Lerouge, François

Biographie


Né le 1er mai 1788 à Saint-Vallerin (Saône-et-Loire). Roulier. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il adressa en effet la lettre suivante à cette Commission : « Le nommé Lerouge, ancien maître d’équipage à Dijon, maintenant à Paris, rue Saint-Jean-Baptiste n° 11, ayant éprouvé dans ses voyages et entreprises de très grands revers par pertes de chevaux et d’équipages, se voit maintenant obligé d’avoir recours, pour se soustraire à la misère qui l’accable avec sa famille, de solliciter et réclame la générosité de MM. les membres du gouvernement provisoire, afin de lui venir en aide et lui procurer quelques secours pour le sortir de la cruelle position dans laquelle il est plongé. En 1830, étant en chargement pour Le Havre où il chargea ses deux équipages de coton à son retour et en arrivant à Paris ses équipages lui furent enlevés pour faire des barricades et il eut en outre le malheur de perdre un de ses chevaux, et pendant son séjour à Paris il fit ce que tout bon citoyen devait faire, c’est-à-dire qu’il contribua de tout son pouvoir à défendre et reconquérir nos libertés. C’est ce qu’il a encore fait dans les plus mémorables et glorieuses journées de notre ère, celles des 22, 23 et 24 février 1848, principalement celle du 24. Malgré son grand âge, après avoir continuellement travaillé aux barricades, il se joignit aux combattants et s’empara, dans la lutte, d’une lame de sabre des mains d’un militaire, qu’il désarma et qu’il conserve pour preuve authentique de son courage et de son dévouement à la patrie. En outre, il avait son fils aîné, qui, animé du même zèle que lui, est resté constamment, a combattu pour la République tout le temps qu’elle s’est vu menacer. Il peut ensuite certifier de sa conduite irréprochable et qu’il s’est toujours conduit dans toutes les circonstances de sa vie privée avec honneur, probité et avec le plus grand zèle pour son pays. Il demande donc à ce que le gouvernement provisoire lui fasse l’honneur de conserver sa lame de sabre, pour l’admirer chaque matin, comme le soleil le plus resplendissant de notre mémorable et très glorieuse révolution. » Il fut recommandé par la Commission pour un secours une fois donné. Il était marié et père de trois enfants en 1848. Il demeurait 11, rue Saint-Jean-Baptiste en 1848. Archives de la préfecture de police AA 398.

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