Leproux, Jules, Arnould, Marin

Biographie


Né le 20 août 1808 à Vervins (Aisne) (mais à Lille dans le Nord sur les listes de la Commission des récompenses nationales in Archives nationales F/1dIII/39). Etudiant en droit. Après avoir été élève à Saint-Acheul, il vint à Paris, en 1827, pour faire son droit. Il était dans la capitale en 1830 et, en juillet, sa famille le rappela à Vervins. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement (sous le nom de Leprou sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur universel). Sa médaille et son brevet lui furent envoyés par la poste le 30 août 1831. Après la révolution, il obtint une place dans la diplomatie, et fut nommé secrétaire de la légation française en Belgique. Il ne prit pas possession du poste, parce que cette carrière n’entrait pas dans ses vues. Il revint à Paris, en 1832, et prêta son serment d’avocat. Il renouvela son serment en 1834, à Vervins, et cette même année, fut attaché au parquet du procureur du roi. En 1836, il était nommé juge suppléant. En 1837, il était avocat et juge suppléant au tribunal civil de Vervins. Il fut arrêté le 14 décembre de cette année dans le cadre de l’affaire Huber Grouvelle, compromis parce qu’une lettre, à lui adressée, avait été perdue par Huber et que dans cette lettre Leproux paraissait au courant des préparatifs de l’attentat. Il fut aussi soupçonné d’avoir reçu Huber et Steuble, au mois d’août 1837, alors que tous les deux se rendaient à Londres pour préparer la confection de la machine infernale qui devait servir à attenter aux jours du roi, et d’avoir fourni de l’argent pour payer les frais de la préparation de l’attentat. L’acte d’accusation dit que « ses collègues et ses concitoyens l’environnent de témoignages d’estime, et on était loin de penser qu’il pût jamais être compromis dans une si grave accusation ». Mais Leproux, à l’époque où il faisait son droit à Paris, s’était fait remarquer par l’exaltation et par l’ardeur de ses sentiments politiques. Il connaissait effectivement Laure Grouvelle. Il avait fait connaissance avec la famille Grouvelle, en février ou mars 1834, par l’intermédiaire de Guinard, condamné à la déportation pendant le procès d’Avril et qu’il avait connu à la table d’hôte où il prenait ses repas. Il dit que c’était au sujet de procédés de fabrication industrielle et de rien d’autre. Il assura que ses convictions politiques, auparavant exaltées, s’étaient fort émoussées et qu’il n’y avait entre Grouvelle et lui que des rapports industriels. Il dit que s’il était en rapport avec Laure Grouvelle c’était qu’il envisageait de faire exécuter les mécaniques d’une fabrique de sucre par son frère. Il se défendit et dit juste que Huber était passé chez lui, qu’il lui avait remis vingt francs et peut-être l’adresse d’un fabricant pour se faire employer. L’accusation ne croyait pas à son innocence et il est dit à son sujet : « Il convient lui-même que, depuis son retour dans sa famille, il a continué de correspondre soit avec le frère, soit avec la sœur, et qu’un sentiment d’amour-propre l’a empêché de leur faire connaître les modifications que l’âge et la réflexion avaient apportées dans ses opinions. Cette correspondance, toutefois, n’avait pas, suivant lui, un caractère politique ; elle était toujours relative à des appareils de nature à être employés pour la fabrication du sucre indigène ; le sieur Grouvelle annonçait qu’il avait trouvé un moyen nouveau de condenser la vapeur, et Laure Grouvelle, s’appuyant auprès de Leproux sur leurs relations d’amitié et sur l’identité de leurs sentiments politiques, lui demandait de vouloir bien fournir l’argent nécessaire pour faire des expériences et donner ainsi à son frère les moyens de se faire connaître. Dans le mois d’octobre dernier, Leproux vint à Paris. Il y revit Laure Grouvelle et eut avec elle plusieurs entretiens, dans lesquels elle renouvela les propositions et les demandes d’argent qu’elle avait déjà faites par écrit. Leproux, s’il faut toujours l’en croire, n’y répondit que d’une manière évasive. Mais après qu’il eut quitté Paris, deux lettres de Laure Grouvelle vinrent encore le solliciter de réaliser sinon les promesses qu’il avait faites, du moins les espérances qu’il avait données. Dans la dernière de ces lettres, écrite à la fin du mois de novembre, on lui annonçait la visite à Vervins ou du sieur Grouvelle ou de quelqu’un qui se présenterait en son nom. Toute cette correspondance a été détruite. [...] Il paraît seulement bien peu vraisemblable que la fabrication du sucre indigène et les machines nécessaires pour une usine en aient été le véritable motif. [...] Il n’était pas naturel qu’une correspondance de ce genre fût surtout entretenue par une femme [...]. » On trouva dans ses papiers un billet sans date et par lequel Laure Grouvelle lui demandait un secours d’argent pour des patriotes. Il fut acquitté à l’issue des débats. Nous empruntons au Dictionnaire des parlementaires de Robert et Cougny la notice biographique qui lui est consacrée et ainsi rédigée : « Représentant du peuple en 1848, né à Vervins (Aisne) le 20 août 1808, mort à Saint-Quentin (Aisne) le 21 janvier 1883, fils d'un receveur des contributions indirectes de Vervins, et de la famille de Fouquier-Tinville, il se fixa comme avocat dans sa ville natale, devint juge suppléant, manifesta des opinions avancées, et, compromis dans la conspiration dite de Mademoiselle Grouvelle, fut arrêté, gardé quelque temps en prison, et destitué de ses fonctions de juge-suppléant. Ce fut Teste qui le défendit et le fit acquitter.

Propriétaire et conseiller-général de Vervins, il fut élu, le 23 avril 1848, représentant de l'Aisne à l'Assemblée constituante, le 13e sur 14, par 52 683 voix (130 363 votants, 154 878 inscrits. Il fit partie du comité de l'intérieur, et vota généralement avec le parti du National :

– pour le bannissement de la famille d'Orléans

– contre les poursuites contre L. Blanc et Caussidière,

– contre l'abolition de la peine de mort,

– contre l'impôt progressif,

– contre l'incompatibilité des fonctions,

– contre l'amendement Grévy,

– contre la sanction de la Constitution par le peuple,

– pour l'ensemble de la Constitution,

– contre la proposition Rateau,

– pour l'interdiction des clubs,

– contre l'expédition de Rome.

Non réélu à la Législative, il rentra dans la vie privée. » Il mourut à Saint-Quentin (Aisne) le 21 janvier 1883. Il était domicilié à la mairie du (ancien) Xe arrondissement en 1830 ; à Vervins en 1831-1837. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis7K4 2 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 4, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Xe arrondissement ; Archives de la préfecture de police AA 424 Affaires diverses 1838 ; Cour d’assises de la Seine, affaire Huber, attentat contre la vie du roi, Paris 1838. Il a un dossier aux Archives nationales C//1325 dossier A 177 pour les élections à l’Assemblée constituante de 1848.

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