Lerouge, Pierre, François

Biographie


Né le 2 juin 1812 à Paris, fils de Lerouge, François et de Leclerc, Marie, Catherine, son épouse. Scieur de pierres. Il fut tué soit d’un coup de feu le 28 juillet alors qu’il combattait dans la rue de Rivoli. Il était alors en compagnie de Carlier, Cosson, Doriot, Radiguet. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ier arrondissement. Il laissait un père, Lerouge, François, né le 4 décembre 1761 (bien le 4 décembre 1761 dans son acte de baptême ; par erreur le 6 décembre 1761, date de son baptême in Archives nationales F/1dIII/34, in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Archives de Paris VK3 28) à Créteil (Seine) (lui-même fils de Lerouge, Pierre, tailleur de pierres, et de Fleurand, Marie, Michelle, son épouse), veuf de Leclerc, Marie, Catherine, qui reçut un secours de vingt-cinq francs le 4 août 1830, un secours de quarante francs le 4 septembre, un secours de soixante francs le 11 septembre (et au total cent vingt-cinq francs mais un total de deux cent soixante-seize francs in Archives de Paris VK3 28) auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Le père présenta le certificat suivant : « Je, soussigné, certifie que le nommé François Lerouge, ancien militaire, travaille chez moi depuis son retour des armées, en qualité de scieur de pierres, et que son fils Pierre, François Lerouge, travaillait aussi de la même profession ; par son activité au travail il soutenait son père, que des blessures honorablement reçues jointes à son grand âge lui empêchaient de pourvoir entièrement à ses besoins ; ce fils, qui soutenait son père, n’a pas été moins brave que lui, il s’est battu dans les journées des 27, 28 et 29 juillet et a succombé en défendant nos libertés. Dès ce jour, son vieux père a perdu son fils et tout espoir de soutien. Il vous demande à être admis à partager les dons offerts aux veuves et parents des victimes qui ont succombé dans ces mémorables journées. Leur conduite à l’un et l’autre sont sans reproche. » Signé, Schwind, entrepreneur en maçonnerie, demeurant 9, rue Saint-André à Charonne. Le 18 février 1831, devant le juge de paix du (ancien) Ier arrondissement, comparurent : Carlier, André, Marie (voir ce nom), né vers 1790. marchand mercier, demeurant 21, rue du Rocher ; Doriot, Louis (voir ce nom), né vers 1795, serrurier, demeurant 32, rue du Rocher ; Cosson, Charles (voir ce nom), vers 1798, maçon, demeurant 77, rue Saint-Nicolas-d’Antin ; Radiguet, Nicolas (voir ce nom), né vers 1796, demeurant 77, rue Saint-Nicolas-d’Antin. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Lerouge, Pierre, François et savoir qu’il « a été tué dans la journée du 28 juillet dernier, en défendant nos libertés, en leur présence, rue de Rivoli ». Le 25 février 1831, devant le maire du (ancien) Ier arrondissement, comparurent : Aubry, Robert, marchand de vin, demeurant 32, rue du Rocher ; Lause, Claude, François, perruquier, demeurant 2, rue du Rocher. Ils attestèrent que François Lerouge « déjà inscrit au bureau de charité de notre arrondissement, est dans le plus grand besoin ». Il qui fut pensionné de trois cents francs. En mars 1833, Lerouge, Marie, Elisabeth, la sœur de Pierre, François, hérita du titre de rente que son père avait reçu de la Commission de la souscription nationale (il est où dans Crapelet ?) de cinquante francs (je confirme c’est dans Archives de Paris VK3 55). Elle était alors majeure, désirait se marier, et sollicita, auprès de la Commission du (ancien) Ier arrondissement, l’autorisation « de vendre l’inscription de vingt-cinq francs de rente qui lui est échue en héritage et dont le capital lui devient utile tant pour l’achat de son ménage que pour mettre son futur mari dans la position de se procurer divers outils et ustensiles nécessaires à la profession de tapissier, qu’il exerce ». Le futur mari s’appelait Bouton, Henry, était ouvrier tapissier, et demeurait 77, rue du Faubourg-Montmartre. La commission recueillit les renseignements suivants sur les futurs époux : « La demoiselle Lerouge a quitté depuis environ deux mois son ancien domicile de la rue du Rocher n° 32, pour aller demeurer avec le sieur Bouton, faubourg-Montmartre, n° 77. Elle vivait illégitimement avec lui, avec la résolution toutefois de régulariser sa position par le mariage, ce qui a eu lieu effectivement il y a à peu près un mois. Elle a eu du sieur Bouton un enfant, qui est âgé de quatre ou cinq mois. Ce jeune homme ne paraît pas avoir eu jamais l’intention de tromper la fille Lerouge, car il venait la voir assidûment depuis plus de deux ans et il l’aurait épousée plus tôt si ses parents ne s’y étaient pas opposés à raison du peu d’aisance de cette pauvre fille, dont le père était inscrit au bureau de bienfaisance et avec lequel elle est constamment restée jusqu’au jour de son décès, arrivé il y a cinq ou six mois. Elle était blanchisseuse-repasseuse et jouissait dans son quartier d’une bonne réputation. Quant au sieur Bouton, il est également connu comme bon ouvrier, vraiment animé du désir de bien faire et d’augmenter ses ressources par son travail. On est fondé à croire d’après cela qu’il ferait bon usage dans l’intérêt de sa femme et de son enfant du capital de l’inscription de vingt-cinq francs de rente, dont Elisa Lerouge demande l’aliénation. […] Je me suis transporté chez plusieurs tapissiers où le sieur Bouton a successivement travaillé, pour avoir de nouveaux renseignements sur son compte. Le premier de ces tapissiers, M. Huard, qui demeure rue de Cléry à la Tête noire, m’a déclaré avoir toujours été très satisfait du travail de cet ouvrier et de sa conduite. Le deuxième, M. Simon, établi rue Laffitte près le boulevard, m’a fait de ce jeune homme le plus grand éloge, sous tous les rapports. Il avait, m’a-t-il dit, une telle confiance dans sa probité qu’il lui a offert de lui prêter de l’argent pour l’aider à sortir de la position gênée dans laquelle il s’est trouvé pendant quelque temps. Il est persuadé, a-t-il ajouté, que Bouton étant très habile ouvrier et très rangé, pourrait entreprendre avec succès des travaux pour son compte s’il avait quelques fonds à sa disposition. La maison du troisième tapissier chez lequel ce jeune homme a plusieurs fois travaillé et où il est encore actuellement occupé est celle de madame veuve Lacarrière, rue du Petit-Carreau, n° 18. Cette dame m’a également assuré qu’elle ne pouvait dire trop de bien du sieur Bouton auquel elle s’est même décidé à confier entièrement la direction de ses travaux. Elle a ajouté qu’elle le regretterait beaucoup s’il venait à la quitter mais que cependant elle verrait avec plaisir qu’il eût la possibilité de travailler pour son compte, persuadée qu’elle est qu’il réussirait dans ses entreprises, tant pas son activité que par son esprit d’ordre et sa probité. » La Commission accorda l’autorisation à Marie, Elisabeth Lerouge. Le nom de Lerouge (P.-F. Lerouge) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Lerouge demeurait 32 bis, rue du Rocher, chez son père ; son père, à la même adresse (mais 24, rue du Rocher et aussi 34, rue du Rocher deux fois in Archives de Paris VD6 121, in Archives de Paris VD6 92 et in Archives de Paris VK3 26 en 1830 ; 32, rue du Rocher et 34, rue du Rocher in Archives de Paris VK3 28 ; 34, rue du Rocher in Archives de Paris VD6 121 2, liasse 3) en 1831 ; mais 32, rue du Rocher en 1833 avec sa fille, in Archives de Paris VD6 92 et in Archives nationales F/1dIII/38 B et aussi 32, rue du Rocher en 1831 in Archives nationales F/1dIII/34. Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 88 ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon, idem liste des personnes secourues, idem liste des ascendants, compte établi du 1er août 1830 au 31 août 1831, idem Etat des sommes payées depuis le 1er septembre jusqu’au 31 octobre 1831 aux ascendants des victimes de Juillet, idem demande d’aliénation de rentes provenant de récompenses nationales, idem Etat nominatif des blessés, veuves, orphelins, etc. qui ont reçu pour le mois d’octobre 1831 des secours sur le fonds de 4 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 26 juillet 1831, idem Etat des secours accordés pour les mois de septembre et octobre 1831 aux blessés, veuves, orphelins, ascendants sur le fonds de 3 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 31 août 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois d’août aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 5 000 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 29 juin 1831, idem Bordereau des sommes payées à titre de secours pendant le mois de juillet aux veuves, aux blessés et aux orphelins de Juillet domiciliés sur le (ancien) Ier arrondissement sur le fond de 4 500 francs mis à la disposition de M. le maire du (ancien) Ier arrondissement le 11 juin 1831, idem Etat général des blessés et de la fixation des secours qui leur sont dus pour le mois de juillet 1831 d’après la fixation et le classement de la Commission, idem Etat nominatif des paiements faits à la mairie du (ancien) Ier arrondissement aux ascendants, veuves, blessés, orphelins, sous-lieutenants depuis le 1er juin jusqu’au 31 août 1831 ; Archives de Paris VD6 121 n° 2 mairie du (ancien) 1er arrondissement, liasse 1, (ancien) Ier arrondissement, état des morts et des blessés dans les journées de juillet 1830 (liste des tués et morts à la suite de blessures) (on retrouve une liste similaire aussi dans Archives de Paris VD6 121 n° 2 liasse 4, état des individus domiciliés dans le [ancien] Ier arrondissement tués ou morts des suites de blessures), idem liasse 3, état des sommes données aux blessés (non soldés), idem liasse 7 et aussi liasse 7 liste des secours aux ascendants ; Archives de Paris Vbis8Q3 1, orphelins et orphelines de Juillet, (ancien) Ier arrondissement, séance du 20 février 1833, et idem séance du 14 juin 1833 ; Archives de Paris VK3 18, mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des ascendants dont les bulletins individuels ont été remis le 2 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem Bordereau nominatif des ascendants, veuves, orphelins et blessés qui ont reçu à la mairie dudit arrondissement sur les fonds de la Commission de la souscription nationale, le paiement du semestre de rente 5% échu le 22 septembre 1831 ; Archives de Paris VK3 25 (ancien) Ier arrondissement, liste de citoyens dont les noms sont inscrits au Panthéon ; Archives de Paris VK3 26, (ancien) Ier arrondissement de Paris, état des habitants qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, état des personnes domiciliés dans le premier arrondissement tuées ou mortes des suites de blessure état des habitants du (ancien) Ier arrondissement qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 28, Commission des récompenses nationales de 1830, listes de noms de combattants bénéficiaires de secours pécuniaires, Ier arrondissement (ancien), idem même référence un récapitulatif alphabétique des secours donnés aux combattants avec indication précise des dates, idem même référence registre de la Souscription nationale, ascendants, idem même référence un registre de pensionnés (ascendants) ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives de Paris VK3 55 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Ier arrondissement, ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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