Lepiez, Bernardin, Charles, Albert

Biographie


Né le 23 septembre 1806 à Sebville (Manche), fils de cultivateurs. Etudiant en médecine. Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Le 27, a fait partie de divers rassemblements et du cortège qui transporta un cadavre de la rue Saint-Honoré à la rue Mouffetard. Le 28 de grand matin, fit partie du groupe qui se transporta au faubourg Saint-Marcel pour exciter les ouvriers. Vers 11 heures, il acheta un fusil de munition à la rue Garancière et fut combattre au quai des Augustins, au pont de l’Hôtel-Dieu et au quai de la Cité. Il coopéra le 29 au désarmement de la caserne Tournon. Ensuite est allé, lui cinquième, à la barrière des Deux-Moulins chercher douze barils de poudre qu’ils ont ramenés à la place de l’Odéon. A Babylone, alternativement combattant et chirurgien, il faisait le coup de feu et pansait les blessés. Averti que l’action durait encore aux Tuileries, reprit son fusil pour s’y rendre et arriva que le combat était terminé. » Dans le certificat que signa, le 30 juin 1831, Boissaye (voir Boissaye, Adolphe, Armand) en faveur de Lowasy, quand ce dernier tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, on trouve quelques indications sur Lepiez ; ce certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, atteste que le mardi 27 juillet 1830, j’ai vu à une réunion de patriotes rue Saint-Fiacre à 7 heures du rois, M. Lervasy (sic), dont les avis pleins de prudence et d’énergie nous furent très utiles ; que dans la même soirée, je l’ai vu sur le boulevard des Capucines et plus tard rue Saint-Honoré, faisant des généreux efforts pour exciter à l’insurrection ; que le lendemain, mercredi 28 dès 5 heures du matin, il assistait à une réunion des mêmes patriotes chez M. Lepiez (voir Lepiez, Bernardin, Charles, Albert), rue du Petit-Lion-Saint-Sulpice n° 13 et qu’il fit preuve de courage dans les diverses occasions ou nous nous trouvâmes en face des troupes de ligne pendant cette matinée. J’atteste de plus que j’ai vu M. Lowasy faisait partie de la légion de citoyens qui de la place de la Bourse s’est rendue à la rue des Prouvaires. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales, en date du 29 janvier 1831, ne contient pas de faits nouveaux autres que ceux déjà relatés dans le rapport de la mairie. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 27 janvier 1831, à cinq voix pour la croix, une voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 1029) dans les demandes concernant le ministère de l’Instruction publique, auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; il sollicita la dispense de ses droits universitaires à l’Ecole de médecine. Il fut exempté, sur proposition de la Commission des récompenses nationales du paiement des frais universitaires pour parvenir au grade de docteur en médecine ; l’observation suivante était inscrite en face de son nom : « Il s’est battu constamment. Il a été tour à tour soldat et citoyen au quai de la Cité et à la caserne de Babylone. » Proposé pour un emploi de chirurgien sous-aide par la Commission des récompenses nationales, il fut nommé, le 23 mai 1831, sous-aide major et affecté à l’île d’Oléron. Il avait reçu trois cents francs comme secours et avance sur son indemnité de première mise auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Lepied, Bernardin, Charles), auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il fut reçu docteur en médecine le 30 juillet 1831. Dès 1861, on sollicita pour lui la décoration de la Légion d’honneur ; aussi son dossier de la Légion d’honneur laisse-t-il de nombreuses indications biographiques. Il fut médecin à Saint-Germain-en-Laye depuis le 1er novembre 1834 ; chirurgien de l’hôpital civil et militaire de Saint-Germain-en-Laye depuis le 1er mars 1842 ; membre du jury médical de Seine-et-Oise depuis le 7 mars 1842 ; médecin consultant de la maison succursale de la Légion d’honneur des Loges, fonctions gratuites, depuis le 6 septembre 1847 ; médecin, aussi à titre gratuit, de la gendarmerie départementale, de la gendarmerie de la garde impériale en résidence à Saint-Germain-en-Laye et de la gendarmerie forestière ; médecin, aussi à titre gratuit de l’orphelinat municipal des filles, du pensionnat primaire dans les maisons charitables de Saint-Thomas et de la Nativité, et du bureau de bienfaisance ; avait reçu, après l’épidémie de choléra en 1849, une lettre de la mairie de Saint-Germain-en-Laye, lui faisant part de sa « reconnaissance des soins empressés que vous avez apportés à tous les malades avec autant de zèle et de dévouement que d’abnégation de vous-même » ; membre du Comité supérieur d’instruction primaire ; adjoint au maire de la commune de Saint-Germain-en-Laye en 1848-1849, puis élu conseiller municipal jusqu’en 1855, puis de nouveau adjoint au maire ; administrateur de la bibliothèque municipale depuis 1858 ; membre de la Société d’encouragement pour les Arts, Belles-Lettres depuis le 16 septembre 1836. Le général de Girardin, commandant militaire du château de Saint-Germain comptait parmi ses plus fidèles soutiens pour obtenir cette distinction et intercéda de nombreuses fois en sa faveur ; le général se comptait comme un des amis de Lepiez, louait les qualités humaines et professionnelles de cet « excellent docteur », ajoutant : « M. Lepiez a sauvé deux fois la vie à mon fils. » Enfin cette note reprenait tous les titres de Lepiez à la décoration : « M. Lepiez est un homme très honorable et méritant l’’estime et la considération dont il jouit autour de lui, par son caractère, son dévouement aux devoirs de sa profession et ses lumières. Ses services distingués comme médecin, ceux qu’il a rendus depuis 1843 comme chirurgien de l’hôpital civil et militaire de Saint-Germain-en-Laye ou comme membre du jury médical, le zèle éclairé avec lequel il remplit ses fonctions d’adjoint, le concours loyal, empressé et dévoué qu’il donne dans toutes les circonstances où elle le lui demande à l’administration supérieure le désignent à la bienveillance du gouvernement et semblent lui mériter la haute distinction pour laquelle il est proposé. Si elle lui était accordée, elle serait considérée comme la juste récompense de trente années de nombreux et sérieux services. » Lepiez fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en date du 11 août 1864 (il n’est pourtant pas dans la base Leonore). Il avait épousé Perin, Marie-Louise, Adeline et était le père Lepiez, Aristide, Marie, Bernardin, né le 5 juin 1844 à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines), interne des hôpitaux civils de Paris depuis 1866, fait lui-même chevalier de la Légion d’honneur le 4 février 1872, décédé le 27 janvier 1911 à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). Il demeurait 13, rue du Petit-Lion-Saint-Sulpice en 1830-1831 ; à Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) en 1834-1864, dont 74, rue de Poissy en 1844 et 11, rue de Lourcine en 1872. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité deux fois dont la deuxième sous le numéro 1029) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, demandes concernant le ministère de l’Instruction publique ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 27 janvier 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 29 janvier 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/33, état des dispenses de frais d’études et de réception accordées à des étudiants en droit et en médecine sur les propositions de la Commission des récompenses nationales et état des places et faveurs accordées par le gouvernement, à la suite de la révolution de Juillet et des événements qui s’y rattachent et en considération de la part qu’y ont prise les impétrants ou leurs familles et aussi Commission des récompenses nationales, ministère de la Guerre, emplois d’officiers de santé, d’officiers d’administration des hôpitaux militaires de chirurgiens et d’officiers dans le bataillon d’ouvriers ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement (sous le nom de Lepiez, Albert pour la somme reçue en avance sur son indemnité de première mise et sous celui de Lepied, Bernardin, Charles pour les vingt-cinq francs reçus pour l’anniversaire des journées de Juillet) idem F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIV/L/14 Récompenses honorifiques ; idem LH/1596/69 ; Archives de la préfecture de police AA 399 in dossier Lowasy.

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