Leuillier, Antoine, Pierre
Biographie
Né le 12 juillet 1797 à Paris. Carreleur en bâtiments (mais entrepreneur de carrelage in Archives nationales F/15/2557-2559). Il combattait le 29 juillet à la prise du Louvre en compagnie de Moitié, Paris, Vayron et Herochamp, Pierre, Joseph, quand ce dernier tomba atteint d’un coup de baïonnette à la main gauche et de plusieurs coups de crosse dans les reins. La chronique de l’époque rapporta ainsi sa participation aux combats de Juillet : « Antoine, Pierre Leuillier, ouvrier carreleur, rue des Trois-Couronnes-Saint-Marceau, n° 3, a constamment combattu pendant nos trois grandes journées. De concert avec onze autre braves, il s’est emparé dans la matinée du mercredi, du corps de garde de l’Hôtel de ville ; seul et sans armes, il somma près le pont d’Arcole, un détachement de vingt hommes de la garde royale de se rendre, et, comme ce détachement fut presque aussitôt attaqué par les citoyens qui tiraient de l’Hôtel de ville, Leuillier se trouva entre deux feux, et n’échappa que par miracle ; cependant, au milieu d’un si grand danger, il s’empara du fusil d’un soldat blessé et parvint à conduire ce soldat à l’Hôtel-Dieu, malgré les efforts de quelques hommes irrités qui voulaient s’en emparer et le jeter dans la rivière. Dans la même journée il contribua à prendre trois caisses et cinq barils de poudre. Le lendemain jeudi il contribua encore d’abord à prendre une pièce de 8 en fonte, et à faire évacuer par les Suisses la caserne de Babylone. Il a sauvé la vie à trois gardes royaux en leur donnant ses habits pour se déguiser. Au moment où le brave Leuillier se distinguait par tant d’actes de bravoure et d’humanité il perdait un de ses deux enfants. » Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Le 27, après-midi, était au rassemblement de la rue Saint-Honoré. La nuit, il aida à transporter un cadavre dans divers quartiers pour exciter le peuple. Le 28, il coopéra au désarmement du poste de la Grève. A l’arrivée du premier détachement du 3e de la garde, il saisit au collet l’officier, qu’il fut obligé de lâcher, se trouvant entre deux feux. Il se jeta à terre, s’empara du fusil d’un soldat blessé qu’il conduisit à l’hôpital en protégeant ses jours. De là, il vint sommer le poste de la place Maubert, qui se rendit. Il alla ensuite à la poudrière puis combattre sur le pont d’Austerlitz. Le 29, au désarmement des casernes, ensuite à Babylone, où il se rangea sous les murs de la caserne pour tirer contre les Suisses qui paraissaient aux croisées. Il entra par la porte de la buanderie. De là, vint rue Saint-Honoré et de Rohan où il fit prisonniers des gardes royaux, qu’il revêtit de ses propres habits afin de leur sauver la vie. Le soir, il alla faire une reconnaissance jusqu’à la barrière de l’Etoile. Cet homme est resté constamment sous les armes jusqu’au lundi suivant, bien qu’on lui eût annoncé, la veille, la mort d’un de ses enfants. » Son nom est cité dans le manuscrit de Victor Crochon « parmi les noms qui se sont illustrés dans cette journée [28 juillet] en combattant avec tant d’intrépidité les troupes nombreuses réunies sur la place de Grève » Il adressa à la Commission des récompenses nationales une Note des événements de juillet 1830 dans laquelle moi Leuillier, Antoine, Pierre, je me suis trouvé, ainsi rédigée (dont nous respectons à peu près les formes mais non l’orthographe et qui est bien souvent illisible) : « 27 juillet. Je travaillais rue de la Savonnerie, dans la maison du marchand de vins numéro 17 lorsque sur les 2 heures, j’envoyai mon garçon rue de la Roquette-Saint-Antoine pour faire charger une voiture de carreaux que j’attendais depuis ce matin. Lorsque sur les 3 heures, je le vis arriver tout effrayé. Il nous raconta ce qu’il se passait dans le quartier et il me dit qu’il venait de voir des hommes armés de bâtons et de fleurets qui avaient poursuivi des gendarmes. Là-dessus je montais trouver le maître maçon, à qui je conseillai de faire cesser les travaux. Dans le même moment, un hourra se fit entendre, rue des Lombards et dans la rue en face de celle de la Savonnerie, où toutes les boutiques furent fermées. Nous descendîmes pour voir ce qu’il se passait. Je remontai au bâtiment pour prendre mon décintroir (marteau à deux taillans, dont se servent les maçons et les carreleurs, N.D.A.) qui ne tarda pas à m’être utile car, arrivé sur le quai entre la place du Châtelet et le pont Notre-Dame, je rencontrai un détachement d’environ quarante personnes qui débouchaient par la rue de Planche-Mibray. Je fus avec eux par le quai de Grève. Nous passâmes par le quai Saint-Nicolas et nous allâmes jusque dans l’île Saint-Louis, où nous rencontrâmes une patrouille du 50e de ligne qui, nous voyant, voulut rétrograder mais de l’autre côté un grand nombre des nôtres voulut rentrer dans quelque allée et d’autres sur le derrière du quai des Célestins. Nous laissâmes passer la patrouille et nous remontâmes par la rue Saint-Paul et Saint-Antoine et la place Baudoyer, rue de la Verrerie, où nous partîmes pour la rue Saint-Honoré. Mais la nuit était arrivée et nous cassâmes les lanternes. Je me servis [illisible] de mon décintroir. Sur les 9 ou 10 heures, nous rencontrâmes un autre détachement de douze ou quinze hommes des nôtres qui traversait la rue de l’Arbre-Sec et qui portait un cadavre sur une civière. Je marchais avec eux jusque près le carrefour Bussy, où je les quittai pour rentrer chez moi, où je fis lever la femme pour aller chercher du charbon et une crosse de blanchisseurs (?) que je me mis à forger pour l’emmancher au bout d’un grand bâton. Je passai une partie de la nuit sans pouvoir achever mon ouvrage et je me contentais de m’en servir tel qu’il se trouvait. 28 juillet. Ma femme voulut me retenir à la maison, en me démontrant que deux de mes enfants étaient bien malades et que je reste pour les soigner, ce que je refusais en lui disant que je reviendrai sitôt que le maître maçon m’aurait donné quelque argent pour lui rapporter. Je pris ma illisible comme de coutume et je m’emparais du crops ? illisible, que je mis dans le fond de mon chapeau en cas qu’il se passe quelque chose. J’arrive au bâtiment sur les 7 heures, où je fus prendre le vin blanc avec le maître maçon et les ouvriers, à qui je dis que si les troubles recommençaient il faudrait que tout le monde quitte et que s’il restait des ouvriers dans le bâtiment je les ferai débusquer par ceux que je rencontrais. Nous remontâmes pour travailler quand des cris de Vive la Charte ! se firent entendre de tous les côtés. Je saisis ma illisible c’est le même mot que plus haut, que je passais dans mon bras et je fus au coin de la rue des Lombards, où je trouvais une vingtaine d’hommes qui arrachaient les écussons des marchands de tabac et je m’emparais d’un, que l’on me conseilla d’aller jeter à l’eau. Je voulus passer par le marché Saint-Jean, pour ne pas passer devant le poste de gendarmes de la porte Paris où je craignais que, voyant si peu de monde et sans armes ils profiteraient d’une telle circonstance pour nous faire éparpiller. Cependant nous passâmes devant leur poste en tenant les écussons et nous fûmes les jeter à l’eau au milieu du pont au Change aux cris de Vive la charte ! A bas les tyrans ! De là, nous allâmes à l’Hôtel de ville, où nous formâmes divers groupes au coin de la rue de la Mortellerie, lorsque je vis un homme décoré qui vint prendre part au conseil que nous tenions et comme plusieurs demandaient des armes pour marcher ; ce bourgeois nous dit Mes amis vous demandez des armes. Il se retourna et nous montra le poste de gendarmes et nous dit En voilà ! Sur sa parole, nous marchâmes sur le bas du trottoir, en formant le cercle et sans hostilité et ce même bourgeois porta la parole au maréchal des logis et lui dit Je vous conseille en ami de quitter votre poste et de vous retirer avec prudence pour votre troupe et pour vous. Là-dessus, il eut l’air de réfléchir. Je lui dis à mon tour Je sais bien qu’il en coûte au soldat d’abandonner son poste sans résistance mais quand vous auriez l’intention de résister vous feriez des victimes de plus et vous auriez la douleur de voir vos amis tomber à vos pieds. Là-dessus, il sortit de sa rêverie et commanda à sa troupe de retirer leur baïonnette et de la mettre au fourreau ; et sa troupe fut par le flanc gauche et partit par l’arcade Saint-Jean. Il se trouva seul au milieu de nous, lorsqu’il nous dit Je voudrais confier mon poste à des hommes qui maintiennent la sûreté publique. Lorsque trois gardes nationaux arrivèrent en s’habillant, il leur confia son poste et retira son baudrier pour leur remettre son sabre, lorsque la populace tombant sur lui, on parvint à le faire rentrer dans le corps de garde. Mais dans le même moment, on cassa les vitres des portes et fenêtres et tout le monde fondit sur lui et le mutila de coups. Pendant ce temps, j’étais resté sur le trottoir, les bras croisés comme anéanti de faire mutiler un vrai Français, lorsqu’un détachement de la garde royale, fait de dix-huit ou vingt hommes commandés par un lieutenant, déboucha par le quai Pelletier. Je m’élance sur l’officier qui les commandait et le somma, en le tenant aux ourlets de sa capote de se rendre, sans réfléchir que je me trouvais sans armes. Au même moment, j’entendis une décharge de coups de fusil lorsque je lâchais le lieutenant de la main gauche pour regarder d’où partait la décharge. Je vis que c’était les nôtres qui avait tiré sur le détachement, où un brave camarade était tombé à mes pieds. Je vais pour reporter la main sur le chef lorsque celui-ci voulut me couper la figure d’un coup de sabre. Je le repoussai avec force sur son détachement et je me reculai en criant au même moment où son second mettait en joue les nôtres et je me trouvais à bout portant. Je me laissais tomber à terre et le détachement remontait en courant par le quai de Grève. Il se trouva deux hommes du détachement, mis hors de combat, un de tué et l’autre blessé. Je me relevai et je courus sur le soldat blessé, où je m’emparais de son arme et je le portais avec d’autres qui me prêtaient la main pour le porter à l’Hôtel-Dieu. Lorsque nous fûmes au milieu du pont, on voulut nous l’arracher pour le jeter à la rivière lorsque nous posâmes par terre pour le défendre un homme s’avança vers moi. Je le repoussais avec force, lorsque je m’aperçus que le pot (? illisible) qui est dans un mouchoir où se trouvait ma journée était plein de sang et que le pot se trouvait cassé. Je le retirais de mon bras et je le jetais à la rivière pour me débarrasser et de là nous arrivâmes à l’hospice, où je montais sous le vestibule au premier dans le haut. De là, je revenais tout couvert de sang et je me disposais à rentrer à la maison pour me rechanger lorsque près l’égout de la place Maubert deux hommes me croyant blessé me proposèrent leur assistance et me firent rendre chez le marchand de vin au coin du cul-de-sac, où je priais un de ces hommes de m’aller chercher les vêtements qu’il m’avait proposés pour me changer. Après avoir remis une chemise, un pantalon et un gilet, je rentrais droit au poste de la place Maubert seul avec mon fusil, où je trouvais le commissaire et des mouchards avec lui. Je leur conseillais de quitter le poste et le commissaire, me regardant tout étonné de ce que je me présentais seul, me dit qu’il n’avait pas d’ordre à prendre de moi et que si je ne me retirais pas il allait me faire conduire à la préfecture de police. Je lui répondis que je croyais leur rendre service en les prévenant de ce qu’il se passait et là-dessus, je me retirai du côté de la montagne Sainte-Geneviève, où je rencontrai un détachement de la charte, qui descendait armé de quelques fusils et d’autres armes, telles que sabres et bâtons emmanchés de baïonnettes. Je redescendis avec eux sur le poste de la place Maubert, où je dis en entrant Vous voyez, je suis de parole. Je m’emparai d’une giberne et de quelques cartouches sur le dessus d’une armoire à gauche en entrant. De là, je partis avec quelques hommes au nombre de quinze au moins vers le poste du petit pont de l’Hôtel-Dieu, où nous nous arrêtâmes à l’encoignure du quai en face du marchand de vins. Je fis tenir mon fusil par un homme de nous autres et celui qui vint avec moi piqua sa baïonnette entre deux pavés. Je fus trouver le sergent, à qui je demandai qu’il déposât les armes. Il me répondit que depuis la veille il avait laissé passer librement tous les citoyens armés et que nous pouvions passer librement mais qu’il gardait son poste pour maintenir la police. Sur sa parole d’honneur, je lui tendis la main et je fus pour rejoindre les nôtres mais il ne restait que trois hommes et moi et celui qui était venu avec moi au corps de garde. De là, je partis avec les camarades et nous partîmes à la place de l’Odéon, où il se trouvait déjà au moins sept ou huit cents hommes de rassemblés. Nous restâmes là une bonne heure et après l’on nous fit faire une promenade militaire, deux fois de suite. On nous conduisit ensuite rue de Garancière et de là nous partîmes de l’école de médecine et pour la place Saint-André-des-Arts où notre commandant se décida à nous conduire au quai de la Vallée pour prendre le Pont-Neuf, où par prudence il céda le commandement pour se sauver et je restai encore en tirailleur en face de la grille du jardin de la préfecture, où se trouvaient les gendarmes. Sur les huit cents hommes, nous restâmes au plus une quinzaine pour répondre au feu des gendarmes. De là, nous partîmes pour rejoindre ceux qui nous avaient quittés et nous les trouvâmes rassemblés près la place Saint-André-des-Arts. Nous remontâmes par la rue Saint-Jacques et la place Cambrai, rue des Sept-Voies et nous allâmes pour nous emparer du poste de Montaigu mais le chef du poste ne voulut pas nous laisser passer. Nous fûmes forcés de passer par la rue des Amandiers. Nous descendîmes la montagne de la rue des Carmes et la rue Saint-Victor. Nous prîmes les armes aux Vétérans sous-officiers casernés près la rue Poliveau. De là, nous fûmes à la poudrière par la rue du Marché-aux-Chevaux. En arrivant sur le boulevard, nous vîmes rouler les barils de poudre … l’ordre de marcher pour nous emparer de poudre. Il passait dans ce moment une voiture de la … de la barrière de la Santé, que l’on força d’arrêter. Je portai pour ma part trois barils de poudre, que je pris près de la Charbonnier et deux près le bâtiment de la belle Maisonneuve. Dans les … Deux-Moulins et trois barils dépensés pour moi dans la voiture. De là, je pris en sortant du Lion d’or où j’étais entré pour me rafraîchir deux Limousins qui portaient une caisse. Je les forçais de la rapporter à la voiture. De là, nous défonçâmes un baril et je pris deux paquets d’une livre et trois petits rouleaux de poudre, que je mis dans ma giberne et le reste dans mon chapeau et dans ma veste. Comme nous manquions de plomb, nous ramassâmes des petits cailloux en place de balles. Pendant ce temps, on envoya un garde national en parlementaire à l’autre bout du pont, ce qui décida grand nombre des nôtres de quitter le boulevard et de se retirer… Pendant ce temps, nous descendîmes auprès du pont pour attaquer les troupes lorsque le plus grand des gardes nationaux désarma un détachement qu’il fit descendre par le port aux vins et nous nous trouvâmes à rester au nombre de quarante ou cinquante homme au plus sur le pont à peu près au milieu. On nous commanda le feu contre la ligne et contre les cuirassiers. Je vis tomber deux des nôtres : l’un près d’un… qui fut blessé dans la figure et l’autre au bout du pont à droite, vêtu d’une redingote… lorsque je croyais que les cuirassiers se disposaient à nous charger, je fus surpris de les voir partir par les bords du canal. Là-dessus, je partis pour rentrer à la maison, où je ne trouvai personne. Je remontai rue Mouffetard et je fus au Pont-Neuf où je rencontrai un de mes amis, qui me fit rentrer chez un marchand de vins, où je mangeai avec lui un morceau. Comme je voulais le quitter pour retourner à la place de Grève, il me proposa de l’accompagner chez lui en me promettant de revenir avec moi. Je m’y refusai, alors il me dit qu’il venait de livrer une pacotille de faux bijoux et qu’il est … d’argent, qu’il voulait le déposer chez lui en cas de .. Là-dessus, je fus jusqu’à chez lui rue des Buttes-Saint-Chaumont où nous fûmes témoins du feu de l’incendie de la barrière Saint-Martin et nous rencontrâmes au coin de la rue de la Paix un groupe de gens armés avec qui nous formâmes des patrouilles le reste de la nuit. Le lendemain matin, 29 juillet, nous descendîmes sur les 6 heures à la place de Grève, où je vis les cadavres tout nus. Comme je passai par la rue de la Thibauderie ? je vis une femme qui reconnut parmi ces cadavres son mari et que l’on fit rentrer par force dans une maison près la rue du Tourniquet-Saint-Jean. De là, nous nous rendîmes sur la place de la Bastille où il se ramassait du monde pour attaquer les cuirassiers rue du Petit-Musc et un détachement qui marchait rue Saint-Antoine pour se rendre à l’Ave Maria, où je fus avec eux, où je rentrai. Je vis un nommé Larcher (voir Larcher, Louis, Pierre, Alexandre ?), tambour de la légion, qui distribuait de l’eau-de-vie dans une gamelle cassée ; j’en bus un bon coup et je me disposai à sortir lorsqu’un capitaine déjà nous pria de tâcher d’empêcher les vols qu’on commettait … nous plaçâmes un poste sous la grande porte et nous donnâmes pour consigne de faire déposer toute espèce de paquet dans l’encoignure de la porte à gauche et sur le péristyle de l’escalier à droite. De là un bourgeois forma une patrouille pour parcourir le quartier et les Chambres ( ??), où nous trouvâmes un voleur qui avait trois chemises sur lui et deux pantalons. Nous le fîmes sortir à grands coups de manches de martinet. Après avoir fait la tournée du quartier et fait évacuer la caserne, on fit porter un sergent à l’Hôtel-Dieu, qui était blessé à l’épaule d’une balle qu’il avait reçue d’un cuirassier. Nous fîmes un … que je déposai au bureau des entrées avec un autre homme qui vint avec moi et dont le montant du reçu montait à soixante-cinq francs et cinq centimes et qu’on lui remit … De là, j’appris que notre faubourg est parti pour la caserne Babylone, où nous partîmes à quatre et nous descendîmes par la Croix-Rouge, la rue de l’Université et la rue du Bac. En arrivant, je vis, au coin de la rue Mademoiselle un jeune homme tué d’une balle dans la poitrine et dont le sang bouillonnait encore. Je tirai pourtant quelques coups de fusil de l’encoignure de la rue où je me trouvais. Comme j’avais pris quelques verres de vin et quelques verres d’eau-de-vie, je me trouvais presque dans l’ivresse. Cependant je m’avançai vers la pièce de canon où je trouvais Ardaile qui venait de monter dessus alors qu’elle partait. Je me rendais avec eux à la place de la … (Comme je me trouvais dans un état d’ivresse, je ne peux me rappeler qu’imparfaitement les détails de cet endroit.) Je les quittai pour retourner au Palais-Royal, où je me plaçai au coin de l’hôtel d’Angleterre, ou je tirai sur les Suisses ou gardes royaux une quinzaine de cartouches. A cette place, je remarquai sept ou huit hommes tués, que nous retirâmes le long du café pour nous faire de la place. Comme nous venions de les entasser l’un sur l’autre, les Suisses firent sortir des fenêtres leurs fusils avec des mouchoirs blancs et comme nous avancions dans la rue Saint-Honoré, nous reçûmes une décharge, qui nous fit retourner au coin du café d’Angleterre, où je brûlai encore quelques cartouches. De là, je tournai la rue Saint-Thomas-du-Louvre, où je trouvai dix hommes en tirailleurs dans une grande voiture, dont un grand vêtu en blouse et avec un fusil de chasse. Quoique blessé à la tête et au bras, je lui demandai du plomb et je lui conseillai de se retirer pour se faire panser. Il ne voulut pas le faire. Il vint avec moi jusqu’en face de la rue Saint-Nicaise, où il reçut encore une blessure à la cuisse. Nous le portâmes au coin du guichet des Tuileries, au bureau des voitures publiques. C’est là que je trouvais deux jeunes gens de l’Ecole polytechnique à qui je demandai qu’ils voulussent faire former deux détachements pour nous emparer des portes d’allée tandis que ceux qui se trouvaient au coin des rues et places feraient un feu nourri ce qui nous donnerait l’avantage de marcher sous les maisons ne nous secondant à droite et à gauche, ce qui forcerait les gardes royaux à se découvrir de tout leurs corps pour nous atteindre. Il fut impossible de réunir assez de monde pour cette marche et je tirai encore au coin de la rue Saint-Nicaise près du marchand de vin, où je brûlai quelques cartouches car nous pénétrâmes de toute part dans les maisons. Je pénétrai dans la première allée après le marchand de vin, entre le coutelier et la mercière, où je rentrai dans une allée longue et noire et dont l’escalier est à droite. Je montai au premier, au-dessus de l’entresol, où je trouvai trois gardes royaux, qui m’appelèrent leur ami. Sur quoi, je les traitai de lâches lorsqu’un bourgeois se présenta, me pria de bien vouloir les sauver. Je me déshabillai et donnai mon habit au plus grand et mon chapeau et ma cravate à l’autre et mon gilet au troisième. Pendant ce temps-là, le bourgeois rentra dans un cabinet où il prit dans un … ou un bureau deux canifs qui nous servirent pour raser leurs moustaches. De là, je pris le bonnet de …, que je possède encore, je descendis avec le plus grand, à qui je donnai le bras pour le faire sortir de là, en le faisant jurer contre la garde royale. De là, je sortis par le quai du Louvre et je quittai mon soldat en lui donnant mon adresse pour trouver un asile car il se disait de loin. Comme j’arrivais à la pompe près le Louvre, je rencontrai Ardoil avec la pièce qu’il conduisait aux Tuileries.. Je me trouvais avec le détachement. Nous passâmes par les guichets, l’arc de triomphe et de là nous plaçâmes la pièce sur la terrasse de manière à tirer sur l’avenue près le pont Louis-XVI. Sur les 7 ou 8 heures, M. Ledée, élève de l’Ecole polytechnique, nous demanda des hommes de bonne volonté pour faire une reconnaissance dans les Champs-Elysées car l’on nous avait prévenus que six cents hommes et deux pièces de canon étaient rassemblés au pont de Neuilly pour revenir sur le château. Là-dessus, nous partîmes à douze, commandés par un sapeur-pompier de la caserne de la rue de la Paix. Nous montâmes jusqu’à la barrière de l’Etoile, où nous trouvâmes tout tranquille. Nous rentrâmes au poste, où nous trouvâmes du pain et du vin que M. Ledée avait fournis de son argent. Je repartis en patrouille à 11 heures pour la Bourse, où nous allâmes demander une pièce de plus en cas d’attaque au point du jour sur laquelle après avoir prévenu le général de service de la connaissance que nous avions à la garde des six cents hommes, il nous dit qu’il ne pouvait pas se dessaisir de ses deux pièces et qu’en cas d’attaque, nous pouvons tirer le premier coup de canon et nous reployer tous les postes ensemble pour donner le temps aux forces d’arriver pour nous soutenir. Tout resta tranquille le reste de la nuit. De près de cent que nous nous trouvions le soir, la peur d’une attaque en avait fait déserter plus de la moitié. Le matin, sur les 8 heures, nous partîmes au Louvre avec la pièce de canon et nous fîmes le service des portes jusqu’au soir à 5 heures. De là, nous laissâmes le Louvre pour conduire la pièce à l’Hôtel de ville, en montant sur les trottoirs pour pouvoir passer la pièce. Près de la fontaine de la place de l’Ecole un imprudent, profitant que nous nous trouvions arrêtés pour lever le couvercle du coffre pour voir ce qu’il renfermait, ayant un cigare à la bouche, nous descendîmes le Pont-Neuf, le quai des Orfèvres, la place du Palais-de-Justice, le pont au Change et les quais jusqu’à la Grève, où je faillis avoir la cuisse cassée à l’encoignure du marchand de vins car nous étions obligés de retenir le derrière de la pièce rapport aux barricades. Comme je tenais les gouvions sur les plans de derrière pour apaiser les contrecoups, je me trouvai la cuisse entre la roue, les gouvions et la borne et le gouvion cassa. Par bonheur je fus quitte pour mon pantalon de déchiré et la cuisse écorchée. Quand nous fûmes en face la Ville, il descendit un capitaine d’artillerie qui fit vider la caisse, où l’on trouva des boulets de douze, de huit, de quatre et des mèches carrées d’un pouce. Pendant ce temps, on fit décharger la pièce et l’on brûla l’amorce, ce qui fit éloigner la population et un homme eut la figure et les mains brûlées. Je tenais pendant ce temps le chapeau du capitaine. Lorsque tout fut fini, on nous descendit de la Ville un grand plat de porcelaine de viande et deux pains pour nous faire manger. Je passai le reste de la nuit et le lendemain je vins demander un poste au capitaine Tournis qui m’envoya avec neuf hommes à la barrière Saint-Jacques, où je restai trois jours et où je surpris comme caporal de patrouille plusieurs postes dans lesquels je ne signai sur le seul rapport. Voilà ce qu’il se passa pendant les trois jours que je me trouvai de garde à la barrière Saint-Jacques. Le dimanche l’on nous prévint que nous devions nous trouver attaqués. Je fis moi et Alaison, sergent, qui me prêta la main, quatre-vingt-douze cartouches. Le soir, un commis se trouvait assis à la grille, il reçut un coup de … dans la joue et sur les 11 heures un soldat de la garde vint nous demander assistance nous le fîmes rentrer dans le poste et tous les hommes rentrèrent pour écouter ce qu’il nous disait et comme notre …. se trouvait sur le boulevard, il ne put voir une patrouille qui venait de la Glacière et le caporal rentra dans notre poste en prononçant des injures contre la chaise de poste. Je lui dis que je voulais lui rendre la pareille et je le prévins de l’heure ou je le surprendrai son poste de 12 à 1 heure. Ce que je fis. A minuit, je partis avec quatre hommes à qui je recommandai le silence. Lorsque je fus … au poste de la Santé, je m’arrêtai sur le boulevard pendant près de dix minutes et de là je fis filer mon monde le long du mur de ronde et je rentrai dans le corps de garde avec tous mes hommes et je priai le caporal de me demander le mot d’ordre que je lui donnai. De trois jours avant ce qu’il accepta comme après quoi je portai cette double faute sur la feuille de rapport et je prolongeai ma patrouille sur la Glacière et par le grand Montrouge, la barrière du Maine, et celle du Montparnasse. Voilà ce que j’ai fait pour ma part. C’est le dimanche que l’on me prévint du décès d’un de mes enfants et je suis resté jusqu’à lundi soir où sur les dix que nous étions nous restions plus que quatre. » Suivait une note oubliée : « Dans la journée du 28 a à la sortie du pont d’Austerlitz, je rencontrai près la rue de Scipion deux hommes qui roulaient un baril de poudre. Je leur demandai ce qu’ils voulaient en faire. Ils me répondirent de quoi je me mêlai. Lorsque je leur conseillai de le rendre dans le premier corps de garde, ce qui me valut des injures à lesquelles je répondis de même. Lorsque nous arrivâmes dans le cloître Saint-Marcel, nous rencontrâmes un monsieur Husil à qui les deux frères Boulanger prêtèrent la main pour me désarmer. Je me défendis lorsque le sieur Husil revint sur moi, je le maintins en joue pour l’empêcher d’avancer lorsque l’un des Boulanger vint derrière moi et saisit la crosse de l’arme et des deux autres sautèrent sur moi et me désarmèrent. Je pleurai de rage et les traitai de lâches de désarmer un Français qui sortait de combattre tandis que se promenait là le …Husil me demandant si j’aurais tué sur lui je répondis que oui là Debuc il me dit qu’il est content de moi. Il m’en donne la preuve et me remit mon arme et je repartis faute d’avoir trouvé quelqu’un chez nous. » Mieux rédigé, on trouve dans son dossier un autre rapport reprenant les mêmes faits auxquels Leuillier avait participé et ainsi rédigé : « Le 27, quitta son travail à 3 heures après-midi pour se joindre aux rassemblements de la rue Saint-Honoré, passa la nuit transportant un cadavre dans divers quartiers, brisant les lanternes et défonçant les portes pour avoir des armes. Le 28 matin, organisa des ouvriers pour la défense, avec menace à ceux qui ne se joindraient pas, fut de ceux qui mirent bas les insignes de la royauté, à la Grève coopéra au désarmement du poste. A l’arrivée du premier détachement du 2e de la garde, prit l’officier au col ; mais le peuple ayant fait feu, il fut obligé de lâcher et se jetait à terre pour éviter le feu de la garde ; au même instant s’élança sur un soldat blessé et lui prit son fusil ; le transporta avec d’autres à l’hôpital, en défendant sa vie tandis qu’on voulait le tuer. Alla seul sommer le poste de la place Maubert de se rendre et retourna ensuite à la tête d’un groupe pour opérer ce désarmement, prit part à plusieurs actions et arriva à la poudrière où il s’empara d’une voiture pour aider le transport, se chargea de poudre et de petites pierres pour servir de balles et combattit sur le pont d’Austerlitz. Pendant la nuit du 28 au 29, fit plusieurs patrouilles ; le 29, au désarmement de l’Ave Maria, a empêché le pillage, a fait une collecte pour un sergent blessé, qu’il fit transporter à l’Hôtel-Dieu, elle monta à soixante-dix francs. De là, à Babylone et aussitôt la prise alla combattre dans les rues Saint-Honoré et de Rohan, entra le premier dans une maison où étaient refugiés des gardes royaux ; après les avoir fait prisonniers, se dépouilla de ses habits pour les revêtir afin de leur sauver la vie ; il leur coupa les moustaches avec un canif et les conduisit jusqu’à ce qu’ils furent en sûreté. Fit partie du poste des Tuileries et commanda la patrouille aux Champs-Elysées jusqu’à la barrière de l’Etoile pour aller reconnaître si en effet la garde royale et les cuirassiers étaient au pont de Neuilly. Resta de poste en cet endroit jusqu’au matin 30, ensuite fit partie de ceux qui conduisirent la pièce d’artillerie à la Grève, où il est demeuré de service jusqu’au 31 qu’il monta la garde à la barrière Saint-Jacques où il demeura jusqu’au lundi, faisant des patrouilles et se distingua dans son service. Ce brave n’a pas abandonné son poste quoique le dimanche on fût lui annoncer la mort d’un de ses enfants. Il est père de famille, ayant en outre à sa charge une mère âgée et infirme. » Il reçut un secours de seize vingt, le 9 février 1831, un secours de vingt francs, le 16 février 1831, un secours de trente francs, le 23 février 1831, un secours de vingt-cinq francs, le 4 mars 1831, un secours de vingt francs, le 9 mars 1831, un secours de vingt francs, le 16 mars 1831, un secours de trente francs, le 23 mars 1831, un secours de vingt francs, le 30 mars 1831, un secours de trente francs, le 13 avril 1831, un secours de vingt francs, le 27 avril 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il reçut (sous le nom de Leuiller, Antoine, Pierre) un total de quatre cent soixante-quinze francs de secours auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il est répertorié (sous le numéro 1269) dans la liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur posées auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, après la révolution. Il fit partie avec Delestre (président du jury), Condé Louis-Philippe Antoine, Chanonat Pierre Adolphe, Dufresne Olivier Claude, Grün Sébastien Jacques, Herfort François Joseph, Laugier Adolphe, Maës Nicolas Joseph, Mercier Célestin Joseph Valentin, Paris Théodore Marie Augustin, Parquet Charles Egalité, Prévost Henry François, Vayron François Benjamin, Vitry Pierre Hippolyte, Vitte Joseph Marie, des seize membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) XIIe. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement. Le jury de la Commission des récompenses nationales, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 15 décembre 1830, à sept voix pour la croix, aucune voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il comparut, le 17 août 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, pour attester que Herochamp, Pierre, Joseph, le 29 juillet 1830 « combattant au Louvre contre les Suisses, a été en leur présence blessé à la main gauche d’un coup de baïonnette et qu’il a reçu plusieurs coups de crosse dans les reins ; qu’il a été transporté à l’Hôtel-Dieu le même jour ; que depuis s’étant ressenti de ses blessure il est entré le 18 février dernier à l’hospice de la Pitié, où il est décédé le 30 mars suivant des suites de ses blessures ». Dans sa séance du 20 janvier 1844, la Commission de répartition des secours décida le rejet de sa demande de renouvellement du secours qu’il recevait en tant que prisonnier politique condamné sous la Restauration. Il reçut un secours de quarante francs en 1849, un secours de cinquante francs en 1851 et en 1852, à titre de décoré de la Croix de Juillet. Il demeurait 3, rue des Trois-Couronnes-Saint-Marcel en 1830-1831 (sur les listes – peu fiables – de la mairie in Archives de Paris VD6 3, mais aussi in Archives nationales F/1dIII/39, in Archives nationales F/1dIII/37 et in Archives de Paris, VD6 672 n° 1 et in Archives nationales F/15/2557-2559) 240, rue Mouffetard en 1831 ; 2, rue d’Austerlitz, au 80, chemin de ronde de la barrière d’Ivry, en 1850-1852. Le Constitutionnel, 18 août 1830 ; Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusqu’au 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 170-171 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 355 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD3 8, révolution de 1830, lettres de polytechniciens, rapports divers, etc. ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (cité trois fois dont la deuxième sous le numéro 122 et le seul nom de Leuiller, la troisième sous le numéro 1269 et le nom de Leuillier, Antoine, Pierre) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 ; Archives de Paris VD6 682 n° 3, liste des demandes concernant le ministère de l’Intérieur ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK33 Commission des récompenses nationales, (ancien) XIIe arrondissement, propositions honorifiques du 20 janvier 1831, idem Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 15 décembre 1830, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem un feuillet intitulé Individus qui se sont présentés sans dossier ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux combattants blessés et non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/58 in dossier Herochamp, Pierre, Joseph ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 366, Condamnés politiques sous la Restauration, Commission de répartition des secours, séance du 20 janvier 1844 ; Archives de la préfecture de police AA 366, Condamnés politiques sous la Restauration, Commission de répartition des secours, séance du 20 janvier 1844 ; Archives de la préfecture de police AA 369, décorés de juillet 1830 et blessés de juin 1848, Etat de secours accordés de 1849 à 1853, idem Etat nominatif de décorés, médaillés, blessés ou combattants de juillet 1830 et veuves de décorés qui ont formé des demandes de secours et sur lesquels il y a lieu de prendre des renseignements, courrier en date du 6 décembre 1850, minute 142-147, idem Courrier au ministre de l’Intérieur, en date du 28 janvier 1851, sur une proposition d’accorder à 28 décorés, 119 médaillés, 20 veuves de décorés ou de blessés, 16 blessés de Juillet 1830, 4 femmes de médaillés, 1 orphelin et 1 mère de médaillé décédé, des secours s’élevant ensemble à la somme de 10.875 francs, minutes 159-163 (sous le seul nom de Leuillier), idem Proposition d’accorder à 143 décorés, veuves et blessés de Juillet 1830, des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 233-237, en date du 9 août 1852 (sous le nom de Leuillier, Antoine, Pierre).