Lenoble père

Biographie


Propriétaire. Il était lui-même combattant de Juillet, selon le certificat qu’il signa, le 25 août 1831, en faveur de Côte, Jean-François, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Société des réclamants, sise rue Bourg-Labbé. Ce certificat était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, officiers de la garde nationale, gardes nationaux, propriétaires et ouvriers, tous ayant combattu pour la défense de nos libertés dans les mémorables journées de juillet 1830, certifions que le sieur Côte, Jean-François, fabricant de pain d’épice, demeurant habituellement e Neuve-Saint-Martin n° 8, a déployé le plus héroïque courage dans les susdites journées, en combattant pour la cause nationale. Nous l’avons vu le 28 à la porte Saint-Martin, le 29 à la prise du Louvre et aux environs du Palais-Royal se montrer de la manière la plus exemplaire. C’est pour rendre hommage au mérite de ce brave citoyen et à la vérité que nous lui avons délivré le présent certificat, estimant que les services qu’il a rendus à la cause de la liberté dans cette grande lutte lui font mériter une part aux récompenses nationales. Nous certifions en outre que depuis longtemps qu’il habite le quartier il s’y est toujours comporté de manière à mériter l’estime générale. » Archives de la préfecture de police AA 381 in dossier Côte, Jean-François. Le nom de Lenoble apparaît dans la déposition de Sabatier ou Sabbatier, au cours du procès intenté en diffamation par Perier (voir ce nom), ministre de l’Intérieur, et Vivien (voir Vivien, Alexandre, François), préfet de police. Le National avait publié, le 15 juillet 1831, sur les désordres de la veille et au cours desquels des ouvriers avaient été embrigadés et payés pour assommer les manifestants, un article ainsi conçu : « Jusqu’ici du moins le ministère avait assez compté sur la force armée et la garde nationale pour ne s’appuyer que sur elle ; mais il a senti qu’il lui fallait une milice plus digne de lui. Toute la journée on a embrigadé dans le faubourg Saint-Antoine, au vu et au su de tout le monde, de soi-disant ouvriers sans travail ; on leur promettait trois francs par tête pour assommer les jeunes gens qui se désignaient eux-mêmes aux coups en portant la cocarde au chapeau et des rubans de juillet à la boutonnière. On ne manquera pas de dire demain dans le Moniteur que c’étaient de simples et bons ouvriers, cédant là leur seule indignation et au bon sens ; mais ce que nous avançons ici, nous le prouverons devant le tribunal, si l’on ose nous attaquer, et nous en portons le défi. Les 1.500.000 francs de la police ont servi aujourd’hui à payer les assommeurs, quand il y avait dix mille hommes sous les armes et que les environs de Paris étaient garnis de troupe. » Sabattier ou Sabbatier fit la déposition suivante : « Le 14 juillet, on vint me prévenir que des ouvriers étaient enrégimentés pour assommer les patriotes ; que ces ouvriers avaient des rubans tricolores. J’allai sur la place du Châtelet ; je vis, en effet, des ouvriers attaquer et même assommer des jeunes gens, et les ouvriers se jeter sur eux près la place de la Bastille. Un ouvrier vint derrière nous nous prévenir de ce qui pouvait nous arriver ; il nous dit : “La misère m’a forcé de me faire mouchard ; et je suis chargé de vous suivre ; j’ai vingt-cinq hommes à une vingtaine de pas ; le projet est de vous laisser aller jusqu’à la place de la Bastille, et, si vous ne vous dispersez, on vous assommera.” Le lendemain, plusieurs ouvriers qui mangent dans le même restaurant que moi me dirent qu’on leur avait proposé de s’enrégimenter ; j’écrivis à ce sujet une lettre au journal la Révolution, qui la publia. J’y désigne les ouvriers qui me firent cette déclaration : ce sont les sieurs Godelard et Alexandre. Plusieurs personnes me furent désignées comme devant être assommées, entre autres MM. Danton et Lenoble. » A l’issue du procès et après de multiples témoignages qui confirmèrent l’article, les deux accusés furent acquittés. Cour d’assises de la Seine, procès du National et de la Tribune, embrigadement de faux ouvriers le 14 juillet ; préventions de diffamation envers MM. Casimir Perier et Vivien, Grenoble, imprimerie de Barnel, décembre 1831 ; La Gazette des tribunaux, 30 novembre 1831, 1er et 2 décembre 1831.

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