Leprêtre dit Francis, François, Louis
Biographie
Né le 11 décembre 1806 à Rouen (Seine-Maritime). Artiste au théâtre du Luxembourg. La chronique de l’époque relatait ainsi sa participation aux combats : « MM. les comédiens, qu’un misérable avait trouvé bon de mettre hors la loi, se sont conduits dans ces circonstances avec le plus grand patriotisme ; beaucoup d’entre eux ayant été reconnus, au milieu du feu, par le peuple, des milliers de cris Vivent les comédiens se sont fait entendre. Nous avons vu Mme Millen, du théâtre des Variétés, travailler à enlever les pavés du faubourg Poissonnière, malgré la fusillade, et donner les soins les plus touchants aux blessés. Nous avons encore eu sous les yeux un trait de courage de M. Louis-François Leprêtre dit Francis, artiste dramatique du théâtre du Luxembourg. Ce jeune citoyen étant parti de l’Odéon avec la garde nationale qui devait se rendre maître de la caserne Babylone, le 29, ne quitta point la pièce de canon qui mitrailla pendant longtemps les Suisses qui s’y trouvaient renfermés. Voyant que ces derniers, par un feu continuel, tuaient ou blessaient plusieurs de ses camarades, il lui vint l’idée de mettre le feu à cette caserne, afin de faire mettre bas les armes aux égorgeurs des Français : il la communique à ses concitoyens, et aussitôt on court partout se procurer de la paille qu’on entasse devant la porte. M. Francis, malgré la fusillade des Suisses, arrive avec du feu, et bientôt la caserne est la proie des flammes. Il a eu ensuite le bonheur de reprendre son rang sans avoir été blessé. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il délivra en faveur de Victor Mauvière un certificat comme quoi il avait « pris une part active aux événements des 28 et 29 juillet dernier, notamment à la prise de la caserne de Babylone. Ce citoyen a rempli dignement ses devoirs de vrai Français dans ces deux journées malgré la position délicate dans laquelle le plaçait sa qualité d’employé aux Postes, et la certitude, en cas de succès des oppresseurs, d’une destitution qui l’aurait privé de ses seuls moyens d’existence et des facultés de soutenir son père et sa mère, vieillards septuagénaires dont il est le seul et unique enfant. » Il ajoutait, sur ce certificat, qu’il avait été « présent à l’affaire ». Il signa, le 6 août 1830, le certificat suivant, en faveur de M Massol, Louis, Amédée, Hippolyte que ce dernier présenta au moment de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « Les soussignés, voulant rendre hommage à la vérité, certifient que Massol, élève de l’Ecole polytechnique, parti avec un détachement de la rue de l’Odéon pour se joindre à la colonne qui venait du même point et qui se dirigeait vers la rue de Sèvres, a contribué à la prise de la caserne de Babylone, en se portant vers la rue du même nom et ayant avisé aux moyens de mettre le feu à la poste du quartier. » Il reçut, comme médaillé, la somme de vingt-cinq francs auprès de la mairie du (ancien) XIe arrondissement, à l’occasion du premier anniversaire de la révolution. Il reçut, en juillet 1833 à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, un secours de vingt-cinq francs, à titre de décoré de Juillet. En 1834, artiste dramatique au théâtre de Beauvais, se trouvant dans une « malheureuse position » et ne pouvant, faute d’argent, se rendre à Paris, où il devait avoir une place, il sollicita de participer à la distribution de gratifications qui devait avoir lieu, pour les décorés, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. En 1849, artiste au théâtre de Bar-le-Duc, il sollicita, dans ces termes, des secours : « […] Depuis 1832, je me suis vu forcé de partir pour la province et, depuis cette époque, j’ai éprouvé de grandes vicissitudes car je suis maintenant réduit au modeste emploi de souffleur dans une troupe d’arrondissement, place qui, tout en m’occupant que neuf à dix mois de l’année, ne vaut d’autre rétribution que les faibles appointements de soixante francs par mois. » Il reçut alors soixante francs de secours, à titre de médaillé de Juillet. Il demeurait 8, rue des Canettes en 1831 ; au Théâtre du Luxembourg en 1833 ; au théâtre de Beauvais en 1834 ; à Bar-le-Duc ou Bar-sur-Ornain en 1849. Histoire de la révolution des quatre-vingt-seize heures, de ses causes et de ses effets, Auguste Imbert, 2e édition, Paris, Guyonnet éditeur, 1830, p. 98-99 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 631 n° 1, état nominatif des citoyens décorés de la médaille, auxquels il a été payé une gratification de vingt-cinq francs ; Archives de Paris VD6 631 n° 1 in dossier Victor Mauvière ; Archives de Paris VD6 633 n° 1, liste des citoyens décorés de la médaille, XIe arrondissement, convocations des décorés à la mairie ; Archives de Paris VI1 1, liste des décorés de Juillet, qui ont reçu un secours de vingt-cinq francs les 27 et 28 juillet 1833, idem décorés de Juillet, états pour la distribution de gratifications et secours à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; Archives de Paris VK3 32, liste des médaillés de Juillet du (ancien) XIe arrondissement ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) XIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à neuf décorés de la Croix ou de la Médaille de juillet 1830 domiciliés dans les départements des secours s’élevant ensemble à la somme de 585 francs, imputables sur le crédit porté au chapitre XXXIII du budget de l’Intérieur, exercice 1849, minute 48 ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Massol, Louis, Amédée, Hippolyte.