Lestang, Charles
Biographie
Le 28 juillet 1831, il sollicitait dans ces termes auprès du roi la décoration de Juillet : « Le nommé Lestang Charles, ancien militaire, grenadier à cheval de l’ex-garde impériale et ensuite sous-officier instructeur dans le 5e régiment de dragons, congédié pour cause de blessures graves et sans pension, a l’honneur de vous exposer qu’il fut nommé chez M. Le maréchal Ney à Lons-le-Saunier pour être d’ordonnance près de lui à l’instant où il fit la proclamation au nom de l’Empereur en 1815 et d’après le rapport du colonel commandant ledit 5e régiment de dragons au maréchal, en faveur du pétitionnaire pour obtenir la décoration de la Légion d’honneur. Il transmit les certificats qui constataient ses titres de l’armée d’Allemagne et campagne en Saxe, dont l’un était signé par les généraux comte Le Marois et M. le général Boursier, gouverneur de Mackdebourg. En arrivant à Paris, il lui a été remis par M. le maréchal Ney une lettre olographe, laquelle l’autorisait à porter cette décoration. Et à la campagne du Mont-Saint-Jean, son cheval fut tué sous lui et il y perdit son portemanteau et effets quelconques ayant été obligé de l’abandonner sur le champ de bataille. Et de plus dans les journées glorieuses de notre révolution en juillet 1830, il a concouru à la délivrance de sa patrie en combattant les éternels ennemis du peuple français ! Soit en ramassant plusieurs de ses camarades tombés blessés à ses côtés et en prodiguant ses soins à ces derniers, en les emportant chez lui et en leur fournissant le linge et les secours qui convenaient à leur situation. Les pertes que l’exposant a faites dans ces journées ont été assez considérables pour sa positon. Il ne le regrette pas mais il voit avec peine, Sire, qu’il n’est point compris dans les récompenses nationales, malgré qu’il eût fait connaître le sujet de sa réclamation par une demande adressée à la commission, dans laquelle était jointes trois pièces, son congé militaire, deux pièces qui justifient de sa conduite dans la révolution. Il est à observer que ledit sieur Lestang, Charles dans la journée du 27 juillet au poste de Bonne-Nouvelle occupé par la troupe de ligne, s’y est trouvé au désarmement et y engagea le commandant du poste (un sergent) à se rendre sans résistance et par-là il a évité l’effusion de sang. Un pareil oubli peut-il priver un défenseur de la patrie des droits qu’il a acquis dans ces mémorables journées ? Il pense que la commission n’a pu commettre un pareil oubli surtout ayant sous ses yeux le double des pièces ci-jointes qui sont irrévocables. Il s’est présenté, pendant deux mois entiers allant de jour en jour réclamer ses titres et de quinze en quinze jours ; on lui disait qu’on espérait les retrouver mais, à la cession de cette commission, on lui a déclaré n’avoir pu y parvenir et par-là il se trouve privé de la décoration nationale accordée à ceux qui ont coopéré aux journées de Juillet. C’et près de vous, Sire, qu’il fonde sa réclamation, en voulant ordonner qu’il soit compris dans l’ordre des récompenses et lui faire obtenir la décoration spéciale qu’il croit avoir méritée. Ayant failli être tué ou écrasé par la charge des cuirassiers à la porte Saint-Denis dans un moment où il avait un blessé sur son dos ; et la chute que fit l’exposant en ce moment le contraignit à garder le lit plusieurs jours et lui fit cracher le sang pendant un mois. Veuillez donc bien, Sire, faire droit à ma demande et vouloir bien ordonner la recherche des premières pièces jointes à ma demande et mon congé et qu’elles me soient remises, surtout mon congé militaire auquel je tiens beaucoup. » Il demeurait 70, rue du Faubourg-Saint-Martin en 1831 ; 4, rue de la Colombe dans l’île de la Cité en 1832. Archives nationales F/1dIII/63.