Lhuguet, Léonard

Biographie


Né le 20 juillet 1782 à Laurier (Haute-Vienne). Maçon. Il fut atteint de deux coups de fusil, l’un à l’épaule et l’autre au-dessous du cœur, le 29 juillet à l’attaque de la caserne de Babylone. Transporté à l’hospice des Incurables femmes, rue de Sèvres, il y mourut peu de temps après son arrivée. Le 4 octobre 1830, sa femme, « d’après la représentation d’un échantillon de drap pareil au pantalon, d’une marque identique à celle du gilet, enfin d’après l’inspection générale de ses effets, reconnut cet homme pour être son mari ». Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIIe arrondissement. Le 2 avril 1831, devant le juge de paix du (ancien) XIIe arrondissement, comparurent : Mavré, Jean-Louis, Sébastien, né vers 1784, limonadier, demeurant 125, rue du Bac ; Leclerc, Marie, Antoine, né vers 1785, lampiste, demeurant 134, rue du Bac ; Pignet, Jean-François, né vers 1806, fabricant de produits chimiques, demeurant barrière de Fontainebleau, au moulin de la pointe, extra-muros ; Doctoville, Charles, né vers 1772, blanchisseur, demeurant 8, clos Payen. Ils attestèrent avoir parfaitement connu Lhuguet, Léonard et « savoir qu’il a combattu rue de Babylone à la caserne le 29 juillet dernier, qu’il y a été blessé d’une balle qui lui a traversé l’épaule gauche au-dessus du cœur et de suite transporté à l’hospice des Incurables femmes, rue de Sèvres, où il est décédé peu de temps après ». Sa femme, Loroy, Marguerite, Alexandrine, née le 18 février 1785 à Gentilly (Seine) (elle-même fille de Loroy, Michel, Martin, marchand de vins, et de Sujean, Marie-Louise, Dominique, son épouse), journalière (ou blanchisseuse in Archives nationales F/15/2553 et aussi in Archives nationales F/15/2557-2559), reçut un secours de quatre-vingt-quatre francs, le 30 avril 1831, un secours de un secours de vingt-cinq francs, plus dix francs pour les orphelins, le 31 mai 1831, francs, le 31 mai 1831, à la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, fut pensionnée (sous le nom de Leroy, Marguerite sur les listes du Moniteur universel, in Archives de Paris, VD6 672 1 et in Archives de Paris VK3 36) de cinq cents francs et reçut de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Ses deux enfants furent aussi pensionnés (sous les noms de Lhugues sur les listes du Moniteur universel) et reçurent (sous le nom de L’Huguet) de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes : Jean-François, né le 26 août 1815 à Paris, qui était placé (sans doute avant même la révolution) en apprentissage chez Gérard, bijoutier en faux, 32, rue Bourg-l’Abbé, et Virginie, Charlotte, née le 8 avril 1820 (mais le 8 avril 1819 in Archives nationales F/15/2553 ; mais bien le 8 avril 1820 in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris, qui fut placée aussi en apprentissage pour travailler dans le commerce de lingerie. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Pignet, Joseph, fabricant de noir, subrogé-tuteur, demeurant 17, rue Neuve-Saint-Médard en 1831 (mais marchand ferrailleur, jouissant « d’une honorable aisance » demeurant rue Saint-Spire au coin de la rue des Filles-Dieu in Archives nationales F/15/2553 ; bien fabricant de noir, demeurant 17, rue Neuve-Saint-Médard in Archives nationales F/15/2557-2559 état officiel des orphelins). Vers 1832, la Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait au sujet de Virginie, Charlotte qu’elle se destinait à l’état de couturière en linge, qu’elle était en pension chez Mlle Levrot ou Levrault, 37, rue Saint-Bernard dans le faubourg Saint-Antoine, depuis le 16 janvier 1832. La même commission et à la même époque jugeait que Jean-François avait des capacités « fort ordinaires », qu’il était assez à son état, qu’il avait peu de docilité, s’occupait un peu de lecture et d’écriture et concluait : « On pourrait désirer de la part de ce jeune homme un peu plus de docilité et de meilleure volonté. Il ne semble pas bien persuadé de l’utilité des conseils qu’on lui donne sous le rapport de sa profession et de son instruction élémentaire. » Les deux enfants reçurent chacun trois cents francs pour leurs frais de trousseau en 1833. Par un testament en date du 1er mai 1832, le baron Chambon, Claude, Gaudérique, Joseph, Hiérome, ancien commissaire ordonnateur des armées sous l’Empire, demeurant 11, rue du Petit-Vaugirard, « applaudissant aux principes qui ont dirigé la révolution de Juillet et voulant lui rendre un hommage durable » fit un legs en faveur de vingt orphelins ou orphelines du (ancien) Xe arrondissement, de quatre du (ancien) XIe arrondissement et de trente du (ancien) XIIe arrondissement, laissant, pour chacun d’entre eux, une somme de six mille francs (sans qu’on connaisse les critères de sélection choisis à l’établissement de la liste). Quand le baron Chambon mourut, le 26 septembre 1833, le testament fut attaqué par ses neveux, sous le prétexte que « le défunt aurait eu en les dépouillant de son héritage, cédé à des sentiments d’inimitié et de colère ». Puis, finalement, ces neveux se désistèrent, ouvrant alors les droits des orphelins. Virginie, Charlotte et Jean-François furent deux d’entre eux. Pour chacun des orphelins la somme fut convertie en deux cent cinquante-six francs de rente à 5 %. En 1833, Jean-François réclama auprès du roi la rente qu’il ne pouvait plus toucher et se plaignait qu’il avait été reçu « d’une manière indigne » à la mairie où on lui dit n’avoir « pas le temps de se mêler de cette bagatelle ». Vers 1834, Jean-François était sorti d’apprentissage et entré chez Simonin, bijoutier en cuivre, 1, rue Perrin-Gasselin, chez lequel il gagnait un franc cinquante par jour. En 1838, Virginie, Charlotte était marié à un ouvrier. Le nom de Lhuguet (L. Lhuguet) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. En 1848, Jean-François Lhuguet déposa une demande devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février. Il était alors marié avec Perrée, Eléonore et tenaient tous deux une épicerie au 77, rue Nationale à Versailles. Ils désiraient obtenir un bureau de tabac ; leur clientèle était alors fort éloignée de tout bureau et l’ouverture de ce bureau leur paraissait indispensable à la vie du quartier. Il ne fut pas donné suite à sa demande, Lhuguet ne s’étant pas présenté aux convocations de la Commission (il n’est pourtant pas sur la liste des inculpés de juin 1848). Lhuguet demeurait 9, clos Payen ; ses enfants, à la même adresse en 1832 ; rue Saint-Eloi (sans doute au numéro 27) en 1833 ; son fils, Jean-François, 77, rue Nationale à Versailles en 1848. Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 90 pour les enfants, p. 91 pour la veuve ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du XIIe arrondissement auxquels il a été alloué des indemnités définitives lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 111 ; Archives de Paris VD6 682 n° 4 ; Archives de Paris VD6 623 n° 8, (ancien) XIIe arrondissement, liste des personnes tuées dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, ou mortes par suite de blessures reçues dans lesdites journées ; Archives de Paris, VD6 672 n° 1 (veuves) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 40-41 ; Archives de Paris VD6 639 n° 5, liste générale alphabétique (sous le numéro 1003 et le nom de veuve Lhuguet) ; Archives de Paris VD6 560 n° 7 : exécution des legs du baron Chambon en faveur des orphelins de juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 22, relevé des quittances remises à M. le pair de France, préfet de la Seine, par M. Delestre, délégué de la Commission des récompenses nationales, à l’appui des paiements faits aux blessés de Juillet, veuves et orphelins, depuis le 2 février 1831 jusqu’au 31 mai inclusivement ; Archives de Paris VK3 36, liste de veuves, d’orphelins, d’ascendants de citoyens tués en juillet 1830 (ancien) XIIe arrondissement (veuves), idem (deux listes de morts de cet arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/37, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette Commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) XIIe arrondissement, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelines du (ancien) XIIe arrondissement, orphelins du (ancien) XIIe arrondissement et Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, XIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1838 XIIe arrondissement ; année 1839 XIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Girard ; Archives nationales F/1dIII/57 in dossier Gruet ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) XIIe arrondissement, veuves et orphelins ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) XIIe arrondissement et (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2554 orphelins de Juillet, correspondance, dossiers collectifs ; Archives nationales F/15/2557 ; Archives nationales F/15/2557-2559 bulletins de surveillance spéciale de Jean-François et de Virginie, Charlotte et une feuille volante et un état officiel des orphelins (ancien) XIIe arrondissement et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Archives de la préfecture de police AA 399 ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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