaforest a envoyé demander du secours au poste de la Bourse pour empêcher la destruction de ses presses. J’y suis allé avec plusieurs de mes camarades et d’autres jeunes gens, au nombre desquels j’ai remarqué M. Ferdinand fils. » Il délivra le certificat suivant en faveur de Duclos, François : « Je certifie que M. Duclos, François, s’est trouvé le 30 et le 31 juillet au poste de la Bourse, où de jour et de nuit, il a fait des patrouilles pour protéger la tranquillité publique. Je l’ai retrouvé ensuite au premier camp au village de Cognères près Rambouillet. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 20 avril 1831, contient les indications suivantes sur sa participation aux combats : « Le 30, en uniforme au Marais, à la tête de plusieurs hommes, a demandé des armes à la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; s’est transporté aux Champs-Elysées et de là au poste de la Bourse pendant trois jours ; a empêché de briser les presses mécaniques, a fait le service d’aide de camp au Palais-Royal et Rambouillet en commandant un détachement. » Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 20 avril 1831, à aucune voix pour la croix, aucune voix pour la médaille, cinq voix pour une mention et quatre voix pour rien. Bouché, Adolphe présenta à la Société des réclamants un certificat dans lequel était mentionné le fait qu’il avait monté la garde à la Bourse sous le commandement de Langlier et de Monicault (voir Monicault de, Joseph, Charles, Eugène), élèves de l’Ecole polytechnique. Colonel d’artillerie, il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur le 26 décembre 1852, commandeur le 12 mai 1870. Il mourut le 21 octobre 1883. Nous empruntons au Télégramme la notice biographique qui lui est consacrée à propos du square Lenglier à Pontivy (Morbihan) : « Autour de l’église Saint-Joseph, le square Lenglier est un endroit où il fait bon flâner, un beau terrain de jeu pour les enfants. Au cœur du quartier napoléonien, cet écrin de verdure perpétue la mémoire d’une grande figure pontivyenne. Louis-Henri Benjamin Lenglier est né à Harly (Aisne) en 1810. Peu après sa naissance, la famille vient s’installer à Napoléonville où le père, ingénieur des Ponts-et-Chaussée, travaille à la canalisation du Blavet. Benjamin Lenglier fait ses études secondaires au lycée de la ville avant d’être admis à l’Ecole polytechnique d’où il sort officier d’artillerie. Il achève sa carrière avec le grade de colonel. En 1871, il est élu conseiller municipal et défend les intérêts des Pontivyens au Conseil général du Morbihan jusqu’en 1877. De 1876 à 1878, il signe régulièrement dans le journal de Pontivy, des Causeries agricoles et ses Sentences proverbiales. Maire de 1877 à 1882, il laïcise l’école communale en 1878, sa grande cause étant la diffusion de l’instruction pour tous. Il sera décoré de la Légion d’honneur et nommé officier de l’instruction publique. Il était également président de la Société d’agriculture de l’arrondissement de Pontivy. Benjamin Lenglier décède en 1883, à l’âge de 74 ans, à son domicile de la rue des Pyramides (actuellement avenue Napoléon Ier), des suites d’une crise d’asthme. Autour de l’église Saint-Joseph, le square Lenglier est un bel endroit de promenade. » Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusqu’au 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 212 ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 20 avril 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 20 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Duclos, François ; Archives nationales F/1dIII/88 in dossier Ferdinand fils, Edouard ; Archives de la préfecture de police AA 374 in dossier Bouché, Adolphe ; Le Télégramme, 12 mai 1998 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1587/49. Il a son dossier aux Archives nationales F/14/2265/2

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