Liard, Joseph, Charles
Biographie
Né le 1er avril 1788 (mais le 21 avril 1788 in Archives de Paris VK3 25 dans une liste de citoyens proposés pour la médaille, liste qui est corrigée à la main) à Belou ou Bellon (Orne). Ancien militaire de l’Empire durant trois années, ayant reçu trois blessures, devenu cocher. Il prit, expliqua-t-il « une part active dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet dernier. […] Il a secondé avec intrépidité son commandant [Voir Basson, Valentin, N.D.A]. Liard était à la prise du poste emporté au Théâtre-Français, à la prise de celui qui était dans la maison du chapelier, rue Saint-Honoré, à la prise de la pièce de canon, place du Carrousel et rue de Rivoli. Il est allé à Rambouillet, toujours sous les ordres du capitaine Basson, qui commandait une partie de la colonne. Partout où il était, il s’est comporté en vrai patriote. Il a servi avec le dévouement du soldat qui combat pour la patrie. Sa redingote a été percée de deux coups de feu, son chapeau a été percé d’une balle. Il est père de deux enfants en bas âge. Il avait quitté sa femme et ses enfants pendant trois jours ». Il sollicita un emploi de concierge, ou de garçon de bureau, ou « autre analogue ». Il joignait à sa demande deux certificats du capitaine Basson, qui attestaient les faits (un des deux certificats ajoutait la prise du poste de la Banque, mais sans que pourtant Basson évoque ce fait dans sa Note des opérations militaires faites par M. le capitaine Basson (natif de Perpignan), dans les journées mémorables des 27, 28 et 29 juillet, à Paris, et 3 et 4 août à Rambouillet, qu’il adressa à la Commission des récompenses nationales). Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement. Il reçut sa médaille le 9 juillet 1831, et son brevet le 17 août sans doute de la même année (il y a une tache d’encre sur le registre). Il signa, sans indication de date, le certificat suivant en faveur de Daret, Jean-Baptiste : « Nous, soussignés, habitants du faubourg Saint-Honoré, certifions que le nommé Daret, Jean-Baptiste, âgé de quarante-cinq ans, profession de marchand fruitier, domicilié rue de la Madeleine n° 13, a combattu pour le salut des libertés publiques dans les journées des 27, 28 et 29 juillet, où il fut blessé à la jambe droite, ce qui l’a mis hors d’état de travailler. Nous ajouterons que le ci-dessus dénommé est dans une position très malheureuse depuis les époques glorieuses des journées de la grande semaine de Juillet où il se montra avec toute l’énergie et le vrai patriotisme d’un Français. En vertu de la vérité et des témoignages de gloire dont il est porteur, nous estimons et déclarons en nos âmes et consciences qu’il mérite l’attention spéciale des philanthropes qui se plaisent à honorer les mérites de la valeur et les victimes de juillet 1830 et nous le recommandons très particulièrement aux soins de la société formée pour administrer des secours aux malheureux ouvriers blessés. » En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, en tant que décoré, auprès de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. En 1833, il était garçon de bureau au ministère des Travaux publics, aux appointements de mille cent cinquante francs annuels. Il reçut, comme décoré de Juillet, une somme de vingt-cinq francs, en 1833, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution de Juillet. Cette même année, il sollicita que le mariage de sa fille, Françoise, Louise, Eugénie, née vers 1816 à Paris, couturière, fût doté par la Ville de Paris, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet ; elle devait épouser Duteil, Amand, Guillaume, facteur surnuméraire à la poste, demeurant 50, rue du Faubourg-Saint-Honoré et sur lequel le directeur des postes donnait les renseignements suivants : « S’est toujours conduit à la satisfaction de ses chefs ; […] on ne peut que faire son éloge sous le double rapport de la probité et de l’exactitude à remplir ses devoirs ; […] il est d’un caractère doux et paisible, enfin on ne lui connaît aucun vice ». Le mariage fut effectivement doté et eut lieu le 25 juillet 1833. Le journal quotidien Le Conciliateur offrit au couple un titre d’action de cent francs sur la société du journal. La jeune femme mourut l’année suivante puis que son veuf, le même Duteil, Amand, Guillaume sollicitait, en 1835, que son nouveau mariage, cette fois avec Laurence, Louise Marchaux, fille d’un autre décoré de Juillet, Marchaux, Charles (voir ce nom), fût à nouveau doté par la Ville de Paris, mais, précisait la mairie « nous avons pensé qu’il serait inconvenant que le même individu profitât deux fois d’un pareil avantage ». En 1835, garçon de bureau au ministère du Commerce, il sollicita, dans ces termes, un secours « sur l’indemnité accordée aux décorés de Juillet » : « Père de famille, il est depuis bien des années le seul soutien de sa mère, âgée et infirme. Depuis peu de temps, il a eu le malheur de perdre sa fille aînée, qui lui a laissé un enfant dont il prend soin. Il fait partie de la garde nationale, pour laquelle il a fait des dépenses hors de ses moyens. Pour subvenir à toutes ces charges, il n’a que son emploi de garçon de bureau au ministère du Commerce. Il vous prie, monsieur le ministre, d’avoir égard à sa position, à ses malheurs et à son dévouement. » Le ministre du Commerce donna comme renseignement sur le compte de Liard, que sa position était réellement « digne d’intérêt » et le recommandait à la bienveillance du ministère. Il reçut un secours de cinquante francs au début de l’année 1835. En 1836, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Le sieur Liard est aujourd’hui placé comme domestique. Il n’a plus qu’un enfant à sa charge. Sa femme est maîtresse blanchisseuse et ne manque point d’ouvrage ; on ne les croit pas dans le besoin. Leur conduite est régulière. » Il reçut, comme décoré de Juillet, une gratification de cinq francs et trente centimes, en juillet 1837, à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution. En 1839, pressenti pour recevoir, comme décoré de Juillet, une gratification (dont le montant ne nous est pas parvenu), à l’occasion des fêtes anniversaires de la révolution, il est indiqué sur les listes de la mairie du (ancien) Ier arrondissement, comme ayant quitté son ancien domicile pour le quartier Saint-Germain. En 1842, la même administration rapportait : « Est garçon de bureau au ministère de l’Agriculture et du Commerce, où il est, dit-on, bien noté. Il n’est pas très heureux, ayant sa mère à sa charge et venant de faire l’acquisition d’un établissement de blanchisseuse pour sa femme. » Il reçut un secours de vingt-cinq francs et un autre de quarante francs en 1842, un secours de vingt-cinq francs en 1843. En 1844, garçon de bureau, seul soutien de sa mère âgée de soixante-dix-neuf ans, chargé de sa petite-fille, restée orpheline depuis dix ans, avançant « son sincère et entier dévouement au roi et à son auguste famille », il sollicita un secours et obtint quarante francs, la même somme en 1845, vingt-cinq francs en 1846, la même somme en 1847. En 1848, il était recommandé pour une mention honorable par la Commission des récompenses nationales créée après la révolution de Février. Il était porteur du certificat suivant : « Je certifie que le nommé Liard, Joseph, assistait comme combattant au feu du Palais national, le 24 février, et qu’il a apporté tous ses soins et son zèle pour que le malheur n’eût aucune suite, même que ses vêtements ont été brûlés dans l’action de son travail pour éteindre le feu, enfin qu’il a fait son service avec la conscience d’un bon citoyen. » Signé, le 28 août 1848 : Joanne, demeurant 77, rue Saint-Honoré ; Collot, demeurant 227, place du Palais-National ; Bouché, limonadier, demeurant 229, place du Palais-National. Sa mère et sa sœur moururent en 1849, laissant deux enfants, qui n’avaient que lui pour soutien et la médiocrité de sa position. Cette année-là, l’administration rapportait à son sujet : « Marié et père de deux enfants, demeure depuis dix ans rue de Grenelle-Saint-Germain, n° 128 bis, où il tient une boutique de blanchisseur de fin. Il jouit d’une bonne réputation et n’est pas dans une position malheureuse. » En 1857, la préfecture de police le disait « très favorablement représenté sous tous les rapports » et dans une très supportable position pécuniaire. Il reçut un secours de soixante francs en 1852, un secours de soixante francs en 1853, un secours de cinquante francs en 1854, un secours de quarante francs en 1855, un secours de trente francs en 1856, un secours de quarante francs en 1857, un secours de la même somme en 1858. En 1859, il sollicitait un secours pour « alléger un peu la misère dans laquelle il se trouve » et reçut quarante francs. Sa femme mourut en 1860. Il reçut un secours de quarante francs chaque année entre 1860 et 1863. Il mourut en 1864. Il était décoré de la médaille de Sainte-Hélène. Liard demeurait 142, rue Saint-Lazare, en face de la rue de l’Arcade, en 1830-1831 ; 18, rue des Saussaies en 1833-1837 ; 128 bis, rue de Grenelle-Saint-Germain en 1839-1858 ; 58, rue de Bourgogne en 1861 ; 160, rue de Grenelle-Saint-Germain en 1862-1863. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 91, idem liasse n° 5, état nominatif des décorés de Juillet qui ont reçu l’indemnité de vingt-cinq francs accordée par décision de M. le préfet de police, contenue dans sa lettre du 26 juillet [1833] ; Archives de Paris VD6 92, Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Bordereau des sommes payées aux décorés de la croix et de la médaille de Juillet, non blessés, pour l’indemnité qui leur a été accordée à l’occasion de l’anniversaire des trois jours, par décision de la Commission des récompenses nationales en date du 23 juillet 1831 ; Archives de Paris VI1 1, 1835, mariages de Juillet, liste des personnes présentées par M. le maire du (ancien) Ier arrondissement comme susceptibles d’être admises à jouir des bénéfices de la dotation qui sera faite par l’Etat à l’occasion des fêtes anniversaires des journées de juillet 1830 ; Archives de Paris VK3 24, département de la Seine, (ancien) Ier arrondissement, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet ; Archives de Paris VK3 25 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, (ancien) Ier arrondissement, idem même référence liste alphabétique des décorés de la médaille de Juillet, idem même référence Décorations de Juillet (1837) Mairie du (ancien) Ier arrondissement, Etat nominatif des décorés de Juillet qui ont demandé à recevoir l’indemnité accordée par M. le préfet de la Seine à l’occasion du septième anniversaire de Juillet, idem même référence Etat des décorés de Juillet domiciliés dans le (ancien) Ier arrondissement et qui sont dans le cas de prendre part à la gratification à l’occasion du neuvième anniversaire de Juillet ; Archives de Paris VK3 47 ; Archives de Paris VD4 9 pièce 2447, pièce 2458 ; Archives de Paris VI1 1, mariages dotés par la Ville, juillet 1833 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831 par la mairie du (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) Ier arrondissement ; Archives nationales F/9/1154, secours aux victimes de Juillet 1831-1835 ; Archives nationales F/15/3788-3789-3790 secours à divers titres ; Archives de la préfecture de police AA 369, Proposition d’accorder à 130 décorés, veuves et blessés de juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 7.510 francs, imputables sur le chapitre 6 du budget de 1852, minutes 225-229, en date du 19 juin 1852, idem Proposition d’accorder à trente-six décorés et veuves de décorés de Juillet 1830 des secours s’élevant ensemble à 1.620 francs, minutes 278-279, en date du 7 mars 1853 ; Archives de la préfecture de police AA 382 in dossier Daret, Jean-Baptiste.