Lhéric, Brunswick
Biographie
De son nom Brunswick, Léon-Lévy dit aussi Léon Lhérie, ou Léon Levy dit Léon Lherie ou Lheric ou Léon Brunswick. Né le 20 avril 1805 à Paris. Israélite, ainsi qu’il le mentionnait sur la lettre qu’il adressa à la Commission des récompenses nationales, récapitulant ainsi l’activité qu’il avait eue pendant les combats de Juillet : « Le mardi dans la journée, j’ai coopéré à la rédaction du Figaro à laquelle jusqu’alors j’étais resté étranger. Aucun lien d’amitié n’existait entre les rédacteurs et moi, c’est donc purement par principe que j’ai agi. Le soir, tout le matériel de l’imprimerie du Figaro fut transporté chez moi, au refus que firent plusieurs personnes de s’en charger. J’offris mon local, qui fut transformé en imprimerie ; on verra facilement ce à quoi je m’exposais en lisant le Figaro du 27. M. Briffaut du Corsaire, Brukères, Masson, Barthélemy (voir ce nom) et moi offrîmes à M. Bohain (voir Bohain, Alexandre, Victor) qui le refusa d’apposer nos signatures au bas de ce journal. Le lendemain mercredi 28, j’ai avec M. Masson de Puyneuf et dans l’imprimerie de Dezauches faubourg Montmartre apporté des pamphlets venus du Figaro et aidé à leur impression, distribution et affichage, reçu une balle morte dans le bras à l’affaire de l’Hôtel de ville. De là je suis allé chercher le général Dubourg (voir ce nom) place de la Bourse. Rencontrant là M. Barthélemy du Figaro et Blanchard, homme de lettres, auquel je donnai une partie de mes armes. Revenu sur les boulevards et entré le premier, mais en ami, dans un carré d’infanterie de ligne, dont un officier me promit de ne pas tirer. C’est ce même régiment qui se rendit ensuite chez Laffitte. Mon ami Frédéric Soulié (voir Soulié, Frédéric, Melchior) et moi étant avec le colonel Bro (voir Bro, Louis) au poste de la rue Cadet, lui proposâmes de nous emparer avec les quatre ou cinq cents hommes qui nous suivaient des hauteurs de Montmartre, d’où l’on disait que l’armée royale voulait bombarder Paris. Patrouilles de nuit jusqu’aux Champs-Elysées, où nous nous attendions à trouver de la garde royale avec Leuven, Livry, Courtin, etc. » Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il fut décoré de la Croix de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. En juillet 1831, le sous-préfet de Sceaux faisait savoir au préfet de la Seine que la croix restait conservée dans ses bureaux, soit parce que Lhéric, Brunswick avait négligé de répondre à l’invitation de la retirer soit parce que le sous-préfet ne connaissait pas son adresse. Il mourut au Havre, le 29 juillet 1859. Le Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle donne les indications biographiques suivantes le concernant : « Auteur dramatique et librettiste. Il fut d’abord journaliste puis se tourna dès 1829 vers le théâtre, pour lequel il écrivit de nombreuses pièces en collaboration avec Dumersan, Barthelemy, Beauplan, Siraudin entre autres. A partir de 1834 et pendant vingt ans, il écrivit en collaboration avec Leuven de nombreux livrets pour Adam (Le Postillon de Longjumeau, Le Brasseur de Preston, Le Roi d’Yvetot, Le Roi des Halles, et Mam’zelle Geneviève), pour Thomas (Le Panier Fleuri, et Caroline), pour Clapisson (Dans les Vignes, La Promise, Marie ou la Fleur de Provence), pour Girard (Les Deux voleurs), pour Gevaert (Le Billet de Marguerite), pour Poise (Bonsoir, Voisin), etc. » Le Théâtre de Dumas père, entre héritage et renouvellement, Petit répertoire des principaux collaborateurs de Dumas, donne les précisions suivantes : « Collaborateur d’Adolphe Leuven, l’ami d’enfance de Dumas. Ils connaissent ensemble un grand succès avec Le Postillon de Longjumeau (1836) qui est porté à la scène avec une musique d’Antoine Adam. Ce serait lui qui aurait donné à Dumas l’idée de Mademoiselle de Belle-Isle. Spécialisé dans la comédie, il collabore aussi aux Demoiselles de Saint-Cyr, Louise Bernard, Le Laird de Dumbicky, Une Fille du Régent, Oustiti, Le Marbrier. » Il demeurait 3, cité Bergère en 1830. Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Lhéric, Brunswick) ; Etat supplémentaire et définitif des citoyens auxquels sera décernée la Croix de Juillet, Le Moniteur universel 2 mai 1831 (sous le nom de Lhéric, Brunswick) ; Archives de Paris VK3 13, lettre du sous-préfet de Sceaux au préfet de la Seine en date du 16 juillet 1831 ; Archives de Paris VK3 37, Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux, liste supplémentaire des décorés de Juillet ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens qui ont mérité la décoration spéciale, arrondissement de Sceaux et liste supplémentaire des décorés de Juillet (sous le nom de Lhéric, Brunswick) ; Dictionnaire de la musique en France au XIXe siècle (cité sur le site internet ernestreyer) ; Le Théâtre de Dumas père, entre héritage et renouvellement, Petit répertoire des principaux collaborateurs de Dumas, Presses universitaires de Rennes.