Leroux fils

Biographie


Cordonnier. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la sous-préfecture de Sceaux. Il signa, le 1er octobre 1830, le certificat suivant en faveur de Legouay ou Legoué, Charles, Louis : « Les soussignés, combattants des journées de juillet 1830, attestent que le sieur Charles, Louis Legoué (sic), habitant à Grenelle, rue Croix-Nivert, a pris la part la plus active dans les diverses actions qui ont eu lieu les 28 et 29 dudit mois ; qu’ils l’ont vu armé et donnant des preuves du plus grand courage, particulièrement à l’attaque du Louvre ; qu’un d’eux surtout, le sieur Crépin (voir Crépin, Romain, Antoine, François), domicilié à Issy, a dû à sa bravoure la vie, qu’il lui a sauvé au péril de la sienne. Ils attestent que la mort du dudit Legoué (sic) a été la suite d’une blessure provenant d’un pistolet dont il s’était servi concurremment avec un fusil pendant les journées ; que cette arme étant restée chargée après l’action, a éclaté dans ses mains quand il a voulu peu de jours après la décharger ; que, conduit après cette blessure à l’hospice Necker, il y est mort de ses suites. Il était l’unique soutien d’une mère, veuve et infirme, déjà âgée, et qui n’a pour vivre d’autre ressource que la pitié publique. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la sous-préfecture de Sceaux, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1843, il cosigna (avec pour les noms lisibles : Laplace, Napoléon, Gueroult, Louis, Guillot, Victor, Langeard, Jean, Leroux père, Gallet, Mayer, Beauregard, Jean-Marie, Leconte, Frédéric, Leroi, Richer, Charles, Hauplon, Hebert, Jacques, Heuzet, Jean, Laîné, Georges, Brasseur, Hanri, Renard, André, Philippot), la lettre suivante adressée au ministre de l’Intérieur : « Monsieur le ministre,

»Les soussignés, décorés et médaillés de Juillet, demeurant dans plusieurs communes de la banlieue, ont l’honneur de soumettre à votre équité la réclamation suivante.

»Depuis 1830, la Chambre des députés a voté annuellement des fonds pour être répartis entre les membres de la décoration de Juillet domiciliés dans le département de la Seine. Depuis plusieurs années aussi, cette répartition n’a pas atteint les décorés de la banlieue et n’a uniquement été affectée que pour ceux de la Ville de Paris, ce dont on a lieu d’être étonné.

»En effet, les habitants de la banlieue, dans les trois mémorables journées de Juillet, ont accouru les premiers pour la défense des libertés publiques et après avoir arrosé de leur sang les pavés de Paris, n’ont regagné leurs foyers qu’après le triomphe complet des nouvelles institutions.

»Parmi les soussignés, la majeure partie occupe des grades dans la garde nationale et n’a cessé de donner des preuves constantes de son attachement à la dynastie actuelle au milieu des émeutes qui à de fatales époques ont surgi dans la capitale.

»Loin de la pensée des soussignés, monsieur le ministre, d’élever la voix dans un but de sordide intérêt ; mais, cependant, plusieurs des pétitionnaires, père d’une nombreuse famille, guidés par l’unique ambition d’être utiles à leur pays et ayant sacrifié alors leur future position, qu’ils n’ont pu parvenir jusqu’à ce jour à améliorer, ont dû compter sur les bienfaits du gouvernement, du moment surtout que les chambres législatives sanctionnent annuellement par le vote de fonds spéciaux l’héroïque dévouement des habitants de la Seine et impriment à leur noble conduite le sceau de la reconnaissance et de l’admiration.

»Les soussignés élèvent aussi la voix, monsieur le ministre, sur une distinction qui ne leur paraît pas en harmonie avec la légalité des récompenses dont ils ont été l’objet. Parmi eux, plusieurs n’ont obtenu que la simple médaille de Juillet au lieu de la décoration et cependant leur dévouement et leur noble courage au milieu du feu des trois journées les rendaient tous égaux à l’obtention de la même décoration. Ils osent espérer, en conséquence, monsieur le ministre, que vous daignerez autoriser les simples décorés de la médaille à faire briller sur leur poitrine la croix même de Juillet car le sang des premiers s’est mêlé à celui des derniers et a coulé pour la même cause. » Il demeurait à Vaugirard en 1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris DM13 1, sous-préfecture de Sceaux, premier état supplémentaire des vingt-cinq francs (absents) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/62 in dossier Legouay, Charles, Louis ; Archives nationales F/9/1155 in dossier Laplace, Napoléon, Pierre, François.

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