Levaire, Denis, Joseph

Biographie


Né le 6 ventôse an ... (21 février 1801) à Coudun, arrondissement de Compiègne (Oise), fils de Levaire, Joseph, et de Bove, Euphrasie, son épouse. Domestique des gardes du roi en 1826, journalier puis blanchisseur de linge en juillet 1830, il était caporal à la 1re compagnie du bataillon de la garde nationale de Chaville et fit partie du détachement commandé par de Gournay d’Arnouville qui, le 31 juillet, se porta sur Versailles et en délogea les troupes royales encore nombreuses et qui se disposaient à y passer la nuit. Il fit aussi partie, le 3 août, du détachement du même bataillon, qui se dirigea avec les Parisiens sur Rambouillet. Comme à Versailles il avait réussi à s’emparer d’un cheval, il fut chargé d’escorter les canons. Peu après, il fit une violente chute de cheval. Il se plaignit longtemps de violentes douleurs au côté et mourut le 1er novembre (par exemple in Archives nationales F/1dIII/38 A et dans la comparution devant le juge de paix du canton de Sèvres) ou le 1er décembre 1830 à l’hôpital de Versailles d’un abcès phlegmoneux, dont le maire de Chaville disait être « attribué aux coups qu’il avait reçus en combattant dans les journées des 28 et 29 juillet à Paris et particulièrement à une violente chute de cheval dans l’expédition de Rambouillet ». L’hôpital de Versailles délivra, le 12 avril 1831, le certificat suivant qui constatait les blessures qu’il avait reçues et les circonstances de son décès : « […] Certifions que le nommé Levert, Denis, Joseph (sic), habitant de la commune de Chaville, est entré audit hospice le 30 octobre dernier, atteint d’une pleuropneumonie du côté gauche, accompagnée d’un vaste phlegmon qui occupait tout la partie latérale gauche du thorax, depuis l’aisselle jusqu’auprès de la hanche et qu’il a succombé le lendemain 1er novembre à cette maladie, qu’il attribuait aux coups nombreux qu’il avait reçus sur ce coté de la poitrine en combattant dans les mémorables journées des 28 et 29 juillet et particulièrement une violente chute de cheval dans l’expédition de Rambouillet. Que l’autopsie a justifié cette assertion, en faisant connaître que l’inflammation phlegmoneuse occupait tout le tissu cellulaire et les muscles depuis les attaches des grands et petits pectoraux à la clavicule du côté gauche jusqu’aux muscles grands et petits obliques du bas-ventre et postérieurement jusqu’au grand dentelé. Que le pus avait fusé jusque sur la plèvre costale, laquelle se trouvait décollée à la partie inférieure du thorax dans une grande étendue et dans les points où cette membrane se réfléchit sur la face supérieure du diaphragme. Elle était elle-même rouge épaissie et formait ainsi la paroi interne de ce vaste foyer de suppuration ; le poumon gauche était fortement enflammé et en grande partie hépatisé. » Le chirurgien Larrey (voir Larrey baron père, Jean, Dominique), le 2 octobre 1831, donna son opinion sur le certificat rédigé pour connaître les causes prédisposantes au décès de Levaire et déclarait « que l’abcès phlegmoneux qui s’est manifesté au côté gauche de la poitrine de ce citoyen me paraît être évidemment le résultat d’une cause mécanique telle qu’une chute ou des contusions violentes imprimées sur cette région et dont les effets se sont étendus vers la cavité thoracique et ont produit avec l’abcès traumatique, la pleurésie relatés dans le certificat du médecin de Versailles et successivement la mort du sujet ». Le médecin Bo..., donna par contre, en date du 4 octobre 1831, les conclusions suivantes : « Je pense qu’il n’y a aucun rapport entre la maladie qui a fait périr le nommé Levert, Denis, Joseph et les coups nombreux qu’il a déclaré avoir reçus sur le côté gauche de la poitrine, en combattant dans les trois journées de juillet 1830 et la chute de cheval qu’il a dit avoir faite dans l’expédition de Rambouillet. En effet, cette maladie qui a été caractérisée de pleuropneumonie du côté gauche compliquée d’un vaste phlegmon occupant le même côté du thorax, depuis l’aisselle jusqu’auprès de la hanche ne s’est manifestée que deux mois après la contusion de la poitrine et la chute de cheval, et sa marche a été si rapide que Levert, entré à l’hôpital de Versailles le 30 octobre, est mort le lendemain. Or il est prouvé par l’expérience que l’inflammation de la lèvre et du poumon qui accompagne quelquefois les fortes contusions de la poitrine se manifeste dans les premiers jours de l’accident ; qu’elle n’est jamais portée à un degré capable de faire périr le malade au bout de quelques jours ; que sa marche est presque toujours chronique et qu’elle n’est point accompagnée de l’inflammation phlegmoneuse intense de tout un côté de la poitrine. La maladie qui a fait périr Levert ne peut donc être regardée comme l’effet des contusions de la poitrine, venues deux mois avant la manifestation de cette maladie. » Le 1er juin 1831, devant le juge de paix du canton de Sèvres, comparurent : de Gournay d’Arnouville, Abel (voir ce nom), chevalier de la Légion d’honneur, capitaine de cavalerie en non-activité, chef de bataillon commandant la garde nationale de Chaville, demeurant 26, grand-rue à Chaville ; Fouilhoux, Michel, Henry (voir ce nom), fabricant de bijoux, demeurant 19, rue Neuve-Saint-Martin ; Quiquandon, Barthélemy (voir ce nom), ouvrier bijoutier, demeurant 14, rue Neuve-Saint-Martin ; Genty, Pierre, François (voir ce nom), maçon, demeurant maison Royer, grand-rue à Chaville. Ils attestèrent savoir que Levaire, Denis, Joseph, comme caporal de la 1re compagnie du bataillon de la garde nationale de Chaville, « a fait partie le 31 juillet 1830 du détachement commandé par le déclarant, qui s’est porté sur Versailles et en a délogé les troupes royales encore nombreuses qui se disposaient à y passer la nuit. Que le 3 août suivant Levaire a également fait partie du détachement du bataillon de la garde nationale à Chaville, qui s’est dirigé simultanément avec les braves Parisiens sur Rambouillet. Que ledit jour Levaire, s’étant emparé d’un cheval à Versailles, fut mis en réquisition pour escorter les canons ; que Levaire, ainsi séparé du bataillon de Chaville, fut perdu de vue par le déclarant et qu’une fois arrivé au camp sous Cognières, le bivouac du bataillon de Chaville se trouvant éloigné du parc d’artillerie, le déclarant n’a pus revu Levaire jusqu’au retour. Ajoutant ledit Gournay d’Arnouville que dès le soir du 3 août le bruit se répandit dans le bivouac à Cognières que Levaire avait éprouvé en route une violente chute de cheval ; que, depuis cette époque, le déclarant a souvent entendu Levaire se plaindre de grandes douleurs dans le côté gauche et qu’il attribuait ces douleurs à la chute de cheval du 3 août, mais que la force et le courage habituels de Levaire l’avaient empêché d’apporter à son mal l’attention nécessaire pour en atténuer les suites. Les sieurs Fouilhoux, Quiquandon et Genty ont déclaré ce qui suit : Dans la soirée du 3 août dernier, vers minuit, nous trouvant ensemble à un quart de lieue avant Trappes, très fatigués du chemin que nous avions fait à pied et nous reposant sur le bord de la route, nous vîmes tomber de cheval un individu habillé en bourgeois, dont nous nous approchâmes aussitôt et qui fut reconnu par le sieur Genty, l’un de nous, pour être le nommé Levaire, blanchisseur de linge à Chaville. Nous nous empressâmes autour de lui pour savoir s’il n’était point blessé de sa chute, et Levaire nous répondit qu’il éprouvait une douleur assez vive dans le côté gauche ; mais que cela ne serait rien et ne devait pas l’empêcher de poursuivre sa route. Nous l’aidâmes à remonter à cheval et le vîmes sur-le-champ retourner auprès d’une pièce de canon, qu’il nous dit être chargé d’escorter ». La Commission des récompenses nationales ne voulut pas reconnaître les causes de son décès comme relevant de cette chute de cheval et par conséquent de sa participation aux événements de juillet 1830. Elle ne fit donc droit à aucune pension. Sa veuve, Phylippe ou Philippe, Marie, Adélaïde, blanchisseuse, née le 12 thermidor an VII (30 juillet 1799) à Auteuil (Seine), ne fut pas pensionnée et reçut un total de quarante et un francs et soixante-cinq centimes de secours auprès de la sous-préfecture de Sceaux puis reçut, à titre de cas exceptionnel, de la part de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cinquante francs. Une enfant naîtra quelques jours après la mort de Levaire. Levaire avait épousée Phylippe (sic dans l’acte de mariage) le 19 décembre 1826 à Chaville ; sur l’acte de mariage, Levaire, Denis, Joseph est indiqué comme de fils de feu Levaire, Joseph, et de Bove, Euphrasie, son épouse, et comme étant domestique des gardes de corps du roi, compagnie de Noailles ; Phylippe, Marie, Adélaïde est indiquée comme la fille de Phylippe, Pierre, Louis et de Tourlié, Marie, Adélaïde, son épouse, blanchisseurs. Levaire demeurait à Chaville en 1826 ; 12, rue de la Sainte-Famille à Chaville (Seine) en 1830 ; sa veuve, à Versailles en 1831. Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes de l’arrondissement de Sceaux auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 114 ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, (ancien) XIVe arrondissement, état des sommes payées aux combattants blessés ou non blessés pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la sous-préfecture de Sceaux ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état de cent cinquante demandes formées en vertu des articles 1er, 2e, 3e, 4e et 11e, de la loi du 13 décembre 1830 et reconnues non fondées ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIVe arrondissement, arrondissement de Sceaux, cas exceptionnels de veuves.

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