Letourneur, Marie
Biographie
Maître boulanger. Il adressa la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « […] A l’honneur de vous exposer qu’il a pris une part très active dans notre mémorables révolution. Que le 27 juillet il a combattu dans les rangs des défenseurs de nos libertés ; il était dans la rue Saint-Honoré encore à minuit et pour témoins MM. Amiot, Gelin et Marillat (voir sans doute Marillat, Pierre, Joseph ?), commandant provisoire de la garde nationale de Charonne, qui combattaient avec lui, où ils ne sont rentrés tous les trois qu’à 2 heures du matin et le même jour 28 il est parti avec lesdits susnommés à 5 heures du matin, se dirigeant sur la place de Grève et rues adjacentes, où les ennemis de nos libertés étaient vaincus. Se portant ensuite sur la poudrière, ainsi que ses nobles compagnons, il a eu le bonheur d’enlever un caisson de poudre qui était destiné à la garde royale ; il en a eu quatre kilos, dont il en a délivré à tous ceux qui, comme lui, se défendaient contre la tyrannie. Il a de plus pour preuves les boîtes où ils étaient renfermés et qu’il conserve. Le 29, le commandant Marillat l’ayant mis dans un poste difficile à la barrière Fontarabie et comme un de ceux qui lui avait donné tant de preuves les deux jours avant, il s’est vu assaillir par une bande de mauvais sujets, qui venaient porter l’effroi par leurs menaces de voler et d’incendier. Une hache était levée sur lui et prête à lui ôter la vie ; il appelle ; la garde nationale provisoire arrive, dissipe ces bandes nombreuses et il échappe à la mort par miracle. Il a été assez heureux pour avoir pu empêcher de grands maux dans la commune. Il croit, messieurs, avoir mérité la décoration de la médaille, comme un de ceux qui s’est le plus particulièrement distingué dans Paris comme à Charonne. » Il demeurait depuis plusieurs années à Charonne ; 3, barrière de Fontarabie à Charonne en 1830. Archives de Paris VK3 47.