Leypoldt, Guillaume, Frédéric, Charles

Biographie


Né vers 1792 à Stuttgart (Wurtemberg). Polisseur de marbre. Il passait, le 28 juillet, dans la rue Monsieur-le-Prince, accompagnant un baril de poudre. Le 29 juillet vers 5 heures et demie du matin, il quitta son domicile, porteur de deux pistolets, avec son voisin de carré, Jean Mary. Ils entrèrent avec deux autres combattants dans le débit d’eau-de-vie de Martres Guillaume, 288, rue du Faubourg-Saint-Jacques ; Leypold demanda un verre d’absinthe et, sur l’observation du patron que la bataille était désormais presque terminée et qu’il ferait mieux de rejoindre sa femme et ses enfants, Leypold déclara qu’il fallait qu’aujourd’hui il mourût ou qu’il revînt victorieux chez lui. Les quatre combattants se rendirent place Saint-Germain-de-l’Auxerrois. Leypold fut tué pendant l’attaque du Louvre. Un jugement, en date du 1er juillet 1831, constata son décès. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le certificat suivant, établi le 14 octobre 1830, constatait les circonstances de sa disparition : « Nous, soussignés, dont les noms, prénoms et demeures suivent, certifions et attestons savoir. Pour moi, Freyhofer, Christian, tailleur, demeurant à Paris, rue Monsieur-le-Prince, que j’ai vu le sieur Leypoldt, Charles, Frédéric, Guillaume, homme de peine (sic), demeurant à Paris, rue Saint-Jacques n° 334, quartier de l’Observatoire, passer dans ma rue le 28 juillet dernier (jour à jamais mémorable) accompagnant un baril de poudre sorti de la poudrière et qu’il m’a montré des pistolets, en m’engageant à aller avec lui. Pour moi, Martres, Guillaume, débitant d’eau-de-vie, demeurant à Paris, rue Saint-Jacques n° 288, quartier de l’Observatoire, que je connaissais depuis six ans passés le sieur Leypoldt pour un homme d’honneur et de probité ; qu’il est entré le 29 juillet dernier à 5 heures et demie du matin chez moi et m’a demandé un verre d’absinthe. La lui ayant servie, il m’a dit qu’il allait combattre pour la liberté et m’a montré deux pistolets. Je lui observai que ce jour les affaires étant presque terminées il devait plutôt rejoindre sa femme et ses enfants. Il m’a répondu qu’il fallait qu’il mourût en cette journée ou qu’il revînt victorieux chez lui et depuis ce temps je ne l’ai plus revu. Pour moi, Gossart, Antoine, débitant de tabacs, demeurant rue Saint-Jacques n° 44, quartier Saint-Jacques, que je connaissais depuis deux ans le sieur Leypoldt pour un honnête homme ; que le 29 juillet il est entré chez moi avec trois personnes armées avec lesquelles il a pris un petit verre, en me disant qu’il allait se battre pour la défense de sa patrie et m’a montré une paire de pistolets, en me disant de même, que le roi venant indignement de violer son serment il fallait qu’il fût détrôné ou qu’il mourrait plutôt. Je lui observai qu’il était bien nécessaire qu’il se rendît au sein de sa famille, il n’en tint pas compte et partit aussitôt, et depuis je ne l’ai pas revu. Pour moi, Many, Jean (voir ce nom), homme de peine, demeurant à Paris, rue Saint-Jacques n° 334 (sic), quartier de l’Observatoire, que je suis parti le 29 juillet dernier à 5 heures du matin avec le sieur Leypoldt, mon voisin et de la même maison, et sommes entrés à quatre citoyens chez le jeune Martres, débitant d’eau-de-vie, et le sieur Gossart, débitant de tabacs, et y avons pris chacun un petit verre ; de là nous sommes allés à la place Saint-Germain-l’Auxerrois, où nous nous sommes battus. Je me suis trouvé désarmé parce que mon arme a cassé. Le sieur Leypoldt, voyant cet accident, m’a dit Va-t’en, tâche de te procurer une nouvelle arme et viens aussitôt me retrouver. Me mettant en devoir de le faire, je fus requis par ces messieurs de l’Ecole polytechnique pour me transporter aussitôt au poste de l’Estrapade afin de le désarmer et depuis cet instant je n’ai pu rencontrer le sieur Leypoldt et puis assurer que depuis cette époque il n’a plus reparu à son domicile puisque j’habite le même carré que lui. » Le 6 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Magny, Jean (voir ce nom), né vers 1802, homme de peine, demeurant 336, rue Saint-Jacques (sic) ; Freyhofer, Christian dit Christ, né vers 1785, tailleur d’habits, demeurant 49, rue Monsieur-le-Prince ; Martre, Guillaume, né vers 1781, débitant d’eau-de-vie, demeurant 288, rue Saint-Jacques ; Gossart, Antoine, né vers 1797, débitant de tabacs, demeurant 44, rue Saint-Jacques. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Leypoldt, Guillaume, Frédéric, Charles et « savoir qu’il a combattu les 28 et 29 juillet dernier, tant à la Salpêtrière qu’à la place du Louvre, où il était en dernier lieu, que depuis le 29 dudit mois de juillet il n’a pas reparu chez lui, qu’on ignore ce qu’il peut être devenu, que tout porte à croire qu’il a été tué dans les événements, que toutes les démarches faites par son épouse ont été jusqu’à ce jour sans résultat ». On trouve cette note le concernant dans les délibérations du comité des renseignements, chargé de recueillir des informations sur les différents candidats aux récompenses honorifiques et sur les contestations qu’il pouvait y avoir sur chacun des cas : « Ouvrier journalier, de mœurs douces et d’une bonne conduite, est sorti pour se battre le 29 matin et n’a pas reparu depuis. Il laisse un enfant de trois ans, un de six et une femme qui, malgré toutes les recherches possibles, n’a pu ni le reconnaître ni faire constater le décès, sur lequel cependant il est impossible d’élever un doute (sa veuve et la notoriété publique. Recommander cette position toute particulière à la Commission. » Il laissait une veuve, Dormoy, Adélaïde, Françoise, née le 13 fructidor an II à Paris, qui fut pensionnée de cinq cents francs et à qui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait deux enfants, qui furent pensionnés et à qui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes : Guillaume, Victor, né le 21 décembre 1824 (le 20 décembre 1824 in Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671 et in Archives nationales F/1dIII/37 aussi in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris, et Charles, né le 2 novembre 1827 (mais le 2 novembre 1825 in Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831) aussi à Paris. Ces deux orphelins moururent le 15 août 1831. La mère, en qualité d’héritière, reçut les titres de rente de ses deux enfants. Le nom de Leypoldt (G.-F.-C. Leypoldt) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Il demeurait 334 (deux sources pour 334), ou 336, rue du Faubourg-Saint-Jacques ; sa veuve, 336, rue Saint-Jacques (288, rue Saint-Jacques in Archives nationales F/1dIII/37) en 1831. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 47, p. 90 pour les enfants ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 111 ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le numéro 155) ; Archives de Paris VK3 29 ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (une liste de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/33 dossier indemnités et récompenses, envoi du 16 octobre 1830 du ministre de l’Intérieur à la Commission des récompenses nationales (sous le nom de Leipold) et aussi Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien XIIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) XIIe arrondissement et veuves des citoyens tués dans les journées de Juillet (seize veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831) ; Archives nationales F/1dIII/48 in dossier Caurière, Jean ; Archives nationales F/1dIII/53 in dossier Desportes, Léon, Sever ; Archives nationales F/1dIII/63 ; Archives nationales F/1dIII/77 in dossier Thibault ; Archives nationales F/1dIII/78 in dossier Veiller ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, veuves et orphelins ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) XIIe arrondissement (où on ne parle que d’un seul décès celui de Guillaume, Victor) ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien) XIIe arrondissement et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés : orphelins décédés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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