Lombard, Juvénal
Biographie
« Le jeudi 29, à huit heures du matin, le nommé Juvénal Lombard, vêtu seulement d’une chemise et d’un pantalon de toile, se distinguait à l’attaque du Louvre ; il avait déjà tiré onze coups de fusil, sans changer de place, lorsqu’un de ses camardes tombe auprès de lui, en criant : “Du secours, je ne suis que blessé.” Aussitôt, il court au malheureux, le relève, sans pour cela quitter son fusil, le charge sur ses épaules, et se disposait à l’emporter lorsqu’un coup de sabre vint le frapper par derrière ; fort heureusement il portait un bandage, le cercle en fut brisé, sans qu’il reçut une égratignure. Il se retourne à l’instant, d’un vigoureux coup de sabre, se débarrasse de son ennemi, continue son chemin avec le pauvre blessé, qu’il dépose sur un brancard, et, accompagné d’un homme qui veut bien l’aider, il porte ce malheureux dans la rue Baillet, où était une ambulance. Après que le blessé eut reçu des secours, il le transporta à l’Hôtel-Dieu. Depuis ce moment, il ne cessa de porter des blessés qu’il allait chercher partout où il en pouvait trouver. » Histoire de la révolution de 1830 et des nouvelles barricades, par F. Rossignol et J. Pharaon, Paris, chez Vimont, Levavasseur et Urbain-Canel, 1830, p. 317-318.