Loiraud, Pierre

Biographie


Né le 26 novembre 1783 au village de Vergnolle à Saint-Agnant-de-Versillat (Creuse), fils de Loiraud, Gabriel de Lapierre, Françoise, son épouse. Maître compagnon maçon. Il fut grièvement blessé d’un coup de feu reçu à la cuisse, le 29 juillet à la prise de la caserne de Babylone et mourut des suites d’une hémorragie, le 31 juillet. Il fut enterré, le 1er août 1830, au cimetière du Montparnasse. Le Constitutionnel du 18 août 1830 rapportait à son sujet : « Le nommé Loireau [sic], maître compagnon maçon, est mort le 31 juillet, des suites d’un coup de feu reçu le 29, à la caserne de Babylone. Plus de quatre cents de ses camarades ont accompagné ses restes au dernier asile avec un religieux recueillement. Son fils, car il était père de famille, était en tête du cortège et fondait en larmes. Le corps du défunt a été déposé dans un terrain particulier acheté par un de ses mais. Une collecte à vingt-cinq centimes a produit aussitôt cent huit francs, destinés à lui ériger un monument. » Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) Xe arrondissement. Le certificat médical suivant constatait les causes de son décès : « Je déclare avoir eu à traiter d’une blessure faite par une arme à feu et reçue dans la rue des Brodeurs, le 29 juillet, le nommé Pierre Loiraud. La balle, après avoir traversé la cuisse droite un peu au-dessous du petit trochanter, avait brisé l’os de la cuisse gauche et était venue soulever les téguments qui ont été incisés pour son extraction. L’abondance de l’hémorragie me fait croire que c’est là la véritable cause de la mort. » Signé, le 3 août 1830 : Simon, élève en médecine. Ce certificat médical était ainsi apostillé par la mention suivante : « Nous, soussignés, déclarons vrais les faits contenus dans le procès-verbal signé par le médecin, et déclarons que c’est les armes à la main pour la défense de la patrie, qu’il a reçu le coup de feu qui a causé sa mort. » Signé : Dezac, propriétaire, demeurant 9, avenue de Breteuil ; Bourgeois, entrepreneur de peintures, demeurant 84, rue du Faubourg-Poissonnière ; Dudrut, Léonard, maçon, demeurant 14, rue Traverse ; Boutaud, propriétaire, demeurant 13, rue des Brodeurs. Le 22 septembre 1831, devant le juge de paix du (ancien) Xe arrondissement, comparurent : Boutaud, Vital, propriétaire, demeurant 13, rue des Brodeurs ; Dezac-Derecq, Jacques, entrepreneur, demeurant 9, avenue de Breteuil ; Dudrut, Léonard, maçon, demeurant 14, rue Traverse dans le faubourg Saint-Germain. Ils attestèrent que Loiraud, Pierre était mort le 31 juillet 1830 « par suite d’un coup de feu qu’il a reçu le 29 du même mois à l’affaire de la caserne Babylone, les armes à la main ». Il laissait sans doute une mère, veuve et demeurant à Saint-Agnant-de-Versillat (Creuse) son nom n’est pas sur les listes du Bulletin des lois. Il laissait une veuve, Leroy, Marie (son nom est absent des listes du Bulletin des lois, mais elle est bien in Archives nationales F/1dIII/38 B et in Tableau général des pensions), née le 3 novembre 1784 à Saint-Agnant-de-Versillat, fille de Jean Leroy et de Françoise Prieur, qu’il avait épousée le 23 février 1808 à Saint-Agnant-de-Versillat; sur l’acte de mariage, Loiraud, Pierre est indiqué comme le fils de feu Loiraud, Gabriel, décédé le 19 frimaire an VIII à Vergnolle, et de Lapierre, Françoise ; Leroy, Marie est indiquée comme la fille de Leroy, Jean, maçon, et de Leprieur, Françoise (mais Prieur, Françoise dans l’acte de baptême de Leroy, Marie), son épouse. Elle reçut un secours de cent trente francs (sous le nom de veuve de Loirot, Pierre) en août 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel sans doute aussi une rente auprès de la Commission de la souscription nationale selon Archives de Paris VD6 559 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, dossiers individuels. Elle présenta le certificat suivant : « Nous, soussigné, maire de la commune de Saint-Agnant-de-Versillat, […] certifions que le nommé Loiraud, Pierre, maître compagnon en maçonnerie, natif de notre dite commune, où il a toujours conservé son domicile, décédé à Paris, le 31 juillet dernier de suites d’une blessure qu’il y avait reçue dans la glorieuse et sanglante journée du 28 du même mois, était légitimement marié à Marie Leroy, aussi de notre commune ; qu’il laisse cette malheureuse veuve, âgée de quarante-six ans révolus, sans fortune ni ressources avec quatre enfants, dont trois en bas âge ; que cette déplorable famille qui jusque-là se trouvait suffisamment riche des secours et de l’industrie du meilleur des pères et du plus estimable des époux, se voit aujourd’hui précipité soudainement et de la manière la plus effroyable dans l’abîme du désespoir et des privations, par le coup trop foudroyant qui vient de la frapper ; que la perte de l’infortuné Loiraud, victime du plus odieux massacre, est non seulement sentie des siens mais encore de tous les habitants de cette commune, où il n’a jamais cessé d’être honoré de l’estime et de la considération publiques, où il a toujours tenu la conduite la plus louable et où si souvent il a donné tant de marques de cette généreuse bienveillance, de cette inépuisable bonté, de cette douceur dans le caractère et de cette intégrité sans tache, qui l’ont constamment élevé au-dessus du rang obscur d’où il est sorti et lui ont partout captivé l’attachement de ceux qui l’ont connu. Nous attestons enfin que la famille Loiraud mérite à tous égards de fixer l’attention du gouvernement de la manière la plus particulière […]. » Elle donna procuration à son neveu, Dudrut, Léonard, maçon, demeurant 14, rue Traverse dans le faubourg Saint-Germain, pour toucher en son nom toute somme lui revenant de la part de la Commission des récompenses nationales ou de la Commission de la souscription nationale. Loiraud laissait aussi quatre enfants (dont les noms sont absents des listes du Bulletin des lois), tous nés à Saint-Agnant-de-Versillat : Julien, le 3 novembre 1808, demeurant 29, rue des Nonnains-d'Hyères en 1830, Jean, le 24 août 1816, Marie, le 14 novembre 1819, Marie, le 27 septembre 1824 qui furent bien pensionnés de sept cents francs ; les trois derniers reçurent, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes ; Pierre, Silvian, né le 15 juillet 1819 à Orléans (Loiret) et demeurant à Neuilly (Seine), fut pensionné de sept cents francs. In Archives de Paris VD6 92 Marie est pensionnée et le directeur de la Dette lui a délivré un certificat pour une pension annuelle de deux cent cinquante francs. En 1832, les deux filles furent placées en pension chez une institutrice de La Souterraine (Creuse), Mme Clerc, pour y apprendre à lire, à écrire et les travaux d’aiguille, pour un prix annuel de quatre-cent-quatre-vingts francs par an et par enfant. Jean fut placé en pension chez M. Betolaud, instituteur à Saint-Aignan pour y recevoir des leçons de lecture, écriture, calcul, grammaire française, histoire, géographie et dessin linéaire, pour un prix de quatre-cent-quatre-vingts francs par an. Tous trois reçurent trois cents francs pour leurs frais de trousseau en 1832. En 1836, les deux filles, Marie, étaient élèves dans une institution. En 1842, l’orpheline Marie, (que la mairie de Saint-Agnant-de-Versillat, à l’occasion de la délivrance d’un certificat de vie, disait être née le 28 septembre 1824 au village de la Prugne, commune de Saint-Agnant-de-Versillat), était devenue, le 7 mars 1842, l’épouse de Jarrigeon, Jean, et demeurait depuis son mariage dans le village de la Chenedière, commune de Saint-Agnant-de-Versillat. Le 24 juillet 1840, les restes de Loiraud (sous le nom de Loireau, Pierre dans le procès-verbal d’exhumation in Archives de la préfecture de police AA 420) furent exhumés du terrain situé au cimetière du Montparnasse, où ils avaient été placés, puis ces restes furent renfermés dans un cercueil avec douze autres, afin d’être transférés dans le caveau prévu à cet effet sous la colonne de Juillet, construite place de la Bastille, pour honorer la mémoire de tous ceux qui moururent en combattant pour les libertés publiques. Le nom de Loiraud (P. Loiraud) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Loiraud demeurait au village de La Prugne commune de Saint-Aignan-de-Versillac en 1808-1824 ; 13, rue des Brodeurs (9, avenue de Bret. Sur les listes du Constitutionnel et sur celles de Boulland) en 1830 ; sa veuve, au village de La Prugne commune de Saint-Aignan-de-Versillac en 1831. Premier état, arrêté le 19 août 1830, des secours distribués par Le Constitutionnel ; Journées des 27, 28 et 29 juillet, liste des morts, des blessés, des veuves, des orphelins, Paris, A. Boulland, 1830, p. 38 ; Liste des morts, des blessés, des veuves et des orphelins, 2e édition, Paris, chez A. Barbier, imprimeur, rue des Marais S.-C., 17, 1830, p. 34 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 88 pour la veuve, p. 91 pour les enfants : Jean, né le 24 août 1816, Marie, né le 14 novembre 1819, Marie, né le 27 septembre 1824 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves (par erreur sous le nom de Leroy, née Loiraud, Marie), orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du Xe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 108 ; Archives de Paris DM13 1, tableau des décès qui ont eu lieu pendant les mois de juillet, août et septembre 1830, (ancien) Xe arrondissement ; Archives de Paris VD 4 13 pièce 3671, Etat, par arrondissement et par âge, des orphelins et orphelines de Juillet, Etat général des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins et orphelines de Juillet (on trouve le même document dans Archives de Paris VK3 23) ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, Etat nominatif des orphelins dont les bulletins individuels ont été remis le 16 décembre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, Etat nominatif des veuves dont les bulletins individuels ont été remis le 2 décembre 1831 au bureau de la souscription nationale à la préfecture de la Seine, Secours à domicile de la Ville de Paris, bureau de bienfaisance du Xe arrondissement, 9, rue de Varennes, service des orphelins de Juillet, note pour servir à la rédaction des certificats de vie, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du Xe arrondissement, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet domiciliés dans cet arrondissement, préfecture du département de la Seine Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du Xe arrondissement, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet domiciliés dans cet arrondissement, Etat des titres de pension qui ont été envoyés à la mairie du [ancien] Xe arrondissement, comme appartenant à des orphelins de Juillet qui y ont été domiciliés, idem dossiers individuels, idem Etat de la remise opérée entre les mains de M. Pairou, secrétaire-trésorier du bureau de bienfaisance, des fonds, des titres de pension et de rente appartenant aux orphelins de Juillet sous la tutelle de la commission municipale du (ancien) Xe arrondissement, idem Citoyens douteux (quant aux circonstances de la mort dans les combats et qui lui mériteraient son inscription sur les listes du Panthéon, N.D.A) ; Ministère du Commerce et des Travaux publics, Rapport au roi sur l’exécution de la loi du 13 décembre 1830, relative aux récompenses nationales, et de l’ordonnance du roi du 25 août 1831, concernant les orphelins et orphelines de Juillet à la charge de l’Etat, (qu’on peut trouver par exemple dans Archives de Paris VD6 92), p. 38-39 ; Archives de Paris VD6 559 n° 1, mairie du (ancien) Xe arrondissement, souscription de 1830, instructions préfectorales, bureau de bienfaisance du (ancien) Xe arrondissement, état nominatif des orphelins et orphelines de Juillet du (ancien) Xe arrondissement existant au 1er janvier 1833 ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/36, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux orphelins pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) Xe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (douze veuves) ; Archives nationales F/1dIII/40 (année 1833, Xe arrondissement, orphelins et orphelines de Juillet, tableau n° 1 indiquant leur âge, la profession à laquelle ils se destinent, l’établissement public ou privé dans lequel ils sont placés), (année 1838 Xe arrondissement), (année 1839 Xe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/55 in dossier Fondary ; Archives nationales F/1dIII/63 in dossier Leroy, Marie ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives nationales F/1dIII/68 in dossier Morin ; Archives nationales F/1dIII/82, Comité des pensions, liste de présence, liste des orphelins aussi état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) Xe arrondissement, veuves (par erreur sous le nom de Leroy, née Loiraud, Marie) et orphelins ; Archives nationales F/15/2553 orphelins de Juillet, (ancien) Xe arrondissement ; Archives nationales F/15/2557-2559 dossier (ancien) Xe arrondissement et aussi un état officiel des orphelins (ancien Xe arrondissement) et aussi même référence, un cahier intitulé Noms des tuteurs et subrogés-tuteurs des orphelins pensionnés : orphelins sans tuteurs et sans subrogés-tuteurs ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83, liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841 ; Archives de la préfecture de police AA 420.

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