Libert, Pierre, Marie, François

Biographie


Né le 20 octobre 1787 (mais le 24 octobre 1787 in Archives de Paris VK3 37) à Paris. Négociant à Bercy. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIVe arrondissement, sous-préfecture de Sceaux. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Sceaux. Sa médaille lui fut remise le 6 juillet 1831. Le 25 novembre 1830, chef de bataillon, commandant la garde nationale de Bercy, il sollicitait dans ces termes la décoration de la Légion d’honneur : « Libert fils aîné, négociant commissaire à Bercy depuis vingt-cinq ans, a l’honneur de vous exposer que, en sa qualité d’ancien commandant de la garde nationale de Bercy, dès le 27 juillet au soir, il procéda de concert avec M. l’adjoint de sa commune à sa réorganisation. Le lendemain 28, il plaça déjà trois postes d’intérieur et le 29 les cinq barrières de Picpus, Reuilly, Charenton, Bercy et la Rapée étaient garnies. Que ce même jour 29 avant qu’elles le soient suffisamment il eut le bonheur de sauver du pillage et de l’incendie, seul en uniforme et l’épée à la main la barrière de Charenton et plus tard le même jour celle de Picpus, par la seule force de son énergie, de son ascendant et de beaucoup de résolution. Que, constamment en ronde autour de ces barrières pendant plus d’un mois, il y rétablit et assura les droits, au point que pas une pièce de vins n’entra à Paris par ces cinq barrières sans payer tout ce qu’elles devaient. Les marchands de vin en détail à Bercy, au nombre de cent cinquante s’insurgèrent contre l’exercice et le paiement des contributions indirectes. Ils vinrent tous chez moi, je les raisonnai, je leur fis comprendre que les impôts devaient être payés, que le patriotisme de tout bon Français en faisait un devoir sacré. Je les convainquais et ils laissèrent constater les droits dus par les employés, qu’auparavant ils voulaient presque massacrer. Les ouvriers dérouleurs de vins, ici en possession depuis plus de trente ans de la décharge et recharge des bateaux et voitures, par privilège, se virent disputer ce privilège par les ouvriers tonneliers. J’intervins encore au milieu d’eux et parvins avec l’aide de M. le maire (alors nous en avions un) à réunir ces deux compagnies, à n’en faire qu’une, à laquelle nous convînmes (tous les négociants de Bercy) de donner nos travaux. Enfin pendant plus d’un mois et demi, négligeant, abandonnant tout à fait mes affaires, qui sont pourtant fort importantes ici pour ne m’occuper que des affaires publiques au succès desquelles j’étais si fortement intéressé par ma position dans toutes les élections précédentes, je ne quittai pas l’uniforme, faisant quatre, cinq et six rondes supérieures jusqu’à minuit chaque jour dans toute la commune. J’en fus récompensé par le grade de chef de bataillon qui me fut donné à l’unanimité par tous mes concitoyens appelés à mon élection. Je reçus des autorités supérieures de Paris et de Sceaux les lettres de félicitations les plus flatteuses sur ma conduite. Plusieurs de ces missives m’engagèrent à m’adresser à vous, monsieur le ministre, pour en obtenir la récompense la plus honorable qu’un citoyen puisse recevoir en sa vie, la croix d’honneur. » Il joignait à sa demande plusieurs pièces justificatives. Première pièce justificative, une lettre du baron Louis, provisoirement chargé du ministère des Finances, qui le félicitait, en date du 2 août 1830, d’avoir fait « réorganiser la garde nationale de Bercy, assurer le bon ordre aux barrières et faciliter la perception des droits d’octroi ». Deuxième pièce justificative, une lettre du directeur général des contributions indirectes, en date du 4 août 1830 « […] C’est un acte du plus pur patriotisme que d’avoir fait comprendre aux contribuables que la loi doit être observée, que la sûreté de l’Etat en fait une obligation sacrée et que ce n’est pas au moment où la population tout entière s’est levée avant tant de magnanimité contre la violation des lois qu’on pourrait justifier le refus des contributions légalement établies. Mais vous avez deviné la pensée du gouvernement en annonçant qu’il chercherait à arriver à la meilleure et à la plus juste répartition de l’impôt […]. » Troisième pièce justificative, une lettre du préfet de la Seine, Delaborde, en date du 7 août 1830, qui le félicitait de sa « conduite aussi patriotique ». Quatrième pièce justificative, une lettre de la Direction des droits d’octroi et d’entrée de Paris, en date du 12 août 1830, qui le félicitait en ces termes : « Je n’ai pas ignoré un seul instant les services importants que la garde nationale de Bercy a rendu à la Ville de Paris. C’est à la direction que vous lui avez donnée avec le concours de M. de Montalé, que vous-même désignez comme vous ayant puissamment secondé que la Ville de Paris doit la conservation des cinq barrières de la Rapée, Bercy, Charenton, Reuilly et Picpus. C’est aussi cette protection qui a préservé ceux de nos camarades logés dans ces bâtiments du pillage dont leurs collègues ont été victimes sur d’autres points. C’est enfin à votre zèle pour l’ordre public que nous devons l’appui prêté à la perception par la garde nationale de Bercy depuis le rétablissement du service de l’octroi. Comme chef de cette administration, permettez-moi d’exprimer à votre brave garde nationale, à vous M. le commandant et à M. de Montalé l’expression de notre sincère reconnaissance pour d’aussi utiles services. » Sa demande de la Légion d’honneur était appuyée par Châteaugiron (voir Châteaugiron de, René, Charles, Hyppolyte), sous-préfet de Sceaux, qui dans une lettre en date du 27 septembre 1830, lui indiquait avoir demandé pour lui la décoration de la Légion d’honneur. Le 14 décembre 1830, le préfet de la Seine donnait au roi l’appréciation suivante sur une éventuelle nomination de Libert comme chevalier de la Légion d’honneur : « […] M. Libert, par son zèle et sa fermeté, a garanti du pillage et de l’incendie plusieurs barrières de Paris […]. Le dévouement de M. Libert et la conduite qu’il a tenue dans cette circonstance difficile me paraissent devoir lui mériter la bienveillance de Sa Majesté et le rendre digne de la faveur qu’il sollicite. » Il fut nommé chevalier de la Légion d’honneur, en date du 26 février 1831. Libert commandait la garde nationale de Bercy en 1831. Il mourut le 21 novembre 1876. Sur le faire-part de son décès, il est indiqué comme ancien maire de Bercy, membre du conseil général de la Seine, ancien juge suppléant au tribunal de commerce de la Seine et président du conseil de fabrique de la paroisse de Saint-Laurent. Il demeurait 18, Grande-Rue à Bercy en 1831 ; 64, bd de Strasbourg en 1876. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VK3 37, dossier Médailles ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Sceaux ; Archives nationales F/1dIV/L/17 ; Archives nationales LH/2789/60

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