Leymarie, Jean, Léonard, Repaire
Biographie
Né le 23 mai 1808 à Mussidan (Dordogne), fils de Leymarie, Antoine (né en 1774 à Villamblard), soldat au 2e bataillon de la Dordogne en 1792, décoré de la Légion d’honneur pour sa conduite à Valladolid, officier dans la gendarmerie de Paris en juillet 1830. Elève de l’Ecole polytechnique. Il fut admis à l’Ecole polytechnique le 23 mai 1828. Dans ses Souvenirs d’un médecin de Paris, le docteur Poumiès de la Siboutie laisse le témoignage suivant sur le compte de cette famille : « Un de mes bons amis, M. Leymarie, de Mussidan, capitaine adjudant major dans la gendarmerie de Paris, avait deux fils : l’un vicaire de Saint-Merri, l’autre élève de l’Ecole polytechnique. C’était une famille dans une étrange perplexité ; car le père et le fils pouvaient se rencontrer au combat, dans des rangs opposés. Le jeune élève, ardent et passionné pour la cause populaire, ne voulut pas se séparer de ses camarades. Mais avant de quitter l’école pour aller combattre, il leur fit connaître sa position singulière : “Les gendarmes, dit-il, sont de braves gens, de vieux soldats ayant fait les campagnes de la Révolution ; fidèles à leur devoir, ils mourront martyrs de la discipline. Je vous les recommande, mes amis, protégez-les.” Cette allocution ne fut pas inutile. Les patrouilles de gendarmerie furent désarmées mais les élèves empêchèrent qu’il leur fût fait aucun mal. Ce corps perdit très peu d’hommes. On doit au jeune Leymarie la conservation de braves gens qui auraient été indubitablement massacrés dans l’ardeur du combat. » Il fit partie avec Brame Jules, Chapuis Michel Marie, Crampel Louis André, Daniel, Ernest, Duclos-Blerzy Pierre Louis Joseph Etienne, Dufour Louis, Gillard Louis, Jacob Jean-François, Lepage Nicolas Séverin, Perlé André Théodore, Tassin Jacques Nicolas, Aronsshon Nestor, Verdot Jean Maurice, Massot Théodore des quinze membres composant le jury de la Commission des récompenses nationales pour le (ancien) IVe arrondissement. Comme membre de la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement, on peut lire les observations très dures qu’il inscrit sur les dossiers. Selon le rapport que fit Lannoy (voir Lannoy Raignault de, Camille, François), autre élève de la même Ecole et choisi pour établir les droits de chacun des élèves à une récompense honorifique, en fonction de la part prise aux combats de Juillet, et cette part prise en uniforme ou en habits bourgeois, il était du nombre de ceux dont Lannoy disait qu’ils « ont combattu en uniforme dans les journées de Juillet et me paraissent avoir mérité la décoration spéciale ». Leymarie faisait partie lui-même de la sous-commission chargée d’examiner les droits à une récompense honorifique des anciens élèves de l’Ecole, passés depuis sous-lieutenants d’artillerie et de génie de l’Ecole d’application de Metz ; cette sous-commission était composée de, outre lui-même, Lothon (voir Lothon, André, Charles), Charras (voir Charras, Jean-Baptiste, Adolphe), Liedot (voir Liedot, Antoine, Louis), Lebœuf (voir Lebœuf, Edmond), Forgeot (voir Forgeot, Julien, Etienne), Gouguet (voir Gouguet, Jean, Charles), Guillot (voir Guillot, Léon), Mitrécé (voir Mitrèce, Isidore, Pierre, Charles). Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Il signa en faveur de Baudry, Auguste, Pierre le certificat suivant : « Je certifie avoir vu à l’Hôtel de ville M. Baudry, où il déployait beaucoup de zèle et d’activité. » Il signa, le 6 août 1830, le certificat suivant, en faveur de M Massol, Louis, Amédée, Hippolyte que ce dernier présenta au moment de faire valoir ses droits auprès de la Commission des Réclamants, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « Nous, soussignés, certifions que le sieur Massol, Louis, Amédée, Hippolyte, ancien élève de l’Ecole polytechnique, sorti sans service, a paru toujours au milieu de nous, avec son habit d’uniforme, dans les mémorables journées des 28 et 29 juillet, partageant avec nous tous les dangers qui menaçaient la liberté et ayant contribué par son zèle et son courage à repousser l’esclavage et à maintenir les droits de la Charte. » Dans la requête que fit Winanse, Pierre, Henry auprès de la Commission des récompenses nationales, ce dernier mentionnait ainsi Leymarie : « Wynanse, Pierre, Henry, sapeur-pompier à la 2e compagnie des sapeurs-pompiers de la Ville de Paris, demeurant rue de la Paix n° 4 à Paris, a l’honneur de vous exposer très humblement que s’étant joint d’un mouvement spontané et volontaire aux braves défenseurs des libertés publiques et de la charte dans les glorieuses et immortelles journées de la grande semaine, sous les ordres de M. R. Leymarie, élève de l’Ecole polytechnique, ainsi qu’il s’est plu à l’attester par le certificat ci-joint […]. » Le 26 octobre 1830, Leymarie avait délivré le certificat suivant en faveur de Wynanse : « Je certifie que le nommé Winanse, Pierre, Henry, pompier à la 2e compagnie faisait partie des volontaires qui, de la Bourse, sont venus sous mes ordres à la place de l’Hôtel de ville pour le service des pièces de canon et que je n’ai eu qu’à me louer de son exactitude et de son zèle pour la surveillance des poudres, caissons etc. confiés à nos soins. » Il signa un certificat pour attester que Condorcet, O’Connor avait fait « partie des braves qui partirent sous le commandement des élèves de l’Ecole polytechnique pour aller à la caserne de Babylone ». Il signa un certificat en faveur de Boursier, Achille, Louis, Félix, pour attester que ce dernier avait participé à l’attaque du Musée d’Artillerie, le 29 juillet à 6 heures du matin. Il signa (Leymarie, mais le prénom semble être N. ou R.) le certificat suivant en faveur de Salomon, Pierre, Benjamin : « Je, soussigné, certifie que Salomon, Benjamin, étudiant, faisait partie des braves qui ont concouru à la prise de la caserne de la rue de Babylone et que je lui dois, pour ma part, de la reconnaissance pour quelques services qu’il s’est trouvé à même de me rendre pendant cette attaque. » Il était sous-lieutenant d’artillerie et de génie de l’Ecole d’application de Metz en 1831. Il demeurait quai des Lunettes à l’état-major de la garde municipale en 1830 ; à l’Ecole de Metz en 1831. Il fut capitaine à la direction des Poudres et Salpêtres. Histoire de la révolution de Paris depuis le 26 juillet jusqu’au 31 août 1830, Paris, chez Philippe libraire, rue Dauphine, 20, 1830, p. 212 (sous le nom de Leymarie, Léon) ; Souvenirs d’un médecin de Paris, Dr Poumiès de la Siboutie, Plon et cie, Paris, 1910, p. 212 ; Ordonnance du roi contenant publication des noms des citoyens qui ont obtenu la Croix de Juillet, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830, sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 2 mai 1831 ; Archives de Paris VD6 172 n° 6 in dossier Boursier, Achille, Louis, Félix ; Archives de Paris VD6 277 in dossier Condorcet, O’Connor, Daniel ; Archives de Paris VD6 278 in dossier Salomon, Pierre, Benjamin ; Archives de Paris VK3 17, Témoignages, rapports, notes sur les élèves de l’Ecole polytechnique ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, (ancien) XIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559, état nominatif des membres de la Commission des récompenses nationales et des membres des jurys ; Archives de la préfecture de police AA 371 in dossier Baudry, Auguste, Pierre ; Archives de la préfecture de police AA 401 in dossier Massol, Louis, Amédée, Hippolyte : Archives de la préfecture de police AA 417 in dossier Winanse, Pierre, Henry.