Loget, Joseph, Michel

Biographie


Né le 17 septembre 1811 à Paris, fils de Loget, François, Joseph, décoré de la médaille de Juillet. En 1839, il était teinturier et fut arrêté, le 14 juillet 1839, pour intrigues politiques. Il avait été l’objet de la note de police suivante : « Un ouvrier maçon, connu sous le nom de Baptiste, demeurant au 2e étage, la porte à droite, rue du Monceau-Saint-Gervais n° 14, inspire, par la manifestation d’opinions républicaines et par sa conduite équivoque, de la crainte à ses voisins. Il travaille rarement et ne rentre chez lui qu’à des heures indues. Il fréquente souvent un sieur Loget, établi en face de l’église Saint-Gervais, connu pour un républicain exalté. Dimanche dernier, les nommés Baptiste et Loget ne sont rentrés que fort avant dans la nuit. Aujourd’hui la dame Bayer, principale locataire de la maison rue du Monceau-Saint-Gervais n° 14, ayant demandé audit Baptiste, son locataire, si en ce moment tout était tranquille, cet individu a répondu avec un geste de menace : “Oh ! non ; vous verrez cela samedi ou dimanche prochain : toutes les sociétés qui ignoraient la sortie qu’a faite la fraction dimanche dernier sont à présent prévenues et organisées.” On assure que cet individu loge depuis longtemps clandestinement chez lui deux autres ouvriers maçons. » L’arrestation de Loget fit l’objet du procès-verbal suivant : « Arrêté hier en exécution d’un mandat de M. le préfet de police. On a saisi un moule en plâtre dans lequel sont trois autres moules à balles, plus une grande quantité de pièces et journaux politiques. » La Cour des pairs délivra un non-lieu à poursuivre le concernant. Mouleur en 1848. Il déposa un dossier devant la Commission des récompenses nationales instituée après la Révolution de Février, et qui nous donne quelques indications sur sa participation à la révolution de Juillet. Il sollicitait alors un emploi. Sa demande était apostillée des signature de De Léry et de Beraud, J.-B. Il donnait, dans un autre courrier, les indications biographiques suivantes : « […] A dix-neuf ans, je demeurais chez mon père, Loget, teinturier, rue Saint-Antoine n° 9, décoré de Juillet. Le premier jour de ces trois journées, je partis armé d’un pico, me faire donner un coup de crosse en voulant m’emparer d’un fusil d’un gendarme au poste de la rue des Fossés-Saint-Bernard. Je fus ensuite faire feu à la barricade de la rue du Mouton sur l’Hôtel de ville (et cela chauffait je vous assure plus fort qu’en février). Mais ce ne fut pour moi qu’un jeu d’enfant. J’agissais sans convictions. Pourtant l’odeur de la poudre m’avait charmé et je désirais la bataille. Je partis pour Alger, au 67e de ligne. Je revins en 1833. Homme alors de principe, je fis de la propagande. Avril [1834], je repris le fusil mais j’étais peu connu. J’entrais ensuite dans la société des Saisons. Mai [1839]. Je fis mon devoir. A l’époque de la condamnation de Barbès, je fus arrêté chez mon père, rue du Pourtour-Saint-Gervais pour l’échauffourée de la demande de l’abolition de la peine de mort. On voulait, en m’arrêtant à 1 heure du matin, me faire payer mes antécédents. L’acte d’accusation portait : fabrication de munitions de guerre, société secrète, chef de bande, complot tendant au renversement du gouvernement... Sorti de prison, je me mariais puis vint enfin février. Je me saisis d’une arme et fis comme toujours mon devoir. Vous demandez des preuves de ce que l’on avance. J’aurais l’honneur de vous répondre que je ne serai point flatté d’aller, armé d’un écrit tout à ma louange, le présenter à signer à bon nombre de personnes. Seulement le citoyen Brandely me fit observer que, ne faisant partie d’aucune société secrète à cette époque-ci, je ne pourrais fournir les preuves de ma noble conduite (remarquez que c’est lui qui parle). Je joins donc ici son certificat. Quant aux preuves du reste, je vous prie de vous adresser aux citoyens Martin Bernard. Dites-lui pour rappeler ses souvenirs que c’est moi qui le moulait sur nature. Rappelez-moi de même au souvenir du citoyen Dupoty, qui m’honora de sa visite aux Beaux-Arts, Lacombe, Lamieussens, Hervé, enfin je m’arrête là... Voilà, citoyens, les seules certificats que ma juste susceptibilité me permet de vous fournir. Ma position présente est bien triste et c’est pourquoi pour la première fois que je sollicite je vous demanderai la permission de formuler une demande. J’avais voulu me présenter à la mairie afin de pouvoir travailler mais on m’aurait sans doute envoyé au pavage et vraiment je n’aurais pas gagné l’argent que l’on m’aurait donné et je suis très rigoureux sur cet article. Donnez-moi donc une petite place dans une petite administration en attendant que les statuettes et objets de luxe reprennent. Je dois vous prévenir que ma famille et moi sommes à bout de ressources. J’attends des nouvelles de vous avec la plus grande impatience. » Il joignait le certificat suivant à sa demande : « Je certifie, Brandely, ingénieur civil, rue du Faubourg-du-Temple n° 7, que le citoyen Loget, Joseph, mon ancien compagnon d’armes en Afrique, était du nombre des combattants du 24 février. Je l’ai remarqué en différentes circonstances et à différentes heures de ce jour mémorable. » Signé, le 14 mars 1848 : Brandely, demeurant 7, rue du Faubourg-du-Temple. Il fut recommandé pour un emploi d’inspecteur dans les chemins de fer de l’Etat. Il était marié et père d’une fille âgée de six mois, sa belle-mère âgée de cinquante-six ans à charge et malade depuis deux ans en 1848. Sa femme était originaire de Nantes (Loire-Atlantique). Il demeurait 1, rue du Pourtour-Saint-Gervais en 1839 ; 356, rue Saint-Denis en 1839, dans son dossier à la Cour des pairs ; 1, rue Corbeau-du-Temple en 1841-1848. Archives de la préfecture de police AA 399 ; Archives de la préfecture de police AA 425, soulèvement républicain des 12 et 13 mai 1839 ; Archives nationales CC//747, Cour des pairs, attentat du 15 mai 1839.

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