Leroy, François, Augustin

Biographie


Second maître des ballets du théâtre de la Gaieté. Il déposa un dossier à la Commission des Réclamants ([ancien] VIe arrondissement), sise 10, rue Bourg-Labbé puis 6, rue Dalayrac. Il adressa la lettre suivante à cette Commission : « […] A l’honneur de vous exposer que jaloux d’obtenir la récompense nationale qu’il croit avoir méritée, il se propose de reproduire sous vos yeux les faits qui lui sont personnels et dont plusieurs journaux, entre autres le Tocsin national, se sont occupés. Il les retrace avec orgueil car toute modestie doit disparaître devant la pensée que l’on a rempli son devoir envers son pays. Le mercredi 28 juillet dernier, le sieur Leroy, sous le feu du 50e de ligne, enlevait les blessés qui tombaient dans le faubourg du Temple ; tout son quartier en fut le témoin. Lorsque le peuple s’empara du poste du château d’eau, quelques instants après le départ du 50e régiment, il empêcha qu’on ne détruisît par le feu le reste de ce poste, qui grâce à ses soins, furent convertis en barricade (!! sic). Le danger devenant pressant vers midi, il courut se revêtir de son ancien habit de garde national ; son uniforme fut le premier qui reparut dans son quartier. Il se transporta de là à la place de la Grève, à la tête d’une centaine d’hommes. Son costume fit qu’ils le choisirent pour leur chef. Personne n’ignore ce qui se passa à la Grève avec les troupes royales. Le sieur Leroy ne quitta le champ de bataille que lorsque l’Hôtel de ville fut définitivement au pouvoir de la garde nationale. Le lendemain jeudi, après avoir passé la nuit à faire des rondes, il se rendit à la mairie (voir la lettre de convocation datée du 29 juillet ci-jointe[absente du dossier, N.D.A.]). Là, M. Balbâtre, lieutenant-colonel, le chargea de lire dans son quartier les proclamations qui tendaient à appeler le peuple à la défense de la patrie. Il y revint avec une foule immense qui s’était ralliée à lui. De retour ensuite au poste du château d’eau, à la tête de soixante-dix-sept hommes de bonne volonté, il eut le bonheur de sauver du désastre sur le boulevard du Temple le cabinet de figures de M. de Saint-Jores. Le même jour, un exprès, venu de Belleville, pour instruire le gouvernement du passage de l’artillerie de Vincennes par Ménilmontant fut envoyé par lui au général Gerard. Il était absent. Il fut remis au général Lafayette, qui donna un reçu de l’avis, lequel reçu fut déposé par le sieur Leroy à la mairie du (ancien) VIe arrondissement, où il doit être encore. Le sieur Leroy, garda son poste jusqu’au lendemain vendredi. Il y était resté trente-deux heures. Jusqu’à l’affaire de Rambouillet, à laquelle il prit part, il ne se donna aucun repos : en dix-sept jours, il passa volontairement au service de son pays onze nuits, dans des circonstances difficiles. Tous ces faits sont attestés par les personnes notables de son quartier, dont les signatures suivent et qui lui en témoignèrent leur satisfaction. Il manque au sieur Leroy le certificat de M. Balbâtre mais cet ex-lieutenant-colonel est à la campagne et le sieur Leroy se fait fort de le produire aussitôt le retour de M. Balbâtre. Il ose donc espérer, messieurs, que vous aurez égard à sa conduite dans les trois jours et qu’il partagera avec ses compagnons d’armes l’honorable distinction, objet de tous ses vœux. » Suivaient l’apostille suivante : « Nous, soussignés, attestons la vérité de tous les faits énoncés dans la lettre ci-contre et qu’en conséquence foi doit y être ajoutée. » Signé : Menissier, homme de lettres ; Liedet, E. illisible, statuaire ; Marly, J.-B., administrateur du théâtre de la Gaîté ; Sauvageot fils, marchand de charbon de terre, demeurant 16, rue d’Angoulême-du-Temple ; Borel illisible, demeurant 10, rue du Grand-Prieuré ; Jessou fils aîné, négociant, demeurant 7, rue de la Tour ; Percher illisible, demeurant 45, rue de la Folie-Méricourt ; Drujon, Ch., marchand de vins ; Thuilot, B., demeurant 4, quai Louis-XVIII, employé au génie militaire ; Roger, demeurant 44, bd du Temple ; Legras, marchand de vins ; Chacame ou Chacarne fils, marchand de bois, demeurant 46, rue des Fossés-du-Temple ; Huguenin, propriétaire, demeurant 33, rue des Fossés-du-Temple ; Barat, propriétaire, demeurant 32 bis, rue des Fossés-du-Temple ; Bertrand, demeurant 1, rue du Faubourg-du-Temple ; Deleir ; Legoux, marchand de vins ; Chavantré fils (voir Chavantré, Alexandre, Désiré), demeurant 18, bd Saint-Denis ; Coipel, maître paveur ; Destr..., demeurant rue d’Angoulême ; Deramoins, propriétaire, demeurant 22, rue des Fossés-du-Temple. Il joignait deux certificats à sa demande. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je certifie que M. Leroy, faisant les fonctions d’officier du poste du château d’eau pendant les journées du 28 et 29 juillet, seul en uniforme, à ma requête est entré chez moi, il y a mis l’ordre en m’aidant à distribuer les armes dont j’étais possesseur. » Signé, le 30 juin 1831 : de Saint-Jores, propriétaire, tenant le cabinet de figures de cire, boulevard du Temple. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « M’étant rendu à la mairie du (ancien) VIe arrondissement, le 28 juillet 1830, avec mon uniforme d’adjudant-major de la garde nationale licenciée en 1827, je fus désigné par l’ancien colonel (M. Senepart) pour remplir provisoirement les fonctions de major de la légion, qui paraissait vouloir se réorganiser. En cette qualité, je certifie avoir envoyé M. Leroy, le 29 à 2 heures de relevée, pour commander le poste du château d’eau, où il est resté jusqu’au lendemain 9 heures du soir, qu’il y a fait son service avec une activité et une prudence digne d’éloges. » Signé, le 30 juin 1831 : Dreux, major de la VIe légion. Il demeurait 12, passage du Jeu-de-Boules ; rue des Fossés-du-Temple. Archives de la préfecture de police AA 398.

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