Lepernay
Biographie
Etudiant en médecine. Il sollicita, le 17 mai 1831, auprès du président du Conseil, la décoration de Juillet : « Jusqu’à présent je n’avais adressé aucune réclamation pour obtenir une récompense à laquelle j’ai les droits les plus mérités. Je pensais que, ayant fait connaître ma conduite pendant les événements de Juillet, on m’aurait porté sur la liste des récompenses. Quoiqu’il me répugne de parler de moi, cependant l’oubli dans lequel on m’a laissé me force de réclamer le prix des services que j’ai rendus pour une cause à laquelle j’ai toujours été dévoué. Le mois de juillet n’a pas vu naître mon libéralisme. Le 3 juin 1822, je fus jeté dans les cachots et mis en jugement lors du service de notre condisciple infortuné Lallemand. M. Mérilhou et M. Dupin peuvent en donner des preuves certaines, ils étaient mes défenseurs. Je fus exclu de la faculté de médecine pendant deux ans, j’étais libéral, je l’avais professé hautement, c’en était assez pour me faire surveiller lorsque l’on me permit d’y rentrer. Plus d’une fois, malgré les coups de sabre, nous sommes allés en corps témoigner notre gratitude aux généreux députés dont le zèle infatigable était le seul soutien de nos libertés. Vous-même, monsieur, nous avez souvent honorés de paroles encourageantes et affermi dans nos cœurs des idées qui y avaient pris des racines profondes. Mes antécédents devaient être un garant de ma conduite dans des circonstances plus favorables à la cause que j’avais embrassée ; ce fut donc avec avidité que je saisis le moment après lequel je soupirais depuis si longtemps, de briser les fers sous le poids desquels gémissait ma patrie. Je fus un des premiers à courir aux armes, j’étais au combat de la Grève, à la prise du Louvre mon chapeau fut traversé d’une balle et je ne cessai de poursuivre notre ennemi jusqu’à sa complète retraite. Son Altesse Royale, Monseigneur le duc d’Orléans daigna, par l’organe de M. Victor Hugo, m’adresser des félicitations. Je pense, Monsieur, que mes titres à la décoration vous paraîtront légitimes et je compte sur votre justice pour recevoir une récompense que je crois avoir méritée autant que qui ce soit ; je ne suis pas de ceux qui refusent leur serment au roi, je me suis battu pour lui et m’y battrai encore. » Il demeurait chez son père, professeur au collège de Péronne en 1831. Archives nationales F/1dIII/63.