Lidière, Pierre
Biographie
Né vers 1795 à Montreuil (Haute-Vienne). Maçon. Il fut tué d’un coup de feu le 29 juillet, place Saint-Germain-l’Auxerrois. Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement. Le 3 mars 1831, devant le juge de paix du (ancien) VIIIe arrondissement, comparurent : Gaçon, Pierre, maçon, demeurant 1, rue Caron ; Maillard, Denis, maçon, demeurant 8, rue de la Tacherie ; Couret, Jean, maçon, demeurant 95, rue de la Mortellerie. Ils attestèrent savoir que Lidière, Pierre avait « été tué le 29 juillet 1830 près l’église Saint-Germain-l’Auxerrois ». Il laissait une veuve, Prugnaud, Marie-Antoinette, Pierrette, couturière ou blanchisseuse de fin, née le 5 frimaire an XIII (le 6 frimaire an XIII in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 B) à Paris, enceinte ; la mairie donnait les renseignements suivants sur sa situation : « La veuve est dans le besoin, elle jouit d’une bonne réputation. Le mari, quoique d’une conduite irrégulière, subvenait à ses besoins. » La veuve reçut un secours de cent quarante francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de vingt-cinq francs le 18 août 1830, un secours de vingt-cinq francs le 28 août 1830, un secours de cinquante francs le 16 septembre 1830, un secours de quarante francs le 9 octobre 1830, un secours de trente francs le 15 octobre 1830, un secours de cent francs le 27 octobre 1830, un secours de cinquante francs le 5 janvier 1831, un secours de cinquante francs le 4 février 1831, un secours de cinquante francs le 4 mars 1831, un secours de cinquante francs le 2 avril 1831 auprès de la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement, qui fut pensionnée de deux cents francs et à qui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Il laissait trois enfants, qui furent pensionnés et à qui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes : Pierre, né le 13 novembre 1824 (par erreur le 15 novembre 1824 in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 B), Pierre, Auguste né le 27 octobre 1828 (par erreur le 28 octobre 1828 in Archives nationales F/1dIII/36 et in Archives nationales F/1dIII/38 B), et un fils posthume, Denis, Prudent, né le 1er décembre 1830. Le conseil de famille des orphelins était composé de la mère et de Gacon, Pierre, maçon, subrogé-tuteur, demeurant 16, rue Beauregard en 1831. Pierre fut placé comme élève à l’institution de M. Julien, instituteur, 6, rue Jarente, et était dit doux, intelligent, parfois dissipé, d’un bon caractère et sans défauts majeurs ; en 1832, le surveillant chargé de suivre les orphelins de Juillet rapportait à son sujet : « Je désirerais un peu plus d’exactitude à se rendre à l’école. J’en ai déjà fait quelques reproches. Cet enfant est extrêmement gâté par sa mère, qui le retient à la maison sous les plus légers prétextes. […] Au reste, l’enfant ne demande qu’à faire des progrès et il me paraît avoir de la facilité. Il lit presque couramment. » En 1832, le même surveillant rapportait que l’enfant était « bien tenu par sa mère » puis, trois mois plus tard : « En ce moment, cet enfant est malade d’une fièvre scarlatine. Il est fort bien soigné. » Vers 1833, il était élève à la pension de M. Tremblay, 33, quai d’Anjou. La Commission de surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet rapportait à son sujet : « Cet enfant commence à écrire depuis six semaines qu’il est entré comme externe dans l’institution Tremblay ; il a déjà fait des progrès en lecture et en écriture, il est plein de bonne volonté. » Il reçut trois cents francs de frais de trousseau en 1834 ; en 1835, il était élève dans la pension de Laurent Duchesne à Belleville ; en 1836, il était élève dans une pension du Limousin. Pierre, Auguste reçut une pension de deux cent cinquante francs jusqu’au 31 décembre 1831. Denis, Prudent reçut sept cents francs de rente à l’âge de ses huit ans et trois cents francs de frais de trousseau en 1842. Il était alors en pension chez Laurent Duchesne, 24, rue du Pré-Saint-Gervais à Belleville, pour achever son éducation. Le bulletin de « Surveillance spéciale des orphelins et orphelines de Juillet » le disait destiné au commerce, s’il persévérait dans les dispositions qu’il annonçait. En 1838, Pierre était élève dans une pension de Bessine (Haute-Vienne). La veuve se remaria avec Gacon, Pierre, maître maçon, et demeura 6, cloître des Bernadins. Denis, Prudent fut un combattant de juin 1848 et de la Commune de Paris (voir Maitron). Le nom de Pierre Lidière (P. Lidière) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Pierre Lidière demeurait 1, rue Caron devenu 6, quai de la Grève ; la veuve, même adresse en 1831 (mais 1, rue de la Femme-sans-Tête et 103, rue Saint-Antoine in Archives de Paris VD3 1-2) ; 46, quai des Ormes vers 1832 ; 6, cloître des Bernadins en 1834-1842. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 5, des orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Orphelins de Juillet, ou considérés comme tels, pensionnés de deux cent cinquante francs jusqu’à l’âge de sept ans puis élevés aux frais de l’Etat jusqu’à dix-huit ans, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 90, p. 118 pour la veuve ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du VIIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 104 ; Archives de Paris VD3 1-2, (ancien) VIIIe arrondissement (1830-1849), cahier contenant les noms de personnes tuées, idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste de veuves) , idem paiements faits aux victimes de Juillet sur les fonds de la Souscription nationale (liste d’orphelins) ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 36-37 ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831, par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) VIIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, orphelins du (ancien) VIIIe arrondissement et orphelins du (ancien) VIIIe arrondissement, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et état des orphelins de victimes de Juillet dont les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/1dIII/40 (orphelins de Juillet, année 1831 ; année 1833, VIIIe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés ; année 1837, orphelins de juillet 1830 qui ont atteint l’âge de sept ans ; année 1838 VIIIe arrondissement ; année 1838 VIIIe arrondissement ; année 1839 VIIIe arrondissement); Archives nationales F/1dIII/52 in dossier Delamotte; Archives nationales F/1dIII/56 in dossier Gautier ; Archives nationales F/1dIII/64; Archives nationales F/1dIII/73 in dossier Prugnaud ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) VIIIe arrondissement, veuves et orphelins et aussi Commission des récompenses nationales, état des orphelins de victimes de Juillet, dont il paraît que les noms et dates de naissance n’ont pas été inscrits conformément à leurs actes de naissance ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) VIIIe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557 dont lettre en date du 3 juin 1834 ; Archives nationales F/15/2557-2559, état officiel des orphelins (ancien VIIIe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.