Loisel, Amédée, Alphonse

Biographie


Né en août 1795 à Rouen (Seine-Maritime). Propriétaire. Commandant des volontaires rouennais. Le 17 novembre 1831, il sollicita auprès du ministère de l’Intérieur de pouvoir récupérer le placet qu’il avait fait remettre au roi, lors du voyage de celui-ci en Normandie, comme le travail de la Commission des récompenses nationales allait commencer. La Liste des citoyens présentés au Roi par la Commission des récompenses nationales de la Seine-Inférieure pour la Croix de Juillet récapitulait ainsi sa participation aux événements qui avaient suivi, dans ce département, la révolution de Paris, et antérieurs au 30 du même mois : « Le 29, sur le bruit que le général Clermont-Tonnerre préparait des mesures offensives, le sieur Amédée Loisel avait disposé des hommes sûrs de manière à s’emparer au premier signal du clocher de l’église Saint-Ouen pour sonner le tocsin. Le 30, partit comme commandant des volontaires non armés, sous les ordres de M. Monthelier. » A la réception du travail de la Commission des récompenses nationales de la Seine-Inférieure, le ministère de l’Intérieur, en date du 15 janvier 1832, émettait sur le compte de Loisel les réserves suivantes : « Avant d’y donner aucune suite, j’ai cru devoir vous communiquer quelques observations confidentielles qui m’ont été soumises sur l’état des citoyens présenté pour la décoration de juillet. En tête de cette liste, figure un homme dont les services et le dévouement à cette mémorable époque ne peuvent être méconnus mais, si j’en crois les renseignements qui me sont fournis sur sa position sociale et sur sa moralité, il y aurait à craindre, en lui décernant la Croix de Juillet, d’exciter de justes susceptibilités parmi les personnes auxquelles cette distinction doit être conférée et de jeter même dans la décoration de Juillet une espèce de défaveur. » La division des gardes nationales et des affaires militaires répondit de la manière suivante au ministre de l’Intérieur : « L’on a porté votre attention sur le nom d’Amédée Loisel, que l’on vous a désigné comme ne devant point porter la décoration de juillet, à cause de ses antécédents. Le sieur Loisel est l’agent d’une société qui procure des remplaçants aux conscrits et, par la nature de ce commerce, divers bruits s’étaient répandus sur son compte, qui le plaçaient d’une manière désavantageuse dans l’opinion publique, mais cet homme jouit du plus grand crédit sur les ouvriers et, lors des événements de juillet, il souleva contre le gouvernement aboli la nombreuse population du faubourg Saint-Sever ; ce fut donc sur lui que se porta d’abord l’investigation de la Commission des récompenses nationales. Elle décida, dans une première séance, que la décoration ne pouvait lui être accordée à cause de ses relations sociales. Cette résolution, qui devait être secrète, fut connue ; le sieur Loisel réclama vivement, et avec lui plusieurs personnes, témoins des services qu’il avait rendus. Il produisit des certificats de l’autorité judiciaire, constatant qu’il n’avait jamais subi aucune condamnation et des certificats de bonne vie et mœurs, du maire de Rouen et du commissaire central de la police. La Commission se rassembla de nouveau et, après avoir examiné la question avec réflexion, elle décida à l’unanimité que la Croix de Juillet serait accordée au sieur Loisel ; cette solution, connue du public, n’a point produit un mauvais effet, la conduite de cet homme ayant été des plus marquantes. La Commission a d’ailleurs considéré qu’il y aurait de l’inconvénient a lancer parmi les ennemis du gouvernement un individu à grande influence sur le peuple, qui ne manquerait pas de crier à l’injustice, à l’occasion du refus qu’on ferait à Loisel de la Croix de Juillet. Je ne pense pas que la sanction royale ne doive pas être donnée au travail de la Commission. Les observations que vous m’adressez s’appliqueraient elles encore à M. Gaudin, ancien officier d’artillerie, en ce qu’il est en ce moment en déconfiture ? la Commission, après lui avoir par ses motifs, refusé la croix, est revenue, dans une autre séance, sur sa première décision ; en considérant que quelle que fût la position commerciale actuelle de M. Gaudin, c’était à sa conduite de Juillet qu’elle devait accorder une récompense. J’ai la certitude qu’aucun des deux n’accepterait en indemnité une récompense pécuniaire. Je n’ai pas cru devoir convoquer la Commission des récompenses nationales, puisque, ayant prévu à l’avance les objections qui pourraient s’élever sur l’incident que vous me signalez, elle les avait méditées et résolues. […] Personne plus que MM. Senard et Daviel n’a mérité la Croix de Juillet. Par une louable modestie, ils se sont refusé à ce que la Commission les proposât au choix du roi ; cela ne doit pas les priver d’une récompense à laquelle ils ont de justes titres, seulement à cause de la publicité donnée à leur refus.[…]. » Il fut décoré de la Croix de Juillet, par l’ordonnances du 17 juillet 1832. Il demeurait 7, rue des Murs-Saint-Ouen en 1831. Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances n° 26, 2e section, ordonnance n° 1137 du 17 juillet 1832, Paris, Imprimerie royale, mars 1833, p. 1, ordonnance du roi qui décerne la Croix de Juillet à quarante-deux citoyens et la médaille de Juillet à cinquante-huit citoyens ; Archives nationales F/1dIII/81, dossier Seine-Inférieure.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.