Lorrin
Biographie
Directeur des postes à Alençon (Orne). Le 2 décembre 1831, il adressa la lettre suivante au président du Conseil, afin d’obtenir la décoration de Juillet : « Ayant appris que les citoyens qui avaient secondé la révolution de Juillet en province avaient des droits à l’obtention de la décoration de juillet, je viens vous soumettre mes titres à cette décoration. Dès que j’ai appris des ordonnances du 25, je me réunis au patriote de cette ville qui s’opposèrent à cet acte contre-révolutionnaire et l’on me vit dès ce moment unir mes efforts aux leurs pour paralyser les projets du gouvernement déchu. Aussi, j’ai été du nombre de ceux qui arrêtèrent les hommes suspects, envoyés aux autorités dès le 31 juillet, je courrais à cheval sur la route de Paris pour aller chercher les couleurs nationales qu’il me tardait tant d’arborer. Le 1er août, c’est moi qui accompagnais M. Pottier, actuellement lieutenant de gendarmerie à Alençon, pour signifier au préfet d’avoir à quitter la ville et pour l’observer au milieu des gens les plus notables de cette époque, qui étaient expédiés pour nous le soustraire, ce qui ne s’exécuta pas sans une lutte assez longue et pénible. Quatre heures après, c’était moi qui arborais les couleurs nationales à l’hôtel de la préfecture. Le général Cavalier, commandant le département de l’Orne, est témoin de ce fait. Mon fils, tout jeune encore, imitant mes principes et ma conduite, a payé de sa vie l’appel à l’armée, qu’il a devancé. Ma conduite en juillet, qui a été celle de toute ma vie, m’a valu l’emploi de directeur des postes à Alençon, auquel j’ai été nommé pendant ces glorieux événements. J’ose compter, monsieur le président, sur votre justice et je l’attends avec la plus grande confiance. J’ai l’honneur, etc. » Le 14 décembre 1831, la Commission choisie pour juger des droits de différents citoyens à la décoration de Juillet, se réunit à Alençon et prit à son sujet, comme à celui de Hamel et Fontemoing, la décision suivante : « La Commission se plaît à rendre hommage au dévouement et au zèle qu’ils ont montrés dans les journées de Juillet. Ils ont été assurément des premiers à exprimer hautement leur opinion et à concourir à l’organisation du nouvel ordre de choses. Leur zèle infatigable les portait partout où ils se croyaient utiles ; mais la Commission pense que leur conduite n’a été que celle d’un très grand nombre de citoyens de la ville d’Alençon, dont le caractère ferme et la conduite active et généreuse ont puissamment concouru au maintien du bon ordre. » Archives nationales F/1dIII/81, dossier Orne.