Levergeois, Jacques, Michel, Victor
Biographie
Né le 27 janvier 1797 à Saint-Pois (Manche). Ancien militaire durant huit ans, marchand brocanteur en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Le 15 avril 1848, il adressait la lettre suivante à la Commission : « Le citoyen Levergeois, Jacques, Michel, Victor, ancien sous-officier dans l’armée, demeurant à Paris, rue du Parc-Royal n° 6, a l’honneur de se présenter à la Commission instituée par le gouvernement pour décerner les récompenses nationales, méritées tant dans la révolution de 1848 qu’à celle de 1830 pour trois blessures qu’il a reçues au service de l’enterrement du général Lamarque ainsi qu’une forte contusion reçue dans la révolution de février 1848, le courage et le dévouement qu’il n’a cessé de montrer pour l’institution de la république, ainsi que le constatent les nombreux certificats ci-joints. La contusion qu’il a reçue en février 1848 l’a mis hors d’état de pouvoir travailler pendant longtemps et dont il n’est pas encore libre de son bras droit. Il sollicite en conséquence de la Commission une récompense nationale suivant le mérite, la bravoure, le courage et le dévouement d’un bon républicain dont il a fait preuve dans plusieurs circonstances très périlleuses. Espérant que les citoyens membres de la Commission voudront bien prendre en considération cette demande, il leur exprime d’avance sa vive reconnaissance de la faveur qu’il sollicite. » Il joignait à sa demande plusieurs certificats. Ceux d’abord attestant sa participation à la révolution de Juillet. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Le soussigné, député de la Seine-Inférieure, ancien maire de la ville d’Elbeuf, atteste que lors de l’arrivée des volontaires d’Elbeuf à Paris, le 31 juillet 1830, il a eu l’occasion de rencontrer le sieur Levergeois, qui se joignit à eux et qu’il eut mission de leur procurer des vivres, mission dont il s’est acquitté avec zèle. » Signé, le 17 mai 1837 : Petou, demeurant 2, cour des Fontaines. Le deuxième certificat, un laissez-passer, à en-tête des gardes volontaires nationaux d’Elbeuf et en date du 3 août 1830, pour que le chef du poste de la police laisse à l’Hôtel des gardes du corps, Levergeois. Ceux ensuite relatifs à sa participation à la Révolution de Février. Le premier certificat, ainsi rédigé : « Je, soussigné, certifie que le 24 février 1848, vers 11 heures du matin environ, conduisant un détachement de la garde nationale composé de gardes nationaux de la compagnie que je commande, j’ai rencontré sur la barricade de la rue de Thorigny le citoyen Levergeois, Jacques, Michel, Victor, qui était armé d’un fusil de chasse ; qu’il nous a accueillis sur cette barricade, qu’il s’est joint à nous, qu’il a parcouru avec nous l’itinéraire qui avait été indiqué au détachement, franchissant au cri de Vive la réforme ! toutes les barricades que nous avons rencontrées, rue de la Perle, rue des Quatre-Fils, rue d’Orléans, d’Anjou, Pastourel, du Temple, Sainte-Avoye et qu’il est rentré avec nous à la mairie du (ancien) VIIe arrondissement pour se dévouer au service qu’exigeaient les circonstances, que dans ce but il est resté à la mairie jusqu’à environ 2 heures de l’après-midi et qu’il nous a quittés en déclarant qu’il retournait sur la barricade où nous l’avions rencontré. » Signé, le 12 mars 1848 : Pasteur d’Etreillis. Le deuxième certificat, ainsi rédigé : « Nous, soussignés, gardes nationaux et citoyens du quartier du Marais, certifions que le citoyen Levergeois, Jacques, Michel, Victor, garde national de la VIIIe légion, ancien militaire, demeurant rue du Parc-Royal n° 6, certifions disions-nous, que le 24 février, jour si mémorable ledit citoyen Levergeois a donné les plans des barricades de la rue de la Perle, de la rue du Temple, de la rue de Thorigny faisant face au carrefour, de la place Thorigny et rue Pavée, que spécialement il s’est occupé de celle de la rue Thorigny, qui a été ingénieusement construite en créneaux et gargouilles fournis par le citoyen ; qu’il a été constamment en action pour la prompte et bonne exécution desdites barricades ; qu’il a fondu des balles et enfin que partout où il s’est trouvé il a fait acte d’un excellent et dévoué républicain. » Signé, le 3 mars 1848 : Picard ; Menager ; Frégnand, Ed. ; Boucher ; Schmid ; Crozatier ; Constantin. Le troisième certificat, ainsi rédigé : « Nous, membres du club de la démocratie fraternelle du faubourg Saint-Antoine, soussignés, certifions que le citoyen Levergeois, Jacques, Michel, Victor nous a transmis de vive voix les ordres qui lui avaient été communiqués par le citoyen Grandumesnil, président de la Commission des récompenses nationales au Luxembourg, de marcher en manifestation à l’Hôtel de ville pour donner appui au gouvernement provisoire contre la futile et déplacée de la veille des bonnets à poils [manque un mot...] et que ledit citoyen Levergeois en cette circonstance comme toujours en a donné le premier élan et a porté lui-même le drapeau dudit club en tête de cette démonstration dont le citoyen Barbès vint lui en témoigner sa satisfaction sur la place de l’Hôtel-de-Ville et qu’il suivit le parcours des citoyens, toujours avec son drapeau, avec son dévouement ordinaire. » Signé, le 20 mars 1848 : Souffrant, vice-président du club des ouvriers de l’avenir, 10, rue Saint-Sabin ; Eclachot, demeurant 191, rue du Faubourg-Saint-Antoine. Il fut proposé par la Commission pour recevoir le signe honorifique qui devait perpétuer la mémoire de la Révolution de Février mais qui ne fut jamais institué. Il était marié en 1848. Il demeurait 45, rue Saint-Germain-l’Auxerrois (aussi 6, rue du Parc-Royal) en 1848. Archives de la préfecture de police AA 399.