Levasseur, André, Nicolas
Biographie
Né le 3 prairial an III (21 mai 1795) à Thionville (Moselle), de Levasseur Godefroy (voir sans doute Levasseur, Nicolas, Godfroy), sergent-major au 7e régiment d’artillerie, et de Favard, Monique, son épouse. Secrétaire de Lafayette, il accompagna celui-ci dans son dernier voyage aux Etats-Unis en 1824-1825. Colonel et aide-de-camp du général Lafayette. Il combattit, le 29 juillet, pendant plusieurs heures avant de tomber, percé de plusieurs balles, dans la rue Saint-Honoré. Gibrat, Jean, Bernard le reporta chez lui. Il attesta dans un certificat en faveur de Renard, Joseph que ce dernier dans la soirée du 28 juillet les avait amenés, avec d’autres combattants, dans le passage Dauphine et leur avait distribué de la poudre qui venait de plusieurs barils dont il s’était emparé à La Salpêtrière. Renard avait ainsi « rendu un grand service en […] donnant des munitions dont [les combattants avaient] le plus grand besoin ». Et aussi, le 29 août 1830, le certificat suivant et presque identique : « Je soussigné certifie que pendant la soirée du 28 juillet M. Joseph Renard nous a amené au passage Dauphine plusieurs barils de poudre, dont il s’était emparé à la Salpêtrière et qu’il nous a rendu un grand service, en nous donnant ces munitions dont nous avions le plus grand besoin. » Sa blessure d’un coup de feu au pied gauche, lui provoqua par la suite l’ankylose de ses articulations. Le National du 2 août 1830 rapportait à son sujet : « C’est sans l’aveu de M. Levasseur qu’on l’a fait figurer, le 29 juillet, dans la composition d’un gouvernement provisoire. Cette mauvaise plaisanterie aurait dû être épargnée à un brave citoyen qui recevait, à l’heure même où cela s’imprimait, une blessure grave au pied en enlevant le dernier poste du Palais-Royal. M. Levasseur est un excellent officier, depuis longtemps dévoué à la défense de la liberté. C’est lui qui accompagnait comme aide-de-camp, M. Lafayette dans son dernier voyage aux Etats-Unis. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Xe arrondissement. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Il apostilla, en tant que « colonel, aide de camp du général Lafayette » la demande de secours présentée par la femme de Plessis, Pierre, Michel, Constant (dans un autre certificat il est indiqué comme « blessé à l’attaque des postes du Palais-Royal »). Il signa le certificat suivant en faveur de Guillon Lethière, Auguste : « Je, soussigné, certifie avec le plus vif empressement que, pendant les trois glorieuses journées de Juillet auxquelles nous devons l’affranchissement de notre patrie, M. Auguste Lethière n’a laissé échapper aucune occasion de prouver son courage et son patriotisme. Dès le matin du mercredi, je l’ai vu venir un des premiers offrir ses services au général Lafayette, qui depuis longtemps connaissait ses sentiments patriotiques. Dans la matinée du jeudi, il a pris part à l’attaque du Louvre, à celle des Tuileries et a longtemps combattu dans la rue de Rohan. Enfin, il s’est montré partout où le danger était le plus grand. Enfin, il était à peu de distance de moi lorsque j’ai été blessé moi-même à l’attaque du Palais-Royal. » Il signa, le 25 août 1830, le certificat suivant en faveur de Gibrat, Jean, Bernard : « Je certifie que M. Jean, Bernard Gibrat a combattu dans la rue Saint-Honoré, le 29 juillet 1830 et qu’il était à côté de moi lorsque j’ai été blessé. » Le même Gibrat relatait ainsi les circonstances dans lesquelles Levasseur fut blessé, quand il faisait le récit de sa propre participation aux combats : « […] Enfin, le 29, dans la rue Saint-Honoré, j’ai combattu pendant plusieurs heures à côté du brave colonel Levasseur (voir Levasseur, André, Nicolas), qui est tombé dans mes bras, percé de plusieurs balles. Je ne l’ai reporté chez lui qu’à la fin du combat et un certificat l’atteste encore. » Il y prêta son serment de décoré de la Croix de Juillet, le 15 août, et son père, directeur des postes à Versailles (voir sans doute Levasseur, Nicolas, Godfroy) (Yvelines) reçut pour lui sa croix et son brevet le 9 septembre 1831. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 26 février 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, de blessures par arme à feu au pied gauche, de sa face dorsale et interne vers sa partie externe, au-dessous et en avant de la malléole externe, à travers les os du tarse ; non encore cicatrisée et devant laisser après elle de la difficulté dans les mouvements du pied et ankylose de ses articulations. » Il fut admis dans la 4e classe des blessés et pensionné de six cents francs (son nom semble avoir été oublié sur les listes du Bulletin des lois et sur celles du Moniteur). Il reçut une inscription de rentes de la part de la Commission de la souscription nationale. En 1831, il était consul de France à Trieste et il donna procuration (sous le nom de Levasseur, André, Louis) à son père, pour toucher en son nom toute somme lui revenant de la part de la Commission des récompenses nationales ou de la Commission de la souscription nationale. Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur en date du 31 mars 1831 (ou du 9 décembre 1830 dans son dossier de la base leonore), officier le 6 décembre 1844. Un rapport de la division des gardes nationales au ministre de l’Intérieur motivait ainsi les raisons de sa présentation pour recevoir cette distinction : « M. Levasseur, ancien officier maintenant consul à Trieste a été grièvement blessé au pied en combattant dans les journées de Juillet, et cette blessure a mis pendant fort longtemps ses jours en danger. M. le général Lafayette, dont M. Levasseur était l’aide de camp, a demandé pour lui la décoration de la Légion d’honneur. Les services de M. Levasseur me paraissent mériter cette distinction […]. » Le 9 décembre 1850, il était ministre plénipotentiaire à Mexico et fut nommé commandeur de la Légion d’honneur. Il était médaillé de Sainte-Hélène, chevalier de l’ordre de Saint-Grégoire le Grand. Il mourut le 10 mai 1878 et fut inhumé à Saint-Pellerin (Eure-et-Loir). Il demeurait passage Dauphine en 1830 ; à la Librairie industrielle passage Dauphine en 1831 (sans doute hôtel du Brésil rue et passage Dauphine en 1831 in Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Renard, Joseph) ; à Trieste en 1831 ; 42, rue du Trosy à Clamart (Hauts-de-Seine) en 1878. Le National, 2 août 1830 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (par erreur sous le nom de Levasseur, André, Napoléon) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 (par erreur sous le nom de Levasseur, André, Napoléon) ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 89 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des blessés de la IVe classe auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement p. 109, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832 ; Archives de Paris Vbis7K4 1, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, Xe arrondissement ; Archives de Paris Vbis7K4 3 contrôle nominatif des citoyens décorés de la Croix de Juillet du Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 3, liste des décorés de la Croix de Juillet du (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD6 545 n° 3 (liste des décorés du Xe arrondissement) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des blessés (4e classe) dont les bulletins individuels ont été remis le 3 novembre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, idem dossiers individuels ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1 in dossier Plessis, Pierre, Michel, Constant ; Archives de Paris VI1 1, dossier Renard, Joseph ; Archives de Paris VK3 47 in dossier Guillon Lethière, Auguste, Saint-Léger ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août ; Archives nationales F/1dIII/38 A, Commission des récompenses nationales, état des citoyens blessés dans les journées de Juillet et admis à la pension (cahier de treize citoyens et une rectification) ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Gibrat, Jean, Bernard ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales F/1dIII/74 in dossier Renard, Joseph ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, blessés de 4e classe ; Archives nationales F/1dIV/L/9 Récompenses honorifiques in dossier Lebon, Louis, Charles, André ; Archives nationales F/1dIV/L/17 dossiers de la Légion d’honneur ; Archives nationales LH/1624/40 (sous le nom de Le Vasseur, André, Nicolas) ; Archives de la préfecture de police AA 389 in dossier Gibrat, Jean, Bernard ; Archives de la préfecture de police AA 410 in dossier Renard, Joseph ; La République clandestine, 1818-1848, Gilmore, Jeanne, Aubier, Paris, 1997 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1624/40 (sous le nom de Le Vasseur, André, Nicolas). Il y a dans Archives de Paris VD6 173 n° 1 in dossier Martin, Marie, Louis, Narcisse, un Levasseur, dont un certificat établi en faveur de Martin, Marie, Louis, Narcisse, rapporterait à son sujet les circonstances suivantes : « Nous, soussignés, volontaires du passage Dauphine, sous le commandement de M. le lieutenant-colonel Levasseur (voir Levasseur, André, Nicolas ?), certifions que Louis, Narcisse, Marie Martin, de Paris, s’est conduit de la manière la plus honorable pendant les trois jours de la glorieuse révolution de Juillet ; que le 28 il reçut le commandement d’un poste organisé dans le passage Dauphine, où, voyant le manque de munitions, il envoya à la Salpêtrière (sic) et obtint de la poudre ; que le lendemain 29 les volontaires du passage, de retour de Saint-Thomas-d’Aquin, mirent sous sa garde trente Suisses, qui l’aidèrent à fabriquer des cartouches, qu’il distribua aux braves qui combattaient pour notre belle cause, que cinq mille cartouches furent ainsi distribuées et le reste de la poudre remis à la garde nationale après la prise des Tuileries ; que le 30, il engagea ses camarades à demeurer sous les armes et que, nommé chef du poste en l’absence de M. Levasseur, blessé, il remplit avec soin les fonctions, jusqu’à l’entier rétablissement de la tranquillité ; qu’enfin il s’est battu avec courage contre les lanciers à la descente du pont Saint-Michel. »