Longuet, Auguste, Constantin
Biographie
Né le 14 septembre 1795 à Caen (Calvados). Caissier au journal Le Messager des Chambres (établi place de la Bourse au coin de la rue Feydeau puis 17, rue des Filles-Saint-Thomas). Il était porteur de plusieurs certificats. Le premier, ainsi rédigé : « Je, soussigné, Charles, Olivier Danse, sous-lieutenant désigné par la Commission des récompenses nationales pour prix de ma coopération active aux journées de Juillet, demeurant rue du Mont-Blanc, n° 47, déclare vrais et authentiques les faits suivants : Le 29 juillet, j’étais avec un grand nombre de citoyens armés en station sur la place de la Bourse, lorsque nous fûmes convenus de nous transporter du côté de la rue de Richelieu, où la fusillade se faisait entendre. Nous marchions vers ce point, en descendant la rue Vivienne. Je reconnus alors M. Constantin Longuet, dont je suis l’ancien ami et que je n’avais pas vu depuis longtemps. Je lui témoignai la satisfaction que j’éprouvais à nous voir réunis dans une telle circonstance. Il était armé d’un long poignard de marine, sa vue ne lui permettant pas d’arme propre à atteindre un ennemi de loin. Il me demanda si mon frère était des nôtres, je lui répondis qu’il s’était dirigé sur un autre point. Je ne m’attendais pas hélas à le trouver mort en rentrant chez mon frère. Au bas de la rue de Richelieu, le désordre, le nombre des citoyens et la fusillade qui venait de la rue Saint-Honoré firent que nous nous perdîmes de vue. Je n’eus occasion de revoir M. Longuet que deux jours après. Il vient s’affliger avec ma famille sur la perte que nous avons faite le 29 juillet dans la personne de mon frère aîné, tué sur une barricade. Je répondrai dans toute circonstance du patriotisme et de l’honneur de M. Longuet. Je connais beaucoup la famille à laquelle il s’est allié. Un tel choix est encore une preuve de ses opinions libérales. J’ai délivré avec un grand plaisir le présent certificat pour servir à un bon citoyen, si l’occasion s’en présente. » Signé, le 12 décembre 1830 : Danse, Charles. Le deuxième certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, Ambroise Bétourné, homme de lettres, demeurant place du Palais-de-Justice, n° 4, déclare et atteste avoir rencontré le 29 juillet dans l’après-midi, M. Constantin Longuet, à la tête d’une troupe de citoyens armés. Ils descendaient la rue Vivienne, se dirigeant du côté de la rue Neuve-des-Petits-Champs. Je déclare en outre que M. Constantin Longuet, dont je suis le compatriote et l’ancien camarade, s’est toujours fait remarquer par ses opinions libérales et son patriotisme ; en 1815 et 1816, lui et sa famille étaient notés pour professer des opinions contraires au gouvernement des Bourbons. A l’époque des élections, dans notre département, de concert avec M. Marie, aujourd’hui secrétaire général du Calvados, il concourut à faire triompher le candidat constitutionnel, en tenant bureau ouvert à toutes les réclamations des électeurs non inscrits et en allant lui-même exciter les indifférents à se présenter pour déposer leur vote. Ces faits sont à la connaissance de toute la ville de Caen. » Signé, le 10 décembre 1830 : A. Bétourné. Le troisième certificat était ainsi rédigé : « Je, soussigné, Victor Hentz, ancien marchand de musique, Palais-Royal, n° 96, affirme avoir rencontré M. Constantin Longuet, le 29 juillet aux abords de la rue de Richelieu, à la tête d’un groupe de citoyens armés. Il m’adressa quelques mots sans suite et me quitta aussitôt. Mes relations avec M. Longuet ont été déterminées avec quelques compositions musicales qu’il publia chez moi. Il exerçait principalement son talent sur des paroles patriotiques consacrées à notre ancienne gloire. Je n’ai jamais douté de son amour pour la liberté. Partageant entièrement ses opinions, j’ai été à portée de l’entendre souvent professer ses principes avec ardeur et franchise. Je regarde M. Longuet comme un bon citoyen, rempli de dévouement pour sa patrie. » Signé, le 2 décembre 1830 : Hentz, Victor. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, qui établit sur son compte le rapport suivant : « Le sieur Longuet a montré un grand dévouement à la cause des libertés publiques Mais il n’a pu prendre une part bien active aux luttes engagées dans la capitale. Toutefois ce citoyen s’est présenté sur quelques points dangereux, armé d’un poignard, dont il n’a pu faire usage. La conduite de ce citoyen le rend digne de la médaille. » Dans une lettre adressée à la Commission et dans laquelle il demandait à être entendu lors d’un rendez-vous, il précisait : « Je vous prierais toutefois de m’indiquer un moment quelconque de la journée où il ferait encore jour, car ma mauvaise vue m’oblige à ne pas m’aventurer la nuit dans les rues de Paris. » Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, à l’occasion des fêtes anniversaires de Juillet, il reçut, auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement, vingt-cinq francs de gratification, à titre de décoré mais non blessé. Il est l’auteur de plusieurs compositions musicales : Ma mère, est-ce ainsi qu’on oublie ? romance par C. Longuet, 2 francs, à Paris, chez Constantin Longuet, 20, rue des Bons-Enfants, in Bibliographie de la France ou Journal général de l’Imprimerie et de la librairie, p. 488, n° 33 du 15 août 1823, 12e année (26e de la collection) à la rubrique Musique et dont Le Journal de Paris et des départements, politique, commercial et littéraire, en date du 19 août 1823, fit la critique suivante : « Ma mère, est-ce ainsi qu’on oublie ? tel est le titre d’une jolie romance qui vient de paraître. Les amateurs de la bonne musique s’empresseront sans doute de se la procurer quand ils sauront qu’elle est de M. Constantin Longuet, déjà connu avantageusement par plusieurs productions gracieuses, entre autres celle intitulée Eloge de la jalousie et commençant par ces mots : Je dirai ton ours qu’un petit grain de jalousie. A Paris, chez Jouve, marchand de musique, Palais-Royal, n° 96 ; Frère, passage des Panoramas, n° 16 ; et chez Cousineau, marchand de musique, rue Dauphine, n° 32. » Il est aussi l’auteur d’un Hymne à l’amitié, chanté par les FF. Henri Benard, René Longuet et Constantin Longuet, à l’occasion d’une fête maçonnique célébrée, à Caen (Calvados) dans la loge de la Constante Amitié, sans doute vers 1820 ; Le Sommeil d’Endymion, nocturne à deux voix, paroles de L. l’Hermite, mises en musique par Constantin Longuet, dédié à Mlle Pauline. In-4° de 3 pages gravées, orné d'une vignette lithographiée, à Paris, chez Jouve, marchand de musique, Palais-Royal, n° 96 ; Le Vieux Barde, musique de Constantin Longuet. Prix 2 francs à Paris, chez Hentz Jouve, Palais-Royal, n° 96 ; il est l’auteur aussi de plusieurs cantiques maçonniques ; Longuet demeurait 6, rue de la Victoire en 1830 ; 17, rue des Filles-Saint-Thomas en 1831 in Archives nationales F/1dIII/34. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées en dépenses diverses pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIe arrondissement ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement.