Lépecq de la Closture, Louis, Félix, Hyacinthe
Biographie
Né (sous le nom de Le Pecq de la Closture) le 25 novembre 1808 à Saint-Lô (Manche). Etudiant en médecine, interne à l’hôpital Beaujon. Il sollicita, à titre de récompense nationale, d’être dispensé du paiement des droits universitaires et de ses frais de thèse. Il fut exempté, sur proposition de la Commission des récompenses nationales du paiement des frais universitaires pour parvenir au grade de docteur en médecine. Il fut reçu docteur, le 21 novembre 1833 à la faculté de médecine de Paris. Garde national depuis 1835, il fut nommé capitaine de la 2e compagnie du 17e bataillon en 1848. Il fut, à ce titre, nommé chevalier de la Légion d’honneur le 14 juin 1856. En 1872, comptant quarante années de services dans la garde nationale dont vingt-trois comme capitaine ou commandant, il fut proposé comme officier de la Légion d’honneur. A cette occasion, le 1er février 1872 le préfet de la Seine écrivait à son sujet : […] D’après les renseignements que j’ai pu recueillir j’estime que la promotion de M. Lépecq de la Closture au grade d’officier de la Légion d’honneur serait accueillie avec faveur par l’opinion publique. M. Lépecq a commandé son bataillon avec distinction et il n’a résigné son commandement que pour se consacrer tout entier aux ambulances établies rue Vaneau […]. » Le 10 janvier 1872, une note du ministère de l’Intérieur, bureau des gardes nationales, donnait sur son compte les renseignements suivants : « M. le docteur Lépecq de la Closture est un des membres les plus distingués et les plus honorables du corps médical de Paris. Il jouit dans le faubourg Saint-Germain, qu’il habite depuis quarante ans, de la considération la plus méritée et il y exerce sur la population ouvrière, comme dans les classes les plus élevées, une véritable influence. Malgré les devoirs qui lui imposait une nombreuse clientèle, M. Lépecq a toujours tenu à honneur de remplir ses obligations de citoyen. Simple garde national de 1830 (sic) à 1848, il fut, à cette dernière époque, nommé capitaine par l’élection à l’unanimité des habitants de son quartier. Après une interruption de quelques mois en 1851, il fut, sur la demande des ses concitoyens, confirmé dans ce même grade, qu’il occupa jusqu’en 1869. A cette époque, les mêmes témoignages d’universelle estime le désignèrent pour le poste très délicat de chef du 17e bataillon de la garde nationale de la Seine. M. le docteur Lépecq comptait alors quatorze ans comme chevalier de la Légion d'honneur, sa nomination date en effet des premiers jours de 1856. Signalé par son attitude énergique dans toutes les prises d’armes et notamment pendant les journées de juin 1848, M. le docteur Lépecq continua à se faire remarquer, au mois de septembre 1870, par son courage et par sa fermeté. Quand vint l’investissement de Paris, la nomination de tous les officiers de la garde nationale étant remis à l’élection, le commandant Lépecq, par une délicatesse de sentiment à laquelle chacun rendit hommage, désigna comme plus capable d’exercer un commandement militaire un de ses officiers, M. de Crisenoy, ancien lieutenant de vaisseau, aujourd’hui préfet de l’Indre. Mais tout en faisant un sacrifice patriotique commandé par les circonstances, M. Lépecq ne se tint pas pour dégagé de ses devoirs. Son influence, ses conseils continuèrent d’appartenir au corps dont il avait eu si longtemps la direction et c’est à lui, en grande partie, qu’il faut attribuer la bonne composition et l’excellent esprit du 17e bataillon de la garde nationale de Paris. Malgré son âge (soixante-deux ans) et ses intérêts de grand propriétaire, qui réclamaient sa présence dans un département envahi, il voulut rester à Paris pendant toute la durée du siège ; la commune l’y retrouva et il donna ses soins aux deux ambulances privées qui fonctionnèrent pendant plusieurs mois, rue Vanneau. Aussi, l’état-major des gardes nationales, reprenant la proposition faite en août 1870 par le général d’Autemarre, propose-t-il M. le docteur Lépecq de la Closture pour le grade d’officier de la Légion d’honneur, récompense bien méritée par quarante années de services actifs, dont vingt-trois comme capitaine ou chef de bataillon. Le service central du ministère, qui a pu apprécier pendant de longues années le caractère, le dévouement et les services du commandant Lépecq, considère comme un devoir d’appuyer sa proposition. Le docteur Lépecq est médecin de la Société des secours mutuels de Saint-Dominique, association qui dans un quartier populeux, compte, parmi ses adhérents, plusieurs milliers d’ouvriers. » Par contre, le 17 janvier 1872, le nouveau préfet de l’Indre, de Crisenoy, dont il est fait mention plus haut, faisait parvenir au sous-secrétaire d’Etat du ministre de l’Intérieur l’appréciation confidentielle suivante sur la nomination de Lépecq comme officier de la Légion d’honneur : « Par dépêche confidentielle du 16 janvier, vous me faites l’honneur de me demander mon opinion sur la proposition de la croix d’officier de la Légion d’honneur faite en faveur de M. Le Pecq de la Clôture, ancien commandant du 17e bataillon de la garde nationale. Je m’empresse de satisfaire à votre désir. M. Le Pecq de la Clôture est en effet très estimé dans son quartier et comme homme et comme médecin, sans cependant jouir de la grande considération et de l’influence que l’on semble lui attribuer d’après les termes de votre dépêche. Il a été nommé commandant du 17e bataillon, en 1869 à la mort de M. de Maing... illisible, comme se trouvant le plus ancien capitaine, mais il était tout à fait incapable de remplir ces fonctions dans des circonstances quelque peu difficiles. Dès qu’il a fallu s’occuper de réorganiser le bataillon en vue du siège de Paris, son inexpérience des choses militaires et son attitude vis-à-vis des officiers et des hommes ne tarda à indisposer tout le monde, au point que le désordre commençait à se manifester dans ce corps. Lors des élections des officiers, M. Le Pecq comprit qu’il ne serait pas nommé et se retira. Pendant tout le siège, il n’a, à ma connaissance, fait partie d’aucun bataillon de la garde nationale, même comme chirurgien. Son âge à la vérité l’exemptait de ce dernier, mais alors que tant de hauts fonctionnaires, de magistrats ont fait pendant cinq mois comme simples gardes les exercices journaliers, le dur et parfois dangereux service aux remparts et aux avant-postes il me paraîtrait impossible de récompenser par une aussi haute distinction, comme appartenant au 17e ou même à la garde nationale un ancien officier qui s’est retiré précisément alors que le rôle de l’institution devenait sérieux, qui n’a pas paru ni aux remparts ni dans les luttes contre l’insurrection dans lesquelles la plupart des bataillons du faubourg Saint-Germain se sont plus ou moins distingués. J’ignore l’importance des services que M. Le Pecq de la Clôture a rendus dans les ambulances mais à moins que ces derniers ne soient tout à fait exceptionnels et relatés dans le décret, je crois pouvoir vous affirmer que sa nomination serait de nature à produire dans le quartier un très fâcheux effet. » Lépecq de la Closture fut nommé officier de la Légion d’honneur le 4 février 1872. Il signe bien Lépecq de la Closture en 1872, lors de la remise de son brevet d’officier. Il mourut le 27 mai 1889. Il demeurait 23, rue Bellechasse en 1843 ; 27, rue Casimir-Perier en 1853-1872. Archives de Paris VD4 11 pièce 3166 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1843 (sous le nom de Lepecq de la Clôture, Félix, Haycinthe) ; Archives de Paris pièce 3173 Préfecture du département de la Seine, Liste des médecins et chirurgiens, docteurs en médecine et en chirurgie, officiers de santé et sages-femmes, dressée le 31 décembre 1854 (sous le nom de Lepecq de la Clôture, Félix, Haycinthe) ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, état de demandes d’exemption de droits universitaires et état des dispenses de frais d’études et de réception accordées à des étudiants en droit et en médecine sur les propositions de la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Lepecq, Louis, Félix) ; Archives nationales F/1dIV/L/14 Récompenses honorifiques ; Archives nationales LH/1594/49.