Leullier, Armand

Biographie


Né le 8 mai 1796 à Paris. Maire de la ville de Montrouge. Le Figaro, en date du 1er août 1830, et tout de connivence (voir Roqueplan) relatait ainsi sa participation aux journées de Juillet était relatée ainsi par les journaux de l’époque « Hier matin l’honorable maire de Montrouge, M. Armand Leuillier, en tête de la garde nationale de sa commune, et M. Nestor Roqueplan, gérant du Figaro, ont conduit au quartier général de l’Hôtel de ville le 50e de ligne qui s’était rendu hier soir. Les soldats de ce régiment sont entrés avec leurs armes et ont traversé Paris aux cris de Vive la charte ! Vive la liberté ! la population parisienne a répondu à ces acclamations par celles de Vive la ligne ! Vive le 50e ! L’émotion de ces soldats est difficile à décrire ; la plupart sont des enfants de Paris. L’un d’eux avait été appelé d’une fenêtre par sa sœur qui l’avait reconnu au milieu des bataillons qui chargeaient dans la rue Saint-Antoine ; il avait vu la maison de son père horriblement criblée de balles et de boulets ! Un autre, ancien ouvrier du port, a déchargé ce matin son fusil ; sa première cartouche y était encore. Tous déploraient l’infâme attentat auquel Charles X avait voulu les associer. Ces braves soldats ont fraternisé avec la garde nationale de Montrouge qui, depuis trois jours, se rafraîchit avec le vin des jésuites. » Et aussi le jour suivant : « M. Leuillier, maire de Montrouge, a saisi dix-huit pièces de vin dans les caves des jésuites. Il les a fait distribuer au peuple. » Le Figaro, en date du 2 août 1830, rapportait sur l’envahissement du séminaire de Montrouge : « M. Leuillier, maire de Montrouge, a saisi dix-huit pièces de vin dans les caves des jésuites. Il les a fait distribuer au peuple. » Un rapport de la mairie relatait ainsi sa participation aux combats : « Copropriétaire du journal le Figaro, il était à Paris le 27. Le 28 au soir, averti qu’un régiment suisse devait marcher sur Paris, il s’arma et fit armer les habitants de sa commune pour opposer la résistance. Il fit, à leur tête, la visite des postes des barrières. Le 29, il envoya un détachement au secours de Paris. A la réception d’un journal qui lui parvint, sans savoir d’où il venait, il proclama le gouvernement provisoire tant à la mairie que dans les autres endroits de la commune. Le 30, le duc d’Orléans (alors duc de Chartres) arriva chez lui, où il demeura pendant huit heures. Il maintint le peuple qui voulait partie le porter en triomphe et partie l’assaillir, prétendant qu’il venait à la tête de son régiment pour saccager Paris. Il fit distribuer des vivres à deux cent cinquante hommes du 50e régiment qui se dirigeaient sur Paris, sans ordre. En costume de maire, écharpe tricolore, il se mit à leur tête et les conduisit à l’hôtel de ville avec M. Mercier. » Alexandre Dumas fut un des tout premiers combattants de la révolution de Juillet. Il en laissa un récit impartial et bien renseigné. Nous empruntons à ses Mémoires, son témoignage concernant Leullier : « Tandis que le père préparait ainsi sa royauté, le fils courait danger de mort. Voici ce qui arrivait : Bohain (voir Bohain, Alexandre, Victor) et Nestor Roqueplan (voir Roqueplan, Louis, Victor) attendaient Etienne Arago à déjeuner chez Gobillard, place de la Bourse. En se rendant du National au café, Arago rencontra le domestique de Bohain qui cherchait son maître. – Ah ! monsieur, dit le brave garçon en apercevant Etienne, savez-vous où est monsieur ? – Il doit être chez Gobillard, répondit Etienne ; que lui veux-tu ? – Je veux le prévenir, de la part de M. Lhuillier, son beau-frère, que le duc de Chartres est arrêté à Montrouge 1. – Qui l’a fait arrêter ? – Mais M. Lhuillier... Il est maire du village. Il désire savoir ce qu’il doit faire du prince. – Hein ? dit un homme assis sur le trottoir avec un fusil entre les jambes, et mangeant un morceau de pain ; ce qu’il doit en faire ? Nous allons aller le lui dire !... Puis, se levant : – Hé ! les amis ! cria-t-il tout haut, le duc de Chartres est arrêté à Montrouge. Que ceux qui veulent manger du prince viennent avec moi ! – Que dites-vous là, mon brave ? s’écria Etienne en posant la main sur l’épaule de cet homme. – Je dis qu’ils ont tué mon frère, et que je vais tuer le duc de Chartres aujourd’hui ! Il n’y avait pas de temps à perdre. Etienne s’élance dans le café. – Pardieu ! dit-il à Bohain, votre domestique vient de faire un beau coup ! – Qu’a-t-il donc fait ? – Il vient de répandre la nouvelle que le duc de Chartres était prisonnier de votre beau-frère, et voilà une vingtaine de gaillards qui se mettent en chemin pour l’égorger. – Diable ! firent ensemble Nestor et Bohain, ça ne peut pas aller comme cela. – Que faire ? – Charge-toi de les conduire, dit Nestor, mets-moi à leur tête ; retiens-les le plus longtemps possible ; et l’un de nous ira prévenir le général La Fayette du danger que court le prince... On expédiera un homme à cheval à M. Lhuillier, et le duc de Chartres sera remis en liberté avant que toi et tes hommes soyez arrivés à Montrouge. – Bien ! dit Etienne, mais ne perdez pas de temps ! Puis, s’élançant à la tête d’un groupe d’une trentaine d’hommes : – A Montrouge ! cria Etienne Arago ; mes amis, à Montrouge ! Chacun répéta : “A Montrouge” et l’on partit pour la carrière du Maine, tandis que Nestor Roqueplan – autant que je puis me le rappeler, c’était Nestor – courait à la place de Grève. Le Vaudeville se trouvait sur la route de la barrière du Maine : on traversa le jardin du Palais-Royal, puis la place, puis on enfila la rue de Chartres. Un machiniste était sur la porte du théâtre. Arago lui fit signe de l’œil de s’approcher de lui, le machiniste comprit le signe, et s’approcha. Arago eut l’air de recevoir de lui une confidence. – Bon ! mes amis, dit-il, en voici bien d’une autre ! Vous ne savez pas ce que l’on m’annonce ? C’est qu’il y a une conspiration de royalistes pour venir mettre le feu au Vaudeville, attendu que c’est du Vaudeville, comme vous ne l’ignorez pas, qu’est partie l’insurrection... Commençons d’abord par visiter le théâtre, n’est-ce pas ? Il n’y eut pas d’objection contre la visite. D’ailleurs, beaucoup de ces braves gens n’étaient pas fâchés de voir un théâtre de près ; celui qui avait provoqué le voyage de Montrouge, et qui était un tonnelier du quartier du Roule, voulut bien faire quelques objections, mais il ne fut pas écouté. On s’arrêta donc au Vaudeville. Arago, une lanterne à la main, conduisit ses hommes du second dessous aux galeries ; il ne leur fit pas grâce d’un portant, d’un trappillon, d’un châssis. On perdit une bonne heure à cette visite. Puis on se remit en route pour la barrière du Maine. Pendant ce temps, le général La Fayette était prévenu, et envoyait à Montrouge M. Comte (Comte, Auguste ?), l’un des plus brillants élèves de l’Ecole polytechnique qui, depuis, a fait un excellent ouvrage sur la philosophie positive. M. Comte était porteur d’une lettre conçue en ces termes : “Dans un pays libre, laissez circuler chacun librement ; que M. le duc de Chartres s’en retourne à Joigny, et, à la tête de ses hussards, attende les ordres du gouvernement. La Fayette Hôtel de ville, le 30 juillet 1830” Lorsque j’appris le danger que courait le duc de Chartres, je voulais rentrer chez moi, faire seller mon cheval et courir à Montrouge ; mais on me fit observer qu’avant que je fusse à la rue de l’Université M. Comte serait à Montrouge, et que mieux valait attendre les nouvelles à l’hôtel de ville. J’attendis donc. Les heures me parurent longues, je l’avoue, de huit heures du matin à deux heures de l’après-midi. A deux heures, Etienne rentra couvert de sueur et de poussière. Le duc de Chartres était sauvé. En effet, grâce au retard du Vaudeville et à un second incident que nous allons rapporter tout à l’heure, le messager était arrivé à temps. Le duc de Chartres avait avec lui le général Baudrand et M. de Boismilon. M. Lhuillier fit remonter dans la voiture du prince l’aide de camp et le secrétaire, les invita à partir et à attendre le duc de Chartres à la Croix-de Berny. Lui se chargeait de conduire le prince sain et sauf au même endroit. En effet, tandis qu’en calèche le général Baudrand et M. de Boismilon sortaient par la grande porte, et prenaient la grande route, M. le duc de Chartres montait en cabriolet avec M. Lhuillier, sortait par une porte de derrière, et, par une route de traverse, regagnait le chemin de Joigny, à un quart de lieue au-dessous de l’endroit où M. Baudrand et M. de Boismilon attendaient le prince. Une circonstance particulière avait encore servi cette fuite et la bonne volonté d’Arago. En arrivant à la barrière du Maine, les hommes avaient été arrêtés ; il y avait défense de laisser sortir de Paris aucune troupe armée. Le premier mouvement fut de forcer l’obstacle ; puis l’on consentit à parlementer avec le poste du corps de garde ; puis, enfin, on fraternisa. Une partie des hommes entra dans le corps de garde même ; l’autre s’assit dans ces fossés creusés entre les arbres pour recevoir les eaux de pluie. Arago fit venir du pain et quelques bouteilles de vin, et se chargea d’aller aux nouvelles. Une heure après, il était à Montrouge. M. le duc de Chartres venait d’en partir. Arago prit une copie de la lettre du général La Fayette, afin de justifier de la relaxation du prince, et rapporta cette copie à ses hommes. La nouvelle fut mal reçue par eux. Etienne ne parvint à les calmer qu’en leur promettant qu’il allait les ramener à l’hôtel de ville, et leur faire donner de la poudre à cœur joie. […] Le matin avait paru, dans le National, un article sur l’arrestation du duc de Chartres à Montrouge.

Dans cet article, tout avait changé d’aspect.

Le duc de Chartres venait à Paris pour mettre son sabre à la disposition du gouvernement provisoire. M. Lhuillier lui avait offert l’hospitalité. Le duc de Chartres avait quitté Montrouge dans l’enthousiasme des événements qui se passaient à Paris et avait promis de revenir avec son régiment. Quelques jours après, grâce à cet article, M. Lhuillier fut décoré. L’article était du fait de M. Thiers. » Alexandre Dumas rapporte aussi ce qu’il arriva les jours suivants du duc de Chartres, retourné à Joigny et qui ne put participer à la réception de son père par l’hôtel de ville pour tenter d’y être reconnu comme le nouveau roi : « Le duc de Chartres manquait seul à la réunion.

On l’avait renvoyé à Joigny, comme on sait.

Sur la route de Joigny, sa voiture avait croisé une autre voiture.

Cette seconde voiture était celle de madame la duchesse d’Angoulême, revenant des eaux, où elle avait été prévenue par le télégraphe que des troubles graves agitaient Paris.

Les deux voitures s’arrêtèrent. Le prince et la princesse s’étaient reconnus.

– Quelles nouvelles, monsieur de Chartres ? demanda la duchesse d’Angoulême.

– Mauvaises ! madame, mauvaises ! répondit le prince ; le Louvre est pris !

Oui les nouvelles étaient mauvaises ; mauvaises pour vous, pour vos frères, pour votre père ; mauvaises pour toute la famille ! » Dumas, toujours dans ses Mémoires, rapporta comment Thiers réussit à trafiquer la vérité : « Le matin avait paru, dans le National, un article sur l’arrestation du duc de Chartres à Montrouge.

Dans cet article, tout avait changé d’aspect.

Le duc de Chartres venait à Paris pour mettre son sabre à la disposition du gouvernement provisoire !

M. Lhuillier lui avait offert l’hospitalité. Le duc de Chartres avait quitté Montrouge dans l’enthousiasme des événements qui se passaient à Paris et avait promis de revenir avec son régiment.

Quelques jours après, grâce à cet article, M. Lhuillier fut décoré. L’article était du fait de M. Thiers. » Quelques jours plus tard, le duc de Chartres regagna Paris, à la tête de son régiment, et vint retrouver ses parents au Palais-Royal. Le Figaro, le journal de Bohain, en date du 14 août 1830, fit un éloge appuyé, presque indécent du duc de Chartres, en faisant connaître à ses lecteurs que ce duc avait été nommé gouverneur de l’Ecole polytechnique. Le 8 novembre 1830, il adressait la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « J’ai l’honneur de vous prier de m’inscrire au nombre des personnes qui se prétendent des droits aux récompenses nationales. Je n’ai fait que remplir des droits de citoyens mais puisque la nation décerne une récompense à ceux que les circonstances ont mis à même de mettre plus en évidence leur zèle et leur dévouement, je ne me crois pas indigne d’être rangé dans le nombre et je tiens à honneur de porter la décoration qui sera accordée en mémoire des services rendus dans les grandes époques de Juillet. C’est la seule demande que j’adresse à la Commission et voici les titres sur laquelle je la fonde. L’armement immédiat de la garde nationale de la commune dans la journée du 28 et le commandement pris par moi des premiers détachements armés ; la proclamation solennelle du gouvernement provisoire le jeudi 29 à 3 heures sur tous les points de la commune, sous la bannière tricolore, la première nouvelle m’en étant à peine arrivée de Paris. L’honneur d’avoir reçu chez moi dans la journée du 30 S.A.R. le duc d’Orléans, circonstance dont je garde un précieux souvenir, le prince ayant bien voulu me témoigner qu’il était sensible au dévouement que je lui avais montré. La conduite devant le général Lafayette, le 31 juillet, d’une partie du 50e de ligne, qui le 30 au soir était venu déposer ses armes entre mes mains et celle, devant le général Fabvier, d’un détachement de hussards de l’ex-garde qui s’était rendu également à moi. Ces corps, à la tête desquels j’entrai dans Paris, revêtu, le premier peut-être des fonctionnaires municipaux (c’était le 31 juillet à 6 heures du matin) de l’écharpe tricolore, reçurent dans la commune l’accueil le plus cordial et le plus propre à affermir le bon esprit qui les ramenait à la cause nationale. Tous mes efforts, enfin, pour maintenir le bon ordre au milieu de si grands événements, alors que chaque magistrat municipal était livré à ses seules inspirations pour des mesures à prendre ; efforts couronnés de succès. J’ajouterai qu’indépendamment des preuves actives que j’ai pu donner de mon zèle, l’influence politique que j’avais et que j’ai encore comme copropriétaire de plusieurs journaux na pas été inutile à la cause nationale. » Sa lettre était apostillée ainsi par Lafayette : « Le commandant des gardes nationales du royaume certifie que M. Leullier, maire de Montrouge, a amené le 31 à l’Hôtel de ville une partie du 50e de ligne qui avait déposé les armes entre ses mains et il se plaît à déposer du zèle patriotique déployé par ce magistrat. » Et aussi par le général Fabvier : « J’atteste que M. Leullier, maire de Montrouge, a conduit le 3 août, à l’état-major au Carrousel un détachement de hussards de l’ex-garde, qui avait fait sa soumission entre ses mains. M. Leullier s’est conduit en cette circonstance en bon et zélé citoyen. » On peut lire dans le manuscrit de Victor Crochon le passage suivant le concernant : « [Samedi 31 juillet] Dès le matin, les citoyens réunis à l’Hôtel de ville ou sur la place de Grève purent se convaincre que les troupes de ligne qui, entourées de régiments de la garde, avaient été obligées de suivre le mouvement de retraite du maréchal Marmont, sympathisaient avec le peuple et saisissaient toutes les occasions d’abandonner à elle-même une dynastie pour laquelle ils avaient combattu pendant deux jours avec tant de répugnance. A son arrivée à Saint-Cloud, le 50e avait été détaché à la Ville-d’Avray. Le colonel, M. de Maussion, voyant son régiment dans une désorganisation complète, se décida, le lendemain au soir, à retourner à Saint-Cloud pour remettre le drapeau au roi : il fut accompagné par quelques volontaires et plusieurs sous-officiers. Un détachement de gardes du corps s’apercevant que le gros du régiment ne suivait pas son colonel, veut faire preuve de zèle, le charge et somme le capitaine Vieillecazes de rendre ses armes ; mais ce brave, se plaçant contre un mur, tire son sabre, et leur crie, en les provoquant Venez le prendre si vous l’osez. Le général Vincent, ayant paru au même instant, ordonne aux gardes du corps de s’éloigner. Leur conduite avait exaspéré au dernier point les sous-officiers et soldats du 50e qui attendait avec impatience le moment de se ranger sous les couleurs nationales. L’adjudant Choisy (voir Choisy, François ), Les sergents Binet (voir Binet, Augustin), Guarry (voir sans doute Guari, Jean), Garcin (voir Garcin, Joseph) et Liévin, le fourrier Guichard (voir Guichard, Dominique) se décident à retourner à Paris : ils réunissent deux cent cinquante soldats environ qui applaudissent avec enthousiasme à leur résolution. MM. Dubrat (voir Dubrat, Claude, Louis), capitaine depuis le 4 février 1814, Coulon (voir ce nom) lieutenant de grenadiers d’Anterroches et Desplas (voir Desplas, Joseph, Sébastien) sous-lieutenant se trouvant un peu de distance ces braves sous-officiers leur proposent de se mettre à leur tête : ils acceptent cette offre patriotique avec le plus vif empressement. Le capitaine Dubrat prend le commandement et se met aussitôt en marche pour Montrouge, où il arrive à 10 heures du soir. Les habitants les accueillent en frères et, le lendemain matin, samedi, le maire de cette commune, M. Armand Leullier (voir Leullier, Armand), harangue cette petite troupe et l’accompagne avec un peloton de gardes nationaux jusqu’à la place de Grève. Il était de 7 à 8 heures du matin. On peut se figurer la joie qu’excita la présence de ces officiers et soldats car c’étaient les premiers qui, de leur propre volonté, venaient se placer sous le drapeau tricolore. Le capitaine Dubrat et ses frères d’armes furent présentés au général Lafayette qui les embrassa et leur dit : “Allez fraterniser avec un général qui a versé plus d’une fois son sang pour la patrie.” » Il était porteur du certificat suivant : « Nous, soussignés, certifions que M. Leullier, maire de la commune de Montrouge, a, dans la matinée du 29 juillet, organisé, pour le diriger sur Paris, un détachement armé commandé par M. Pertinand ; que dans l’après-midi, vers les 3 heures, M. le maire a proclamé le gouvernement provisoire, de la manière la plus solennelle et sous la bannière tricolore (faute d’un drapeau, c’était un habit de Suisse porté au bout d’un fusil qui le représentait). M. le maire a commencé sa proclamation devant la porte de sa maison, où un poste était établi ; il s’est rendu ensuite, tambour battant et à la tête d’un détachement armé au petit Montrouge, la barrière d’Enfer et à la chaussée du Maine, où il a répété ses proclamations avec les mêmes solennités. » Signé à Montrouge, le 9 mars 1831 : Juibault (la première lettre n’est pas sûre), P., sergent de la garde nationale ; Raymond, lieutenant de la garde nationale ; Blain, garde national. Le deuxième, ainsi rédigé : « Je, soussigné, demeurant dans la même maison que M. Pertinaud, certifie avoir vu M. Leullier, maire de Montrouge, remettre son épée de maire à M. Pertinaud lors du commandement que ce dernier a pris le 29 juillet dans la matinée du détachement armé des habitants de la commune qu’il dirigeait sur Paris. » Signé le 9 mars 1831 : Juibault (la première lettre n’est pas sûre), P., sergent de la garde nationale. Il fit partie avec Bixio Giacomo Alexandro, Gautier Etienne Guillaume, Vincent, Labillois Charme Jean-Baptiste, Crépin Romain Antoine François, Moreau (demeurant à Vanves, mais lequel il y en a deux… à retrouver…), de Château Giron René Charles Hyppolyte, Lejemptel Guillaume Louis, Dumas, Alexandre (voir ces noms), des dix membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Le registre des délibérations du jury de la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement, en date du 24 février 1831, ne contient pas de faits nouveaux autres que ceux déjà relatés dans le rapport de la mairie. Le jury de la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIe arrondissement, chargé d’examiner les droits de chacun à une récompense, se prononça, dans sa séance du 24 février 1831, à neuf voix pour la croix, aucune voix pour la médaille et aucune voix pour une mention. Son nom apparaît à la fois dans la liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement, dans la liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux, et dans celle des médaillés de l’arrondissement de Sceaux ; officiellement il n’est pourtant compris que dans les listes des médaillés auprès de l’arrondissement de Sceaux. Dans sa séance du 13 avril 1831, le comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas, demandait que seul son passage devant le jury de la banlieue fût validé. Sa médaille lui fut remise le 11 juillet 1831. Il demeurait à Montrouge (mais rue du Bac à Paris in Archives de Paris VK3 37) en 1830-1831. Le Figaro, 1er août 1830 ; Le Figaro, 2 août 1830 ; Le Figaro, 14 août 1830 ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, Paris, imprimerie et fonderie de Fain, 1830, p. 163 ; Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, nom des personnes qui se sont particulièrement distinguées p. 163 (sous le nom de Leuillier, Armand), 274, 373-374 ; Souvenir glorieux du Parisien, précis historique des journées des 26, 27, 28, 29, 30 et 31 juillet 1830, par P. G. Prosper L***, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, chez l’auteur, place Saint-André-des-Arts, n° 26 et chez les principaux libraires, p. 94-95, 109 (sous le nom de Leuillier, Armand) ; Evénements de Paris des 26, 27, 28 et 29 juillet 1830, par plusieurs témoins oculaires, Paris, imprimerie et fonderie de Fain, 1830 ; Mes Mémoires, Alexandre Dumas, tome VI, cinquième série, nouvelle édition, Paris, Lévy frères, 1867 ; Bibliothèque historique de la Ville de Paris, manuscrits, 8-ms-1025, ouvrage de Victor Crochon, f° 774-775 ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) XIIe arrondissement (liste établie avant la décision du comité des renseignements et non définitive), liste des décorés de la Croix de Juillet de l’arrondissement de Sceaux ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le nom de Leuillier, Armand) ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 (sous le nom de Leuillier, Armand) ; Archives de Paris VK3 29, séance du 13 avril 1831 ; Archives de Paris VK3 33 Commission des récompenses nationales, mairie du (ancien) XIIe arrondissement, le 23 février 1831 et le 24 février 1831, jury pour l’examen des demandes de récompenses honorifiques, idem états nominatifs et listes de noms soumis à la Commission des récompenses nationales (1830-1831) (XIIe arrondissement ancien), en date du 24 février 1831 ; Archives de Paris VK3 34, liste de 829 noms, accompagnés d’observations sur les exploits des impétrants (sous le nom de Leuillier, Armand) ; Archives de Paris VK3 37, dossier Médailles ; Archives de Paris VK3 47 (deux dossier : par erreur sous le nom de Lecellier et par erreur sous le nom de Leuillier) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys.

1.

Le duc de Chartres, qui regagnait Paris à la tête de son régiment, venait de faire allégeance à la famille royale. Le baron de Damas devait témoigner du fait suivant : « Le 1er août, nous fûmes heureusement surpris par l’arrivée de Mme la dauphine. Cette princesse, qui était à Vichy lorsque les ordonnances furent rendues, avait été insultée à son passage à Dijon et avait montré dans cette circonstance son courage habituel. A Joigny, elle avait rencontré le duc de Chartres à la tête le son régiment de hussards et ce prince l’avait assurée de son dévouement. » Mémoires du baron de Damas (1783-1862), tome IIe (1823-1862), Paris, Plon, 1922, p. 183.

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