Levasseur
Biographie
Limonadier au 173, rue Saint-Martin. Il sollicita la décoration de Juillet auprès du roi le 14 mai 1831, rappelant ainsi sa participation aux journées de Juillet : « […] Mes nombreux abonnés s’étonnent que je n’ai pas été désigné pour la décoration de Juillet. Voici le simple exposé des faits et je produirai des témoignages aussi honorables que sûrs. Lorsque parurent les fatales ordonnances, je reçus comme les autres la défense du commissaire de police de recevoir les journaux constitutionnels. Je commençai à protester de fait. Je fis tous mes efforts pour me procurer les journaux, qu’un grand nombre de voisins, qui sont aujourd’hui les plus zélés gardes nationaux, venaient lire. La rue Saint-Martin étant très populeuse a été le théâtre sinon des scènes les plus sanglantes au moins des rassemblements les plus fréquents. Le mardi, je revêtis mes habits de garde national, le premier de mon quartier et mon exemple excita les autres. J’érigeai ma maison en corps de garde, avant que celui de la mairie fût organisé. Le mercredi, au milieu du jour, nous portâmes du pain à l’hôtel de ville, en bravant les coups des ennemis. Ce pain a été donné par le sieur Delapandrie, boulanger rue Saint-Martin. J’étais au nombre de ceux qui défendaient l’hôtel de ville, d’où je ne suis parti que sur l’ordre qui nous fut donné d’aller à notre mairie. Je fus en tirailleur à la porte Saint-Martin, où j’ai tiré pendant plusieurs heures. Ma maison est restée érigée en corps de garde jusqu’au vendredi. Enfin je pourrais citer d’autres faits, qui feraient connaître mon patriotisme, non ce patriotisme qui égare mais celui qui rallie au roi citoyen pour lequel nous verserions jusqu’à la dernière goutte de notre sang. » Il ajoutait être « un ami de l’ordre et, s’il le fallait, il exposerait encore sa vie et son établissement, qui est sa fortune, sous les ordres de Sa Majesté pour arrêter le torrent de l’anarchie, comme il a fait en juillet contre le fléau de la tyrannie ». Dans le récit que fit Raymond, Jean, Antoine de sa participation aux combats de Juillet, il citait le nom de Levasseur, limonadier, demeurant 173, rue Saint-Martin comme celui d’une personne de qui on pouvait obtenir confirmation des faits qu’il avançait. Il demeurait 173, rue Saint-Martin en 1831. Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Raymond, Jean, Antoine.