Letourneur
Biographie
« M. Letourneur, rue Saint-Honoré, propriétaire du magasin Jeanne-d’Arc, nous certifie que c’est à tort qu’on l’a accusé d’avoir favorisé l’entrée de la garde royale dans sa maison. Ce n’est que par force et pour se cacher qu’ils entrèrent chez M. Letourneur. Ce citoyen est un des souscripteurs de l’association parisienne. » Greppo, Jean-Baptiste, employé à la Caisse d’épargne, demeurant 3, rue des Petits-Pères, fit la déposition suivante pendant le procès des ministres de Charles X, et dans laquelle son nom apparaissait : « Le mardi 27 juillet, vers deux heures, je me trouvais chez un de mes amis, M. Letourneur, marchand de nouveautés, rue Saint-Honoré, au coin de la rue de Rohan ; nous voyions du balcon les troupes rangées en bataille, barrant la rue Saint-Honoré, devant le café de la Régence. Les militaires en agissaient fort brutalement avec les particuliers ; à ce moment les rangs de l’infanterie s’ouvrirent, et il en sortit un officier de gendarmerie avec trois ou quatre gendarmes ; ils se précipitèrent au milieu des groupes, et un malheureux vieillard fut renversé et foulé aux pieds des chevaux [vis-à-vis du magasin de la Civette, N.D.A.] ; il paraissait cependant vivre encore, mais l’officier de gendarmerie, en revenant, le perça d’un coup de sabre, et il fut emporté sur la place du Palais-Royal, où le cadavre resta fort longtemps. Cet événement excita un cri général d’indignation ; quelques instants après, les troupes firent un mouvement, et le feu commença des deux côtes de la rue Saint-Honoré. » Le Constitutionnel, 7 août 1830 ; Procès des derniers ministres de Charles X, tome Ier, Paris, chez Audot, 1830, de Greppo, p. 355-356.