Lévis, Antoine, Joseph

Biographie


Né le 20 mars 1789 à Phalsbourg (Meurthe), baptisé fils de Lévis, Louis, Servet, marchand et négociant, et de Vincent, Catherine, son épouse. Ancien capitaine retiré du 2e de cuirassiers en 1809, amputé du bras droit à la bataille de Wagram, bras qu’il ne regrettait pas, « heureux quand on a trouvé l’occasion de faire pareil sacrifice […] quand on sert pareil souverain. […] Il n’est aucun mouvement de mon cœur, pas une goutte de sang qui ne lui appartienne », précisait-il dans la demande de son brevet de la Légion d’honneur dont il avait été fait chevalier le 22 juillet 1809, admis aux Invalides le 15 septembre 1815, lieutenant honoraire à la 4e division en 1830 ; il avait deux ans, sept mois et trois jours de services effectifs et un an, huit mois et vingt jours de campagne. En 1811 et 1813, en résidence à Phalsbourg, le maire de la ville demandait pour lui un secours pour subvenir aux besoins de la nombreuse famille qui l’entourait et qu’il avait à sa charge. Il prit part aux combats malgré sa mutilation. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) Ve arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut (sous le nom de Levis, Berols Krentzer), auprès de la mairie du (ancien) Ve arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Le 17 mars 1848, il adressait la lettre suivante à la Commission : « Lévis, ex-capitaine, amputé du bras droit à Wagram 1809, membre de la Légion d’honneur, a servi encore volontairement dans la garde mobile, ainsi que le constate son brevet du décret du 10 avril 1815, quoique amputé a eu le crâne fendu sur le champ de bataille. Décoré de Juillet, combattant de février 1848, a l’honneur de vous exposer qu’il a participé à la prise du Palais-Royal et des Tuileries avec ses frères d’armes déterminés. Qu’après il s’est présenté à deux élèves de l’Ecole polytechnique dans la grande galerie vitrée, en offrant ses services à l’humanité ; qu’il a été chargé de faire faire des brancards pour transporter les blessés et les mourants. Le bois qui était dans la cour m’a servi à cet effet. Ayant terminé cette besogne, je passais sur la place du Palais-Royal. J’apprends qu’un caporal du 1er régiment léger était prisonnier, désarmé, chez le boulanger à l’entrée de la rue du Musée, vis-à-vis le poste en feu, qu’on voulait le tuer. J’entre et je priais le boulanger de lui prêter une blouse, un pantalon et une méchante casquette, ce qu’il fit de bon cœur. Je prends mon caporal ainsi déguisé par le bras et passe à travers la foule, en le conduisant jusque sur la place de la Bourse, en l’engageant de rejoindre de suite son régiment, qui était du côté de La Chapelle-Saint-Denis. Voilà ! citoyen président, ma conduite, qui pourra être attestée et certifiée par les deux élèves et le boulanger, sans oublier le caporal. Je ne demande aucune récompense et n’en veux point, trop heureux d’avoir encore donné une nouvelle preuve de mon patriotisme et de mon humanité. » Il sollicitait juste de la part du président d’avoir la bonté de lire sa lettre à l’assemblée. Lévis ne se présenta pas aux convocations de la Commission (il n’est pas dans la liste des transportés de juin 1848). Il mourut le 20 janvier 1850. Il demeurait à Phalsbourg, où il s’était retiré, en 1809-1813 ; 25, rue de Verneuil (35, rue de Verneuil in Archives de Paris VD6 334, in Archives nationales F/1dIII/39 et in Archives nationales F/1dIII/35 B) en 1831 ; 10, rue Guisarde au marché Saint-Germain en 1848. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 334, liste des médaillés de Juillet du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/35 B, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ve arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales base Eleonore LH/1628/31 ; Archives de la préfecture de police AA 399 ; base leonore de la Légion d’honneur, dossier LH/1628/31 (sous le nom de Levis, Antoine, Joseph, mais il signe Lévis).

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.