Lory, François

Biographie


Ancien militaire, établi rôtisseur. Il fut blessé à la jambe, rue de Richelieu au bout du passage Saint-Guillaume. Il adressa à la Commission des récompenses nationales, le récit suivant de sa conduite, tout en sollicitant un emploi : « Le 27, j’ai passé une partie de la matinée au Palais-Royal, où j’ai cherché à persuader les grenadiers du 6e de l’ex-garde royale de ne pas obéir si toutefois on leur commandait de faire feu. A midi, j’ai acheté une livre de poudre rue du Mont-Blanc n° 16 ou 18, et j’ai passé la journée à confectionner des cartouches. Le 28, à 11 h 30, je me suis habillé en garde national et me suis rendu à la mairie, rue d’Antin. A 1 h 30 j’ai engagé le nommé Fallet, tambour de chasseurs à me suivre, en faisant le rappel dans les rues des Petits-Champs, Chabanais, Sainte-Anne, de Grammont, Neuve-Saint-Augustin et de là à la mairie, où j’ai composé le poste autant qu’il était possible de le faire avec des hommes qui n’y connaissaient rien. J’ai demandé aux citoyens présents s’ils étaient en mesure contre nos ennemis et j’ai vu avec peine que la plupart n’avaient pas de munitions. Voyant nos tristes moyens de défense, je fis fermer les portes, en réservant toutefois la petite porte battante et je me suis mis à faire faction dans la rue, où j’ai essuyé un feu de peloton des troupes de ligne, qui ont stationné au coin de la rue des Petits-Champs. Je suis rentré chez moi à 4 heures. Dans la soirée je fus à la place Vendôme où je me suis entretenu avec un lieutenant de voltigeurs avec qui je convins de lui faire passer le Constitutionnel le lendemain. Le 29. 5 heures du matin rue Montmartre où j’ai eu avec beaucoup de peine deux feuilles du Constitutionnel. A 6 heures près les Bains-Chinois ce fut sur moi que les suppôts de Charles X commencèrent leur feu. 6 heures 10 minutes. Près de mon officier place Vendôme. 6 h 45 rue des Pyramides. Là, je voulus convertir des grenadiers du 1er régiment de l’ex-garde mais la crainte les retenait. J’étais sans armes et les menaces d’un officier me forcèrent de partir sans avoir pu réussir. 7 h ¼ place de la Bourse. 7 h 30 à 9 h, en tirailleur au coin de la rue de la Michodière et du boulevard. De 9 à 10 heures, aux barricades. 10 h ¼, j’accompagnai M. Méchin avec deux officiers de la garde chez M. Laffitte. A 11 heures, j’arrive près le passage Saint-Guillaume. Blessé à la jambe droite par une balle. En embuscade Petite-Rue-du-Rempart à la rue Boucherie. Combat de la rue de l’Echelle, prise des Tuileries, poursuite aux Champs-Elysées, retour aux Tuileries où j’ai donné la consigne au factionnaire du jardin de ne laisser sortir aucun effet provenant du château. Persuadé que nos ennemis ne pouvaient plus nous inquiéter, harassé de fatigue, souffrant de ma blessure, je suis retourné à la maison afin de rassurer ma femme et mes enfants. Voilà, messieurs, les faits qui me sont particuliers. Je joins à cette relation un certificat de personnes que je connais et qui m’ont vu sur les lieux ainsi que j’ai l’honneur de vous les soumettre. » Sa lettre était apostillée de plusieurs signatures. « Les soussignés certifient avoir vu le sieur Lory, rôtisseur, demeurant à Paris rue de la Michodière, n° 12, combattre sous l’habit et l’uniforme de garde national pendant les journées de Juillet et dans les endroits désignés par la relation ci-jointe. » Signé, le 21 février 1831 : Barbier, demeurant 14, rue Gaillon ; Lebrun, demeurant 6, rue des Jeûneurs ; Fallet, tambour de la 1re compagnie du 4e bataillon de la IIe légion. » « Je reconnais que le sieur Lory se trouvait en habit de garde national, le 29 juillet vers 10 heures à la porte de la boutique du sieur Castulat, Simon, au moment où j’y entrai pour soustraire à la fureur du peuple deux officiers de la garde royale et un officier d’état-major qui s’y étaient réfugiés. » Signe Lucien Méchin. « Je certifie avoir vu le sieur Lory faire le coup de fusil dans la matinée du 29 juillet au passage Saint-Guillaume, d’où je l’ai suivi jusqu’à la prise des Tuileries, où nous nous sommes dispersés. » Signé : Thuillier, P., demeurant 100, rue de Richelieu. « Je certifie avoir vu le sieur Lory entrer un des premiers en combattant aux Tuileries. » Signé : Dégonce, demeurant 20, place Royale. « Je certifie, et avec pleine et entière conviction, avoir vu le sieur Lory pendant les journées mémorables de Juillet et notamment dans la journée du 29, près le Théâtre-Français, où il fut blessé près le passage Saint-Guillaume. » Signé : …aleri, demeurant 145, rue Montmartre. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. Il reçut la médaille de Juillet auprès de la mairie du (ancien) IIe arrondissement. En 1831, « ayant […] éprouvé des malheurs, qui ont changé sa position », il sollicita auprès de la Commission des récompenses nationales un emploi tel que celui de garçon de bureau ou surveillant dans un établissement public. Il demeurait 12, rue de la Michodière en 1830-1831. Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 ; Archives de Paris VD6 173 n° 1 ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille (ancien) IIe arrondissement.

Soumettre une suggestion sur la notice

Votre adresse email
Numéro de téléphone


Tous droits réservés - © 2026 Laurent Louessard / Camille Maillet (Torii Kōdo) - Mentions légales - Politique de confidentialité - Contact
An unhandled error has occurred. Reload 🗙

Rejoining the server...

Rejoin failed... trying again in seconds.

Failed to rejoin.
Please retry or reload the page.

The session has been paused by the server.

Failed to resume the session.
Please reload the page.