Leroy, Jean-François
Biographie
Né le 12 mars 1793 (mais le 11 mars 1793 dans d’autres sources, par exemple in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens qui ont mérité la croix, liste qui est corrigée à la main) à Sedan (Ardennes). Ancien militaire, sergent-major au 22e régiment de ligne jusqu’en 1815, devenu commis libraire chez Pélafol, libraire, mais sans emploi depuis la faillite de ce dernier le 1er juillet 1830. Souffrant d’une entorse donnée au Louvre, il fut soigné à l’ambulance Saint-Sulpice. Le 1er septembre 1830, alors qu’il venait d’être nommé sergent-fourrier dans la garde municipale, caserné rue de Tournon, il faisait parvenir la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales ; « […] Ayant participé à la prise de divers postes, pris et repris la place du Châtelet et la Grève les 27, 28 et 29, au Louvre il a eu la cheville du pied droit foulée avec une forte contusion, ce qui ne l’a pas empêché, étant échauffé, de monter la garde à la mairie de son arrondissement (le [ancien] XIe) les 30 et 31 juillet. Emmené du poste de la place Saint-André par M. Benazy, avoué à la cour royale, pour faire le service de caporal, il a reconnu toutes les patrouilles et relevé six faits illisible, ainsi que le constate le certificat de ce monsieur, qu’il a été sur l’invitation de monsieur l’adjudant-major, courrier au convoi de M. Vaneau, élève de l’Ecole polytechnique, qu’il est retourné au poste mais qu’il en a été relevé à la sollicitation de M. Tillard, chef de bataillon, qui l’a fait conduire à l’ambulance, où il est resté jusqu’au 20 août. Il n’est pas encore parfaitement rétabli ; il a été forcé se sortir pour chercher à se placer. Qu’il vient d’être admis dans la garde municipale, comme sergent-fourrier, que ce n’est point une récompense puisqu’il était sergent-major au 1er janvier 1814. Quoiqu’il n’ait que trente-huit ans, il se ressent de fraîcheurs qu’il a gagnées en Allemagne, au bivouac. Il n’a non plus rien à espérer de sa famille : son père a été pillé deux fois à l’entrée des Prussiens à Charleville en 1815, où il tenait l’hôtel du Grand Turc ; sa fortune consistait en un mobilier considérable, qui lui a été presque tout ravi. Il désirerait que vous eussiez la bonté de solliciter pour lui, près du ministère de la Guerre, le premier grade d’officier vacant dans la garde municipale. » Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, médecin, chargé du service de santé à l’ambulance Saint-Sulpice pendant les journées 4 et 5 août, certifie que M. Leroy est entré dans l’ambulance le 1er août pour une forte entorse avec contusion au pied droit et que malgré les moyens les plus énergiques le malade éprouve encore quelques douleurs très vives. » Signé, le 5 août 1830 : Labrie, A. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, avoué à la cour royale de Paris, chargé temporairement par M. le commandant d’Herbelot du soin de relever les postes du (ancien) XIe arrondissement, certifie que les faits rapportés dans la présente pétition et relatifs au service fait par M. Leroy à la mairie les 30 et 31 juillet dernier sont de doute exactitude et que les faits relatifs aux journées précédentes m’ont été attestées par plusieurs citoyens. » Signé, le 13 août 1830 : Bénezi, Ch. Le troisième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, adjudant-major provisoire au 2e bataillon de la XIe légion de la garde nationale de Paris, certifie exacts les faits rapportés ci-contre, afin que fois y soit ajoutée et pour servir au besoin. » Signé, le 14 août 1830 : Courcier, A., T. (voir Courcier, Amédée, Toussaint). Le quatrième, ainsi rédigé : « Je certifie les faits énoncés en la présente être tous à ma connaissance et ne contenant qu’une exacte vérité. » Signé, le 20 août 1830 : Tillard, chef du 3e bataillon de la XIe légion de la garde nationale ; suivait l’apostille de Peyre (voir Peyre, Antoine, Marie), colonel provisoire de la XIe légion de la garde nationale et aide de camp du général Lafayette. Le cinquième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, chirurgien en chef de l’hospice de l’Ecole, doyen de la faculté de médecine de Paris, certifie que le nommé Leroy, Jean-François, commis libraire, né à Sedan (Ardennes), nous a été amené de l’ambulance du séminaire Saint-Sulpice pour être traité d’une entorse avec forte contusion à l’articulation du pied droit, qu’il sort aujourd’hui 20 août, en voie de guérison, et qu’il doit encore observer le repos pendant quinze jours ou trois semaines au moins. » Signé : Dubois, Antoine. Le 11 septembre 1830, il avait déjà sollicité un emploi « au ministère de la Marine (ou au ministère de l’Intérieur), où mon père a rempli d’une manière distinguée, les fonctions de sous-chef du bureau des pensions ». Sa lettre était alors suivie de l’apostille suivante : « Nous certifions que le sieur Leroy a pris part au noble élan qui a conservé à la France ses libertés et donné à son peuple la priorité sur tous les autres. » Signé : Catalan, chirurgien-dentiste, habitant la même maison (laquelle ?) ; illisible, demeurant 35, rue Dauphine ; Gougeon, demeurant 35, rue Dauphine ; Pallenot, demeurant 35, rue Dauphine ; Rousselle, demeurant 23, quai Malaquais ; Mary, papetier, demeurant 35, rue Dauphine. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) 1er arrondissement. En 1831, il était fourrier dans la Garde municipale, caserné à la caserne Saint-Martin. Sergent fourrier dans la garde municipale, il prêta son serment de décoré de la croix Juillet, le 25 juin 1831 à la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Ce serment était ainsi libellé : « Je jure fidélité au roi des Français, obéissance à la charte constitutionnelle et aux lois du royaume. » Il reçut sa croix le 25 juin 1831, et son brevet le 20 août de la même année. Il fut soupçonné d’avoir touché des secours à la fois dans le (ancien) Ier arrondissement, le (ancien) IIe arrondissement et le (ancien) Ve arrondissement sans que l’on sache comment l’affaire fut éclaircie… Il reçut, à titre de blessé de la 1re classe, une indemnité définitive de cent vingt francs de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830 (bien auprès du [ancien] Ier arrondissement). Il fut incorporé comme sergent-fourrier dans la garde municipale. Il reçut, en 1833 à l’occasion de l’anniversaire des journées de Juillet, une gratification de vingt-cinq francs à titre de décoré de Juillet. Il était célibataire en 1830. Il demeurait 12, rue Mâcon en 1830 ; mais dans un courrier en date du 1er septembre 1830, il écrit anciennement 35, rue Dauphine et actuellement 78, rue de la Harpe ; barrière d’Enfer en 1831 ; à la caserne Saint-Martin en 1831. Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Leroy, Guillaume) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 (sous le nom de Leroy, Guillaume) ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la Ire classe du Ier arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 66 ; Archives de Paris VD6 3 (sous le nom de Leroy, Guillaume) ; Archives de Paris VD6 360 n° 5, II, état nominatif des blessés du (ancien) XIe arrondissement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 18, état des blessés qui paraissent avoir touché des secours depuis le mois de juillet dans plusieurs arrondissements ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Ier arrondissement (où le nom de Leroy, Guillaume est rectifié à la main en celui de Leroy, Jean-François) ; Archives de Paris VK3 26, Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) Ier arrondissement de Paris, état nominatif des blessés de la 1re classe dont les bulletins individuels ont été remis le 19 octobre 1831 au bureau de la Souscription nationale à la préfecture de la Seine (sous le nom de Leroy, Jean-François) ; Archives de Paris VK3 27 Mairie du (ancien) Ier arrondissement, décorations de Juillet, registre et certificat de prestation de serment ; Archives de Paris VK3 28 (ancien) Ier arrondissement Souscription nationale, blessés de la 1re catégorie de la 2e classe (où il est indiqué comme étant l’objet d’un double emploi dans les anciens Ve et dans le XIe) ; Archives de Paris VK3 30, état des habitants du (ancien) XIe arrondissement de Paris qui ont été blessés dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 43 in dossier Desartines ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives de la préfecture de police AA 420, Préfecture de police, août 1833, Etat nominatif des brevets déposés à la caisse de la préfecture de police par MM. les décorés de Juillet qui ont reçu une gratification de vingt-cinq francs, lesquels brevets leur ont été rendus ainsi qu’il est justifié par les émargements des titulaires ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) 1er arrondissement (sous le nom de Leroy, Guillaume) ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des blessés des 1re et 2e classes auxquels il a été alloué des indemnités définitives (ancien) Ier arrondissement, blessés de 1re classe.