Liénard, Siméon, Fructidor
Biographie
Né le 3 fructidor an IV à Nîmes (Gard), fils de Liénard, Louis, marchand, et de Londer, Marguerite, son épouse. Commis négociant. Il fut une des victimes des affrontements qui eurent lieu dans la ville de Nîmes entre les partisans du nouveau gouvernement (très souvent des protestants, et parfois des libéraux), et ceux de l’ancien (généralement catholiques), vers la fin du mois d’août 1830. Ces affrontements causèrent la mort de six protestants et de deux catholiques ; furent blessés, dont plusieurs dangereusement, dix-huit protestants ou libéraux et cinq catholiques ; furent battus dix protestants et deux catholiques. Le préfet du Gard, dans le travail de la Commission des récompenses nationales, constatant la continuation d’un mauvais esprit à l’égard du nouveau gouvernement, pensait que les blessés devaient être seulement secourus pécuniairement mais non décorés et précisait : « Une décoration de Juillet à des hommes de la populace de Nîmes serait un sujet continuel de danger pour eux et peut-être, dans un jour de troubles, un arrêt de mort. » L’Etat des victimes des troubles de Nîmes pendant le mois d’août 1830, dressé par la Commission des récompenses nationales, rapportait à son sujet : « Agé de trente-six ans environ, commis voyageur, grièvement blessé à la cuisse, est bien malade. L’os est brisé, et les médecins n’espèrent pas, s’il doit guérir, qu’il soit rétabli avant quatre ou cinq mois. La famille Liénard est aussi respectable que malheureuse. En 1815 [sous la Terreur blanche, N.D.A.], elle eut beaucoup à perdre et à souffrir. Riche dans le temps, elle est aujourd’hui sans fortune. Le fils était le soutien de son vieux père. Quand il sera remis, il ne pourra plus voyager à cheval. D’ailleurs la maison de commerce qui l’employait l’a remplacé. Ce jeune homme, si intéressant et si malheureux, sollicite une place de commissaire-priseur à Nîmes ou à défaut un emploi équivalent. Je supplie l’autorité de ne pas oublier ce digne jeune homme auquel on ne pourrait offrir de l’argent sans blesser sa délicatesse. » Il fut indemnisé d’une somme de mille cinq cents francs une fois payée. Il fut soigné par le docteur Pleindoux, Etienne (voir ce nom). Il demeurait rue de la Trésorerie à Nîmes en 1830. Archives nationales F/1dIII/79, dossier Gard.