Leriche, Alexandre, Napoléon

Biographie


Né le 6 novembre 1808 à Bénarville (parfois mais par erreur à Bonnonville) (Seine-Maritime), fils de Le Riche (sic), Joseph, François, pharmacien, et de Martin, Marie, Elizabeth, son épouse. Elève en pharmacie. Plusieurs certificats lui furent délivrés. Le premier : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Napoléon Leriche, élève en pharmacie, pendant les journées de Juillet, s’est exposé à la fusillade et à la mitraille pour sauver les blessés et leur porter des secours. Il a aussi sauvé la vie à quatre Suisses qui étaient tombés au pouvoir de quelques gens du peuple, et ce n’est qu’en courant les plus grands dangers pour sa propre vie qu’il est parvenu à les arracher des mains de ces illisible. Il est allé à Rambouillet. » Signé, le 10 août 1830, Gosselin, Edouard, Benjamin (voir ce nom), pharmacien, demeurant 176, rue Saint-Honoré ; Marsay, Pierre (voir de nom), demeurant 197, rue Saint-Honoré, qui ajoutait : « Je certifie que le sieur Leriche, élève en pharmacie, s’est exposé aux charges des gendarmes pour sauver ma femme atteinte de deux balles à la tête par les charges des gardes royaux et qu’il était le premier arrivé près d’elle, le 27 juillet. » Illisible, blessé, qui ajoutait : « Je certifie qu’après ma blessure le sieur Leriche m’a sollicité de lui prêter mon fusil et mes munitions et qu’il a été à Rambouillet. » Lecomte, demeurant 183, rue Saint-Honoré ; Cordier et compagnie, demeurant 16, rue du Cloître-Saint-Honoré. Un deuxième certificat, signé par de très nombreux habitants de Bolbec, était ainsi rédigé : « Nous, soussignés, partis comme volontaire lors des événements de Juillet, pour offrir nos secours aux braves Parisiens, certifions que M. Napoléon Le Riche, élève en pharmacie, nous a, par une lettre pleine d’énergie et de patriotisme, transmis l’appel que Paris faisait à la province et que c’est au reçu de cette lettre qui nous était parvenue avant les papiers publics que nous avons pris les armes. » Signé à Bolbec, le 15 octobre 1830 : Neveu, Edouard, principal clerc de notaire ; Blondel, G., commis de fabricant ; Gaillard, E., fabricant d’indiennes ; Gaillard, G., fils de fabricant ; Fauquet, Victor, commerçant ; Prevost, J., fabricant d’indiennes ; Bernage fils ; Debray, directeur d’enseignement mutuel ; Coisy, pharmacien, Boullenger ; Coursey ; Bertin ; de Castagne, A. ; Bennetot, L. ; Foinet-Caron, épicier ; Bourdon, A. ; Tétrel, Louis ; Goupil-Caron ; Meunier ; et d’autres, illisibles. Il joignait aussi un extrait du rôle de la Commission chargée de recueillir les faits honorables des 27, 28 et 29 juillet 1830 et à laquelle Gosselin (voir plus haut) appartenait : « Le 27, dans l’après-midi et le 29 dans la matinée, s’est exposé à la fusillade et à la mitraille dans les rues Saint-Honoré et sur la place du Palais-Royal tant pour porter des secours aux blessés que pour les sauver et les transporter dans une ambulance établie cloître Saint-Honoré par les soins de M. Gosselin, pharmacien. En outre, le 29, parvenu sur la place du Palais-Royal au poste de ce palais, il sauva la vie à quatre Suisses qu’une juste vengeance allait faire immoler. Sa propre vie fut exposée au plus grand danger pour les sauver. Le 3 août, il fit partie de l’expédition de Rambouillet et fut du nombre de ceux qui parvinrent jusqu’au château. Pendant les trois journées de Juillet, il entretint une correspondance avec les habitants de la ville de Bolbec et leur fit prendre les ares pour voler au secours des Parisiens. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Il sollicita une place d’aide-pharmacien dans un des hôpitaux militaires. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie de cet arrondissement (sous le nom de Leriche, Napoléon sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et in Archives nationales F/1dIII/39). Il sollicitait dans ces termes la Croix de Juillet, en remplacement : « L’exposant […] ne vous parlera point des faits déjà connus par la Commission des récompenses nationales, tels que son dévouement à secourir les blessés des trois journées de Juillet, où vingt fois il exposa sa vie, ni de la vie qu’il a conservée à des Suisses au poste du Palais-Royal, ni de la marche qu’il fit sur Rambouillet, où il parvint un des premiers, ni de la correspondance qu’il entretint avec les habitants de la ville de Bolbec, qui d’après son avis prirent les armes et qu’en ce moment visite Sa Majesté. Mais bien de la journée du 27 juillet, où, au moment qu’il fut porter des secours à monsieur Marsay (voir plus haut Marsay, Pierre), traiteur demeurant rue Saint-Honoré n° 193 (lire 197 ?), il fut sommé par les gendarmes de se retirer et menacé de coups de sabre. Il s’arrêta devant eux, leur dit que, s’il ne leur fallait que des victimes, il était prêt à leur en servir mais que des devoirs sacrés l’appelaient à passer outre. Vous parlera-t-il, monsieur le ministre, d’un autre fait que jusqu’à présent sa modestie a fait taire. Le malheureux Mercier demeurant rue du Plat-d’Etain, n° 1, tomba percé d’une balle ; il le ramassa. L’épouse de ce malheureux, deux jours après, vint lui demander, étant accompagné d’un enfant. Il crut devoir refuser à cette malheureuse les restes inanimés de celui qu’elle cherchait. Cependant il lui apprit son sort fatal, lui remit l’argent qui en ce moment se trouvait à sa disposition et la fit conduire elle et son enfant, chez elle. Voilà, monsieur le ministre, les faits qu’il n’osa déclarer en public, lorsqu’il fut appelé par la Commission, ayant l’intime conviction qu’autre chose qu’une médaille lui serait décernée pour prix de son dévouement. » Il fut, sur proposition de la Commission des récompenses nationales, nommé en 1831 sous-aide pharmacien et affecté à l’hôpital militaire de Saint-Omer. Il avait reçu trois cents francs auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, comme somme à valoir sur son indemnité de première mise d’équipements. Sa médaille et son brevet lui furent délivrés le 1er septembre 1831, par procuration de Berrier, médecin, demeurant 176, rue Saint-Honoré. Il signa, le 1er août 1830, le certificat suivant en faveur de Mons, Jean-Pierre : « Nous, soussignés, habitants de Paris, rue Croix-des-Petits-Champs et rue Saint-Honoré et voyageurs présents à l’Hôtel de Nantes, rue Croix-des-Petits-Champs n° 9, certifions que M. Jean-Pierre Mons, natif de Gaillac, département du Tarn, ancien directeur des vivres aux armées françaises en Espagne, fut un des plus actifs et courageux défenseurs de nos libertés dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet ; que dans celle du 29 il fut grièvement blessé à la main gauche par un éclat de mitraille, après avoir supporté corps à corps une forte lutte avec un grenadier de la garde royale, lequel fut terrassé et traversé par un coup de sabre par ledit Mons, qui l’étendit roide mort. Nous certifions en outre que par sa brillante conduite, son zèle et son activité infatigable ledit sieur Mons n’a cessé d’encourager tous les braves qui combattaient avec lui et que si plusieurs positions occupées et défendues par les troupes royales ont été enlevées on le doit en partie à la grande prévoyance et à la conduite exemplaire du sieur Mons. » Proposé pour un emploi de chirurgien sous-aide par la Commission des récompenses nationales, il fut nommé, le 8 avril 1831, pharmacien sous-aide et affecté à Saint-Omer. Il soutint sa thèse en 1837 et fit aide-major à l’hôpital Desgenettes de Lyon. Il est l’inventeur d’une seringue urétrale à jet récurrent destinée à traiter les blennorragies urétrales par injection de nitrate d’argent ; il la présenta en 1845 devant l’Académie de médecine. Il fut médecin titulaire et agrégé du dispensaire général de Lyon en 1848. Leriche, Alexandre, Napoléon fut le grand-père de Leriche, René, pionnier de la chirurgie vasculaire. On trouve dans une notice biographique consacrée à ce dernier, e-mémoires de l'Académie Nationale de Chirurgie, des indications biographiques sur son grand-père. Cette notice est ainsi rédigée : « […] Le grand-père paternel de René, Alexandre Napoléon Leriche était né en basse Normandie. Il avait étudié la médecine et servi en Algérie avec une trentaine de personnes, sous le commandement d’un prince de la famille d’Orléans pour rencontrer Abdel Kader dans les environs d’Alger ; mais aucune entente pacifique ne put se faire pour l’Afrique du Nord. Après son service militaire, Alexandre Napoléon Leriche arriva à Lyon, où il n’avait nulle attache, pour finir sa formation à l’hôpital militaire Desgenettes au titre d’aide major. En 1837, le grand-père Alexandre écrivit sa thèse sous la direction du professeur Nichet De la phtisie tuberculeuse des vertèbres . Plus tard, à Paris, René allait découvrir cette thèse de ses propres yeux. Elle portait le nom de l’auteur Alexandre Napoléon Leriche, bachelier en lettres, chirurgien militaire attaché à l’hôpital de Lyon, décoré de juillet. La date de soutenance de thèse à Paris était le 2 février 1837. Le grand-père Alexandre était un chirurgien civil et se fixa à Lyon. Il fut d’abord marié à la fille du maire de Lyon. Le couple eut une fille. Devenu veuf assez jeune, Alexandre se remaria dans une autre famille médicale où exerçaient plusieurs chirurgiens. A ce second mariage il eut trois enfants. Bien que chirurgien, Alexandre se porta volontaire et servit durant le début de la peste bubonique, en Ardèche : une marque de dévouement humanitaire. En 1860, à la suite d’ennuis financiers, Alexandre Napoléon Leriche vint s’installer à Paris [dans son dossier de la Légion d’honneur, il fut médecin auxiliaire à l’hôpital militaire de Lyon jusqu’en 1865, N.D.A.] où il exerçait une activité privée, pour être libre des pressions familiales. Il resta à Paris durant le siège de 1870. Alexandre Leriche fut décoré de la Légion d’Honneur pour l’héroïsme qu’il montra pour la défense de Paris. Il décéda en 1870 peu après la fin de la guerre. » Leriche (sous le nom de Le Riche) avait été nommé chevalier de la Légion d’honneur, le 16 mars 1872, comme ex-médecin militaire attaché à diverses ambulances de Paris, dont celle des Arts et Métiers au 62, bd Sébastopol et du 26, bd de Strasbourg. Il mourut le 18 mars 1874. Il demeurait 176, rue Saint-Honoré en 1830 ; 28, rue de Bourbon en 1842 ; 28, rue de la République à Lyon en 1848 ; 50, rue Condorcet en 1872. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris Vbis1K4 2, Département de la Seine, IVe arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés du (ancien) IVe arrondissement ; Archives de Paris VD6 278 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des militaires (son nom est rayé) ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Mons, Jean-Pierre ; Archives nationales F/1dIII/33, Commission des récompenses nationales, ministère de la Guerre, emplois d’officiers de santé, d’officiers d’administration des hôpitaux militaires de chirurgiens et d’officiers dans le bataillon d’ouvriers ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IVe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Mons, Jean-Pierre ; e-mémoires de l'Académie Nationale de Chirurgie, 2007, 6 (3) : 81-95 ; base Leonore LH/1603/17 ; Indicateur lyonnais pour 1842, Lyon chez Ayné, 1842, p. 197 ; Cure radicale des rétrécissements du canal de l’urètre, Paris, Chamerot, 1857, 72-74 ; De l’emploi du nitrate d’argent dans les écoulements blennorrhagiques à toutes leurs périodes, Lyon, Charles Savy jeune, 1844, 9 ; La Revue médicale française et étrangère, Paris, au bureau de la Revue médicale, 15 juillet 1854, 38 ; Compte-rendu administratif du dispensaire général de Lyon pour l’année 1848.

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