Lesouchu, Alfred, Joseph, François
Biographie
Né le 27 mai 1812 à Riom (Puy-de-Dôme), fils de Lesouchu, Joseph, Marie, Jean et de Sabatier, Louise, Marguerite, Françoise, son épouse. Commis négociant. Armé de pistolets, il montra « un courage et une valeur beaucoup au-dessus de son âge dans les trois jours » et reçut plusieurs coups de crosse de fusil dans la poitrine. Il était resté deux nuits sans rentrer chez ses patrons puis, accablé de fatigue, de faim et de soif, couvert de lambeaux, fut secouru par, entre autres, Duseigneur (voir Duseigneur, Jean-Pierre), qui sera décoré de Juillet, Baptiste, conducteur de diligence, la baronne Roger et toute la famille Mongeal. Il mourut de convulsions et de fièvres nerveuses le 30 août suivant. Enterré d’abord dans la fosse commune, son corps fut exhumé puis inhumé ensuite, sur ordre du préfet de police et du ministre de l’Intérieur, dans le « carré des braves », au cimetière du Père-Lachaise. Le certificat médical suivant constatait les circonstances de son décès : « Je, soussigné, professeur à la faculté de médecine, médecin de la maison royale de santé, certifie avoir soigné, dans cette maison, le nommé Lesouchu, Alfred, Joseph, François, pour une fièvre nerveuse, à laquelle il a succombé et qui me paraît avoir été déterminée par les fortes émotions morales qu’a éprouvées ce jeune homme pendant les événements derniers, auxquels il a pris une part active et honorable. Je recommande à l’autorité compétente la famille de ce jeune homme. Elle a perdu en lui un grand appui et elle me paraît digne de toute bienveillance. » Signé, le 1er septembre 1830 : Audras. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le certificat suivant attestait des circonstances de son décès : « Nous, soussignés, attestons et affirmons qu’Alfred, Joseph, François Lesouchu, âgé de dix-huit ans, né à Riom, département du Puy-de-Dôme, pensionnaire chez MM. Aubert et Rayer... illisible, négociants rue Saint-Honoré n° 83, fils de Joseph, Marie, Jean Lesouchu, ancien officier de santé de la marine militaire, présentement professeur à Montargis, département du Loiret, a montré un courage et une valeur beaucoup au-dessus de son âge dans les trois jours à jamais historiques. Ce brave jeune homme, par la force des circonstances, a resté deux nuits sans rentrer chez ses patrons. Nous recommandons d’une manière toute particulière aux autorités compétentes la respectable famille de cette victime de la tyrannie, qui emporte en mourant les vifs regrets de toutes les personnes qui l’ont connu. » Signé : Lestrade ; Rayer ; Aubert ; Soult ; Dautreix ; Mongeal, tenant l’hôtel du Puy-de-Dôme, 10, rue du Four-Saint-Honoré ; Duseigneur, Jean-Pierre (voir ce nom), demeurant 4, rue du Bouloy. Sa famille reçut un secours de deux cents francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel et un secours de soixante-quinze francs auprès de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le 25 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) IIIe arrondissement, comparurent : Duseigneur, Jean-Pierre (voir ce nom), marchand horloger, demeurant 4, rue du Bouloy ; Mongeal, Jean, maître d’hôtel garni, demeurant 10, rue du Four-Saint-Honoré ; Reymond, Jean, rentier, demeurant 25, rue Neuve-des-Petits-Champs. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Lesouchu, Alfred, Joseph, François et savoir qu’il était « sorti de son domicile […] le 29 juillet dernier, qu’il était armé de pistolets et qu’il a combattu pour la liberté et a reçu dans la poitrine des coups de crosse de fusil, et que par suite de ces contusions il est mort le 30 août suivant à la maison de santé de M. Dubois, rue du Faubourg-Saint-Denis ». Malgré le certificat médical attestant que la mort avait été causée par une fièvre nerveuse qui paraissait « avoir été déterminée par les fortes émotions morales qu’a éprouvées ce jeune homme pendant les événements derniers auxquels il a pris une part active et honorable », la Commission des récompenses nationales ne voulut pas voir de liens entre sa mort et sa participation aux combats et rejeta la demande de pension présentée par les parents. Ses parents, Lesouchu, Joseph, Marie, Jean, né le 23 décembre 1778 à Lamballe (Côtes-d’Armor) et Sabatier, Louise, Marguerite, Françoise, née le 9 brumaire an IV à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), reçurent par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 20 février 1811 à Riom ; sur l’acte de mariage, Lesouchu, Joseph, Marie, Jean est indiqué comme fils de feu Lesouchu, Michel, de son vivant propriétaire, décédé le 21 thermidor an XI (9 août 1803) et de feue Briend (ou Brieur), Jeanne, décédée le 7 thermidor an X ( 5 août 1802) et comme étant professeur de grammaire et de géographie ; Sabatier, Louise, Marguerite, Françoise est indiquée comme née le 10 brumaire an IV (sic) (1er novembre 1795) fille de feu Sabatier, François, lieutenant de gendarmerie à Clermont, décédé le 18 vendémiaire an XII (10 octobre 1804) et de Chevalier, Marguerite, son épouse. En date du 2 mars 1831, le maire de Montargis avait délivré un certificat pour attester que Lesouchu, Joseph, Marie, Jean « ex-officier de santé, ne possède aucune propriété et se trouve dans le besoin ». Lesouchu, Joseph, Marie, Jean avait aussi présenté un certificat médical attestant qu’il était « d’une faible constitution et porte une hernie inguinale gauche, qui devient très douloureuse lorsqu’il veut se livrer à un travail pénible ». Les parents avaient choisi comme fondé de pouvoirs Berlioz, Jean-Baptiste, conducteur chez Laffitte et Caillard. Le 24 juillet 1840, les restes de Lesouchu (sous le nom de Lesouchu, Alfred, Marie, Joseph dans le procès-verbal d’exhumation in Archives de la préfecture de police AA 420) furent exhumés du terrain situé au cimetière du Père-Lachaise, où ils avaient été placés, puis renfermés avec ceux de quatre-vingt-sept autres victimes dans quatre sarcophages, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Tout cela alors même que le nom de Lesouchu n’était pas inscrit sur la colonne de Juillet… Lesouchu demeurait 83, rue Saint-Honoré ; ses parents, à Montargis (Loiret) en 1831. Troisième et dernier état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement p. 97, liste nominative du IIIe arrondissement des ascendants au nom desquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit, avant le 1er janvier 1834, terme de la déchéance, p. 116, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des ascendants ayant droit à une pension, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, cas exceptionnels et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé diverses sommes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IIIe arrondissement, cas exceptionnels d’ascendants et aussi même référence liste nominative des personnes pour lesquelles il a été déposé des inscriptions de rentes à la caisse de la préfecture du département de la Seine pour y être réclamées par qui de droit jusqu’au 31 décembre 1833, (ancien) IIIe arrondissement (sans indication du motif de l’attribution de la rente) (sous le nom de Lesouchu, Joseph, Marie, Jean) ; Archives de la préfecture de police AA 420.