Leredde, Jean, Charles, François

Biographie


Né le 13 février 1781 à Vire (ou à Neuville in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39) (Calvados). Ancien militaire depuis l’an VIII, marchand plâtrier à Montmartre, ruiné par une banqueroute frauduleuse, conduit à La Force le 31 octobre 1826 et libéré le 10 janvier 1827, sans doute redevenu simple plâtrier ou carrier in Archives de Paris VD6 3. Il fut blessé en juillet 1830. Marié et père de famille, il reçut un secours de soixante-dix francs en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut un total de cent francs de secours auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830. Il sollicita, après la révolution, une place de garde forestier attaché aux domaines de la couronne. Il signa, le 4 septembre 1830, le certificat suivant en faveur de Boibien, Génie, Guillaume : « Nous, soussignés, propriétaires, habitants et voisins, certifions et attestons que depuis nombre d’années que nous connaissons la femme Beaubien (sic) et son mari, que nous connaissons parfaitement, sont de bonnes vie et mœurs, chargés d’une nombreuse famille restante de dix-neuf garçons et une fille. Plusieurs de ce nombre d’enfants ont péri sous les drapeaux, en défendant la patrie et un autre, qui était le seul soutien de cette famille nombreuse et infortunée a péri dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; que lesdits Beaubien hommes et femmes, d’un âge avancé et le mari infirme et hors d’état par aucune espèce de travail de pourvoir à son existence et dans l’indigence, se trouvent dans le cas de réclamer les bienfaits du comité mais encore du gouvernement […]. » Il apostilla cet autre aussi, le 17 août 1830 : « Je, soussigné, fabricant de crin, rue des Vinaigriers, faubourg Saint-Martin, certifie à tous qu’il appartiendra que le nommé Guillaume, Génie Baubien (sic) a travaillé chez moi pendant l’espace de cinq ans avec honneur et probité, que je n’ai jamais eu ni entendu parler mal de lui, qu’il est à ma pleine connaissance que ledit Beaubien (sic) est parti de chez moi à 6 heures du matin le 27 juillet dernier pour courir à la défense de la patrie ; que depuis cette époque je ne l’ai pas vu ni même entendu parler de lui et qu’il est probable d’après une si longue absence, les recherches et les informations les plus soignées qu’il fait partie des victimes de ces jours malheureux. J’atteste en outre qu’il est fils d’une mère de dix-neuf garçons dont cinq seulement sont existant et que lui Guillaume, Génie, faisait exister sa mère et son père infirme et incapable de se livrer au moindre travail ; que ce double malheur plonge la mère de cette nombreuse famille dans la plus affreuse misère et lui donne des droits à la bienfaisance nationale et du gouvernement. » Il signa un certificat de notoriété en faveur de Michel, Jean, comme quoi il avait combattu avec lui. Il comparut enfin, le 29 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, pour attester « que le fils de madame Baubien (sic) a été tué d’un coup de baïonnette à la place de Grève le 28 juillet dernier ». Il apostilla un certificat délivré en faveur de Porte, Pierre, comme ayant eu connaissance qu’il avait été blessé le 29 juillet vers 15 h 30 ou 16 heures aux Champs-Elysées, à la jambe droite par un coup de crosse de fusil que lui donna un garde royal contre lequel il se débattait. Il signa le certificat suivant en faveur de Ravet, René, et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants : « Nous, soussignés, certifions que le nommé Ravet, René a été blessé dans les mémorables journées de juillet 1830, boulevard de la Madeleine, d’un coup de sabre, qui l’a atteint à la main gauche, lequel est constaté par un certificat qui lui a été délivré le 16 octobre par M. le sergent-major de l’ambulance de la Bourse, M. Guillon (voir Guillon, François, Gabriel). Il a combattu avec courage pour la cause de la liberté. […] Il réclame, comme ancien militaire, vu son grand âge de soixante-treize ans et ses infirmités qui l’accablent et l’infortunité où il se trouve actuellement le désir d’être admis dans un hospice de la vieillesse. » Il reçut un secours de soixante francs en 1835. Le 2 mai 1836, il fit partie (avec, pour les décorés les noms lisibles de : Brivois, Claude, Nicolas ; Aretz, Joseph ; Meneray, Aristide, Jean, Nicolas ; Masson, Henri, Louis ; Caron, Louis, Joseph, décoré du [ancien] Xe arrondissement ; Fauquet, François, Frédéric ; Laussedat, Louis, Gilbert ; Leblond, Jacques, Denis ; Arnould illisible, décoré du [ancien] VIIIe arrondissement et demeurant 9, rue de la Sonnerie ; Bazière, Jacques, Cyr ; Lemoine, demeurant 10, rue du Chemin-Neuf à la barrière Blanche ; et deux autres noms illisibles d’une réunion de décorés de Juillet et de vainqueurs de la Bastille qui se rendirent aux Tuileries à l’effet de féliciter le roi à l’occasion de sa fête, le 1er mai. Le roi leur ayant fait remettre une somme de deux mille francs à répartir entre eux, la délégation devait par la suite témoigner au roi sa reconnaissance. En 1837, père de famille, sans état autre que celui de terrassier, plongé dans la détresse, il sollicita des secours. La police donna alors sur lui les renseignements suivants : « Ayant été peu occupé cet hiver, sa position pécuniaire est embarrassée et aujourd’hui il éprouve une grande gêne. Sa conduite et sa moralité sont bonnes. » Il reçut un secours de cinquante francs en 1837. Il reçut un secours de vingt francs en 1839. En 1840, il participa (avec Debrie Denis, Fouquet Frédéric, Michel Jean, Pichon et Tabouret) aux réunions de décorés de Juillet du IIe arrondissement à effet de féliciter le roi à l’occasion du dixième anniversaire de la révolution. Il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1840. En 1841, il était homme de peine à l’église Saint-Leu et sa femme vendait des fruits sur la voie publique ; la police renseignait alors sur son compte : « Jouit d’une bonne réputation, vit honorablement sans être heureux cependant ». En 1843, dans une « affreuse misère », n’ayant « cessé et sans succès de solliciter des places », il demanda un emploi de cantonnier aux chemins de fer ; il reçut un secours de vingt-cinq francs en 1841, de soixante-cinq francs en 1842, de vingt-cinq francs en 1843. En 1844, il était au comble de la misère et à la charge de sa fille, blanchisseuse et mère de quatre enfants, la femme Brousse. Il reçut un secours de quarante francs en 1844, de vingt-cinq francs en 1845, de quarante francs en 1846, de vingt-cinq francs en 1847. En 1848, il était concierge 47, Grande-Rue à La Chapelle et reçut un secours de quarante francs. Il signa, le 12 mai 1848, le certificat suivant en faveur de Pradel, Firmin et que ce dernier présenta quand il tenta de faire valoir ses droits devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février : « Nous, soussignés, voulant rendre hommage à la vérité, sur l’honneur et sur notre conscience, certifions que le citoyen Pradel, Firmin, âgé de cinquante-sept ans, ex-ciseleur, né à Paris (Seine), demeurant rue de la Bienfaisance n° 27, (ancien) Ier arrondissement, a combattu pendant les trois journées de juillet 1830, dont il y a été blessé aux barricades de la rue Bar-du-Bec dans le moment où nous avons été obligés d’abandonner ; les ayant reprises, nous l’avons trouvé évanoui environ une heure après ; que par nos soins nous l’avons rendu à la vie. Ensuite il a repris les armes avec courage et dévouement et combattu avec nous jusqu’à la fin, dont nous sommes entrés des premiers au palais des Tuileries. Dont la conduite dans ces circonstances a été digne d’éloges qui caractérise un ancien militaire sous l’Empire. Nous lui avons délivré le présent certificat avec plaisir pour lui servir et valoir devant qui de droit, attendu qu’il a refusé toute espèce de récompense à cette époque, vu la position aisée dans ce temps. » Il reçut un secours de quarante francs en 1849. En 1850, la police le disait « honnête homme […], entièrement à la charge de sa fille car il ne peut se livrer à aucun travail ». Il reçut un secours de cinquante francs en 1850, un secours de soixante francs en 1851. En 1852, la police le dit à la charge de sa petite-fille. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1850, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il reçut un secours de soixante francs chaque année entre 1852 et 1855. En 1855, il était dans la dernière misère, aveugle, sourd et paralysé d’un côté. Il demeurait 113, rue du Faubourg-Poissonnière en 1830 ; 113, rue Poissonnière en 1831 sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3 et surtout in Archives nationales F/1dIII/39 ; 112, rue du Faubourg-Poissonnière sur les listes de Boulland ; dans le faubourg Saint-Martin en 1835 ; 227, rue du Faubourg-Saint-Martin au 2e étage en 1837 ; 119, rue Saint-Martin en 1840 ; 25, rue du Cygne en 1841 ; 64, rue de Miromesnil en 1843 ; 239, rue du Faubourg-Saint-Martin de 1844 à 1846 ; 47, Grande-Rue à La Chapelle, en 1848 ; 270, rue du Faubourg-Saint-Martin vers 1850 ; 266, rue du Faubourg-Saint-Martin, chez sa fille de 1850 à 1854 ; 46, rue du Vert-Bois en 1855. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 32 ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 36 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du IIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 68 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) IIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 91 in dossier Porte, Pierre ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/43 in dossier Boibien, Génie, Guillaume ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales F/1dIII/67 in dossier Michel, Jean, Didier ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) IIe arrondissement, blessés de 1re classe ; Archives nationales AB XIX 15 papiers des Tuileries, décorés de juillet 1830, citoyens qui ont pris part aux événements de 1830 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif des décorés, blessés, combattants de Juillet 1830 et des veuves de décorés ou combattants qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, minute 73 (sous le nom de Leredde, Jean-Claude, François), idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 27 février 1850, minutes 100-104, idem Envoi d’un état nominatif de décorés, blessés ou combattants de Juillet 1830, sur le compte desquels il y a lieu de prendre des renseignements, à la date du 20 mai 1850, minutes 105-109, idem rapport du 3 septembre 1850, Allocation de secours s’élevant ensemble à 12.610 francs à 218 décorés ou blessés de juillet, 25 veuves de décorés et 1 ascendant de blessé de Juillet, minutes 129-134, idem Proposition, en date du 6 septembre 1851, d’accorder à 286 décorés, médaillés, blessés, combattants, ascendants et veuves de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à la somme de 15.600 francs, ladite somme imputable sur le chapitre 26 du budget de l’Intérieur, exercice 1851, minutes 194-199, idem Proposition d’accorder à 139 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.125 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 238-242, en date du 23 septembre 1852 ; Archives de la préfecture de police AA 409 in dossier Pradel, Firmin ; Archives de Paris AA 410 in dossier Ravet, René.

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