Lenormand, François
Biographie
Né le 16 novembre 1796 à Châteaudun (Eure-et-Loir), fils de Lenormand, Jean-Baptiste, poêlier, et de Raillard, Magdelaine. Chaudronnier ou poêlier. Un témoignage relatait ainsi les circonstances de sa participation aux combats et de son décès : « […] Le 28 juillet dernier, ledit sieur François Lenormand est sorti le matin de son domicile dans le dessein de se battre contre la garde royale que, sur le midi, il arriva dans ces dispositions sur la place du Palais de Justice, où depuis quelque temps une vive fusillade se faisait entendre, qu’il prit aussitôt part au combat et qu’environ une heure après il reçut une balle dans la cuisse, qui le mit hors de combat, qu’ainsi blessé il fut placé sur un brancard et emporté à l’Hôtel-Dieu, où il mourut le même jour des suites de sa blessure. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIe arrondissement. Le 9 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIe arrondissement, comparurent : Henry, Joseph, horloger, demeurant 15, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie ; Saint-Amand, Joseph, marchand de vin, demeurant 11, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie. Ils attestèrent que « […] le 28 juillet dernier, ledit sieur François Lenormand est sorti le matin de son domicile dans le dessein de se battre contre la garde royale que, sur le midi, il arriva dans ces dispositions sur la place du Palais de Justice, où depuis quelque temps une vive fusillade se faisait entendre, qu’il prit aussitôt part au combat et qu’environ une heure après il reçut une balle dans la cuisse, qui le mit hors de combat, qu’ainsi blessé il fut placé sur un brancard et emporté à l’Hôtel-Dieu, où il mourut le même jour des suites de sa blessure. » Il laissait une veuve, Chomette, Louise, Victoire, Caroline, née le 2 frimaire an VI (22 novembre 1797 ; mais 9 novembre 1797 in Archives nationales F/1dIII/38 B ; mais bien 22 novembre 1797 in Archives nationales F/1dIII/82) à Châteaudun (Eure-et-Loir), ouvrière en linge, qu’il avait épousée le 10 janvier 1824 à Châteaudun, mère d’un enfant naturel, Chomette, Adolphe, né le 4 août 1814 à Châteaudin ; sur l’acte de mariage, Lenormand, Jean-Baptiste est indiqué comme décédé le 14 juillet 1801 à Châteaudun, et Raillard, Magdelaine est indiquée remariée en secondes noces avec Foucher, Pierre, Michel, poêlier ; Chomette, Louise, Victoire, Caroline est indiquée comme ouvrière, fille de feu Chomette, Jean, chapelier, décédé le 23 mai 1810 à Châteaudun, et de feue Darbois, Marie-Louise, son épouse, décédée le 17 août 1819 à Châteaudun. On trouve dans son dossier cette lettre de recommandation, à en-tête de la société Philbert et Pernoud, successeurs de MM. Bouvet frères, commissionnaires de roulage et aubergistes, 29, rue Culture-Sainte-Catherine : « Nous vous adressons avec la présente la veuve de François Lenormand, décédé le 28 juillet à l’Hôtel-Dieu à 2 heures de l’après-midi. Il avait été blessé à la cuisse, d’un coup de feu qui lui a coupé une artère et son sang s’est perdu en si grande quantité qu’il n’a même pas pu parler. Mme Philbert, qui est allée avec cette femme à l’Hôtel-Dieu, s’est assurée de l’exactitude de cet accident et cette veuve a parfaitement reconnu les habits de son mari. Etant sans ressources et ayant un fils qui n’est point encore en âge de gagner sa vie, nous vous prions de faire participer cette femme aux secours accordés aux personnes qui sont dans la même position. Nous vous serons reconnaissants de vos bons offices. » Signé : Philbert et Pernoud. Elle fut pensionnée de cinq cents francs et il lui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le nom de Lenormand (F. Lenormand) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Il demeurait à Châteaudun en 1824 ; 15, rue Sainte-Croix-de-la-Bretonnerie en 1830 ; sa veuve, à la même adresse en 1831. Histoire de ce qui s’est passé dans cet hôpital pendant et après les trois grandes journées, suivie des détails sur le nombre, la gravité des blessures et les circonstances qui les ont rendues fatales, Prosper Ménière, docteur en médecine de la faculté de Paris, ancien chirurgien interne des hôpitaux et hospices civils de la même ville, Heideloff et Canel, Paris, 1830, p. 341 ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 103 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 30 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830 (sous le nom de Lenormand, François, Pierre) ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, mairie du (ancien) VIe arrondissement, II, état des blessés reçus dans les établissements de la 1re division des hôpitaux et hospices civils de Paris, domiciliés dans le (ancien) VIe arrondissement (sous le nom de Lenormand, François, Pierre) ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien VIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales F/1dIII/82, un état imprimé comprenant les noms et les secours ou pensions distribués aux veuves, orphelins, ascendants ou blessés du seul (ancien) VIIe arrondissement p. 2-3 état des veuves aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIe arrondissement, veuves ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.