Lordon, Abel
Biographie
Peintre d’histoire, de genre et de portraits. En septembre 1830, il fit parvenir la lettre suivante à la Commission des récompenses nationales : « Ayant appris que les noms de tous ceux qui ont pris part aux affaires des 27, 28 et 29 seront consignés sur une liste des plus braves citoyens, je désire que la Commission trouve mes droits suffisants pour en faire partie. Voici ce que j’ai fait : le 28, j’étais sans armes mais je suis resté une grande partie de la journée dans le quartier du Louvre, du Palais-Royal et sur les quais. J’ai eu un homme tué à côté de moi, rue de l’Arbre-Sec, au coin de la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois à 2 heures de l’après-midi. Le 29, ayant eu des armes et de la poudre, nous sommes partis, M. Edwards, médecin, gendre de M. le général Trezel, et moi, de l’Odéon et nous nous sommes dirigés par les rues de Grenelle et Mademoiselle avec tout le peuple vers la caserne de Babylone, qui, après une heure de résistance, a été enfoncée des deux côtés, par la rue de Babylone et par la rue Plumet. Nous avons calmé des gens du peuple, exaspérés par la mort de leurs camarades, qui voulaient massacrer un Suisse prisonnier ; alors il a pu partir sous escorte avec un élève de l’Ecole polytechnique. Nous avons été ensuite aux Tuileries. Tout était fini. Là, nous avons monté la garde fort longtemps avec M. Louvet, M. Edwards et un élève de l’Ecole de droit, pour empêcher les gens qui paraissaient disposés à piller ou qui étaient gris. Le soir, nous avons commencé une grande barricade à la suite de la Terrasse du bord de l’eau et nous avons mis à contribution tous les passants pour ce travail. » Sa lettre était certifiée par Edwards, Henri, Milme (voir de nom) ; A. de Lajonkaire, lieutenant de la garde nationale à Montrouge, qui certifia l’avoir vu « dans les rangs de ceux qui ont pris la caserne de la rue de Babylone » ; Audoin, H., demeurant 4, rue des Mathurins-Saint-Jacques ; Jacob, Nicolas, Henri, dessinateur, professeur à l’Ecole d’Alfort, demeurant 14, rue du Pot-de-Fer. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) XIe arrondissement. Il est l’auteur d’une Prise de la caserne de Babylone. Il demeurait 1, rue des Maçons-Sorbonne en 1824-1830. Explication des ouvrages de peinture, sculpture, gravure, lithographie et architecture des artistes vivants, exposés au Musée royal des arts le 25 août 1824, Paris, Ballard, 1824 ; Dictionnaire des artistes de l’école française au XIXe siècle, Gabet, Paris, chez Mme Vergne, 1831, p. 457 ; Archives de Paris, VD6 631 n° 1.