Louchelart, Marie, Françoise, Augustine
Biographie
Née le 12 septembre 1808 à Noyelles-en-Chaussée (Somme), fille de Louchelart, Bonaventure, ménager, et de Nicolle, Euphroisine, son épouse. Domestique depuis plusieurs années chez M. Masson, 9, rue de la Lingerie. Elle était, le 28 juillet, à la croisée de la fenêtre quand elle fut blessée d’un coup de feu à la pommette de la joue droite, qui l’atteint de l’angle externe de l’œil jusqu’à l’oreille. Le récit de Duplessis (voir Duplessis, Jean-Baptiste) mentionne ainsi sa présence dans les combats : « [Le 28 juillet] A 10 heures, une bande immense, mieux armée, commandée par un homme que je n’ai distingué que par son audace, nommé Versigny, François, Michel, s’élance sur le même poste [de la place des Innocents], lui arrache armes et vêtements, fait crier Vive la liberté, vive la charte, mort aux tyrans ! A ce cri unanime, gendarmes et assaillants se prennent aux bras, s’embrassent et, soutiens mutuels les uns des autres, ils partent pour leur caserne de la rue Saint-Martin ; d’autres événements les y attendaient. Un seul gendarme de ce poste (de l’ex-garde impériale) opposa de la résistance. Il allait succomber quand je m’élance sui lui, livre ses armes et son fourniment aux assaillants et l’entraîne chez moi. En un instant mon habit et mon chapeau le rendent méconnaissable. A la faveur de déguisement il se mêle à la foule, et la vie lui est conservée. Son nom est Bladier. Le départ de la gendarmerie est le signal du saccage du poste et des bureaux du commissaire. Ce pillage affreux a eu cela d’inconcevable que rien n’a pu être emporté ou conservé. Nous ne sommes pas des voleurs, s’écriaient-ils, nous voulons la liberté ! Au feu tout ce qui a servi à la tyrannie. La halle aux draps et tout le quartier peut-être auraient été réduits en cendres si je ne me fusse précipité pour arrêter les progrès de l’incendie qui venait de se manifester dans le poste. Aussitôt j’entends proférer des menaces terribles et j’aurais certainement été immolé à la fureur populaire (on me prenait pour un agent de police) si je ne me fusse emparé moi-même d’un meuble et ne leur eusse crier Brûlons mes amis, mais au milieu de la place Les cris de mort contre moi sont aussitôt remplacés par des vivats. Et un instant après, les livres noir et rouge de deux dynasties de commissaires, purifiés par le feu s’élançaient dans les airs. Ren n’a été épargné. L’écharpe brillante du commissaire et un drapeau tout brodé d’or que les forts de la halle avaient acheté à grand prix et qui les précédait à ces royaux galas de Saint-Cloud. Tout enfin a été consumé. Dans l’ardeur qui anime non plus les braves qui étaient venus désarmer les gendarmes et qui volaient à de nouveaux désarmements combinés mais bien une multitude guidée par des sentiments moins honorables que ceux qu’inspirait la soif de la liberté, pénètre au sommet de la halle aux draps et les excès du bas se renouvellent. Ils allaient piller la propriété d’estimables négociants de la capitale. Cette idée m’a transporté d’indignation. J’endosse mon habit de garde national et m’élançant au milieu de cette foule exaspérée, je leur demande quel est leur but. Vive la garde nationale, ! Vive notre caporal ! est leur seule réponse. Qui commande ici ? Personne que vous caporal !! Moi ? m’écriai-je, Commander à ses voleurs ! A des gens qui incendient la propriété de négociants qui vous nourrissent et dans ce moment meurent en braves, du Louvre à la Grève ? Jamais ! Commandez et vous serez obéi !! Retirez-vous donc et prouvez que le désir de secouer le joug du tyran a pu seul vous mettre les armes à la main. Eteignons l’incendie et sauvons le quartier. Aussitôt on se rend à mes ordres ; en une minute l’ordre renaît, les postes de la halle évacués se ferment et je me trouve seul maître du poste, où je suis rejoint par mon ami Mandosse (voir Mandosse) et Reusse, marchand d’œufs, rue de la Poterie, en costume de gardes nationaux. Nous jouissions depuis quelques instants du plaisir d’avoir conservé cet édifice à Paris. La foule qui nous environnait semblait attendre de nouveaux ordres quand le 3e régiment de la garde, un régiment suisse, deux pièces de canon, leurs caissons, environ quatre-vingts gendarmes des chasses à cheval envahissent la place des Innocents par la rue de la Lingerie. Nous avions déjà fait heureuse contenance devant le régiment de la garde qui se rangeait en bataille, les pièces au centre, quand un chef qu’on dit être Marmont m’appelle à l’ordre Que faites-vous ici caporal ? J’y combats pour la liberté et j’y fais respecter la propriété. L’habit dont vous êtes revêtu est révolutionnaire, il vous expose. Pris les armes à la main, je regarde ce mot du traître comme un arrêt de mort. Je me disposais à la venger en le frappant de ma baïonnette quand un mouvement imprimé à son cheval et pour se parer et pour m’écraser me força à la retraite. Abandonné de tous ceux qui m’avaient promis obéissance, à l’exception de mes deux amis Mandosse et Reusse, je vis bientôt cinquante royales baïonnettes dirigées sur notre sein, Mandosse, les écartant d’un bras vigoureux, s’écrie, en lançant son fusil à la poitrine du maréchal Le nombre nous accable, à la force point de résistance, vous avez pu nous désarmer. En voici d’autres qui vont nous venger ! Déjà la fusillade avait commencé : de la halle au beurre elle se croisait avec celle de la rue de la Poterie. Nous lui devons la vie. Le maréchal et ses sbires regagnent, épouvantés, l’un le milieu de la place les autres les colonnes. Profitant de leur mouvement, je m’élance dans ma boutique par la rue de la Poterie. Aussitôt trois balles traversant ma porte, me confirment dans l’idée que les royaux assassins ne nous avaient laissé la vie que pour sauver la leur. La rage dans le cœur de me voir désarmé, je jette loin de moi mes inutiles cartouches, je me vois forcé de remplir le rôle d’observateur. A la faveur des nombreuses guirlandes de plantes qui garnissent mes croisées, je pouvais sans être aperçu admirer d’un côté les prodiges de valeur des assaillants retranchés dans la halle au beurre et aux pommes de terre, de l’autre la poignée de braves, qui, commandée par Poirier (presque sûrement Poirier, Adolphe, Joseph), marchand de sangsues, a soutenu si vaillamment l’attaque de la rue de la Poterie par les piliers de celle de la Tonnellerie. D’un autre enfin, je comptais les victimes d’un poste de la rue Saint-Honoré faisant face à des Suisses qui occupaient l’angle de la place qui y correspond. La manière savante avec laquelle ce poste envoyait la mort m’avait fait lui porter le plus grand intérêt. Les balles de l’arrière-garde sifflaient donc encore quand j’y vole porter non plus les secours de mon bras mais ceux de mon art. A l’ardeur de lancer la mort avait succédé le désir d’y soustraire mes camarades blessés. J’y trouve l’intrépide Outin (voir Outin, Jean-Pierre), négociant de la rue des Bourdonnais. Depuis le lundi son magasin n’était plus qu’un arsenal d’armes et un club où venaient se concerter les vengeurs de la liberté. Le mardi, il avait vaincu à la place la Bourse et ce jour l’avait vu combattre rue des Prouvaires et de la Monnaie ; près de lui avait déjà succombé une foule de braves, entre autres Miel, dentiste (voir Miel, Edme, Marie), D’Hallu (voir D’Hallu, Nicolas, Honoré) et Léon Tarin d’Angers (voir Tarin, Léon, Joseph) avaient été atteints d’un coup de feu. Revenu dans la rue des Bourdonnais, il ne cessait d’inquiéter par les tirailleurs qu’il avait adroitement posté rue Bétisy, rue Boucher et rue Saint-Germain-l’Auxerrois, le 5e stationnant depuis la rue des Prouvaires jusqu’au Pont-Neuf. Sa cour était devenue succursale de mon ambulance et sous les yeux des soldats auxquels toutes les dames de la maison qu’il habite prodiguaient les soins les plus généreux, il faisait fondre des balles et fabriquer des cartouches qui devaient coopérer le lendemain à la prise du Louvre, du Palais-Royal et des Tuileries. C’est lui qui a arboré le modeste drapeau qu’on remarque au coin du palais aux fenêtres de la Bibliothèque du duc de Chartres. Son courage enflammait une petite troupe qui l’a suivi jusqu’à Rambouillet. Des concitoyens lui ont décerné la plus flatteuse des récompense, en le proclamant premier lieutenant de la 2e compagnie de chasseurs. Son petit bataillon était intact et mes soins lui furent heureusement inutiles. Des cris suspendent nos mutuelles félicitations sur les premiers résultats de cette journée (mercredi), c’était ceux d’un soldat suisse blessé, dépouillé jusqu’à la chemise ; il allait expier les forfaits de ses chefs. Déjà le cri de Mort aux Suisses ! s’était fait entendre quand je m’élance au secours de cet infortuné qui se signait aux enfants de la veuve (signe maçonnique, N.D.A.). Il est le premier de cette foule de victimes auxquelles j’ai indistinctement prodigué mes soins dans ces trois affreuses et admirables journées. Je l’entraînai chez moi et posai le premier appareil sur sa blessure qui n’était que légère (Depuis le lundi j’en en ai pansé plus de 80. Les premiers sont les gendarmes et le commissaire de police Fouqueré, refoulés au poste par une grêle de pierres ; les derniers, ceux qui revenaient de Rambouillet et qui n’avaient d’autres blessures que celles (très douloureuses) occasionnées par de mauvaises chaussures et une marche forcée. Bouillons, vin, bas blancs, rien ne leur a manqué). Cependant ce théâtre de carnage faisait horreur ; le danger me donne de nouvelles forces et, en quelques instants, aidé de bons voisins, le poste des pompiers de la rue de Poterie devient un vaste tombeau de combattants, de femmes, d’enfants odieusement assassinés par les soldats du 3e de la garde. Au deuxième étage, M. Cavé (rue de la Ferronnerie) (voir Cave, Aimé, Théodore). Il était assis à son secrétaire. Au 3e étage, la fille de boutique de M. Masson rue de la Lingerie. Elle a eu la joue et l’œil droits emportés par une balle. Jusque dans les mansardes. Les feux de bataillon et les canonnades de la Grève au Louvre, le tocsin de toutes les cloches de la capitale nous indiquaient assez que nos pénibles travaux n’étaient que commencés. Loin donc de profiter des ténèbres pour nous dérober à nous-mêmes les horreurs de la glorieuse journée, nous en profitons pour fabriquer nos barricades de la rue Lenoir, de celle de la Lingerie et surtout pour faire disparaître les toits mobiles du marché de la halle, toits auxquels ces combattants dénaturés ont dû d’avoir un lendemain. Ce lendemain venait de poindre, le 30, mon premier soin fut de visiter mon prisonnier suisse ; il avait peu souffert, toujours pleuré ; de nombreuses larmes lui restaient cependant au moment où je lui annonçais que le reste de ses camarades, retranchés dans le Louvre, avaient déjà commencé l’attaque et que mes bouillants amis m’y attendaient pour combattre et qu’il fallait l’un et l’autre nous rendre à nos postes. Protestations, sanglots, tout fut inutile, ma patrie avant tout. J’avais un projet, Je voulais qu’il vît nos forces, nos moyens de résistance et qu’il allât rejoindre les siens et leur faire part des traitements qu’ils avaient à espérer de gens tels que nous. Bien recouvert de mes habits, je lui fis donc visiter ma maison garnie de pavé jusqu’au sixième, mon arsenal. Enfin, appuyé sur le bras de M. Fassy, fleuriste rue aux Fers, il est conduit dans le corps de garde où les cadavres des victimes et de leurs assassins entassés pêle-mêle offraient un spectacle d’horreur. Enfin, elle était pour lui au comble quand à travers vingt barricades, il aperçoit le Louvre. A nos bontés outrées se joignent quelques libéralités ; il couvre nos maisons de larmes et de baisers et nous le voyons disparaître. Son bonnet de police resté chez moi portait le nom de Muller, voltigeur au 2e bataillon n° 4195. Cependant il m’avait dit se nommer Jacob Thonen, 2e compagnie, 7e régiment suisse. Nous allons de la rue du Coq à la place du Palais-Royal ; la manière avec laquelle assaillants et assaillis se mesuraient déjà nous indiquait assez qu’il fallait nous préparer à vaincre. Il devait pour moi être autrement : à mon retour, je trouve mon dépôt de morts triplé. Aidé de quelques hommes obligeants, je m’empresse de garantir la santé par plusieurs appareils à la Guiton Morveau. Je place des militaires dans un coin, mes malheureux amis dans un autre. Si ce travail a été pénible, j’en ai été bien dédommagé par la satisfaction que j’ai éprouvée à faciliter la reconnaissance de beaucoup d’entre eux. Cependant le poste devenait insoutenable, les blessures étaient profondes et le ciel des 28, 29 et 30 enflammé. Barricadé de toute part, je ne pouvais éloigner ce foyer ; je consulte quelques voisins, MM. Mottay, Jacob, Maurice, Brulé, qui se plaignaient déjà et, ensemble, nous décidons la fosse de la place que cent bras terminent à l’instant (Cette fosse a dix-huit pieds de largeur sur huit à neuf de profondeur. Rien n’a été négligé pour que cette inhumation soit convenable. Les ouvriers ont tous été payés, nourris par moi. Tous ont été contents (extrait des procès-verbaux de la mairie du [ancien] IVe arrondissement). C’est en ce moment que s’est présenté M. Troche aidé de M. Lavilletelle (voir Lavilletelle (Marien dit Lavilletelle), docteur en médecine ; il avait pouvoir de M. Guiton de constater les décès. Je suis heureux de trouver ici l’occasion de leur prouver combien ma tâche est devenue facile par le courage et la persévérance avec lesquels ils se sont acquittés de leurs pénibles fonctions le 30 au tombeau des Innocents et le 31 à celui du Louvre, où j’ai réitéré mes précautions sanitaires. J’en avais besoin, car aux blessés des 28 et 29 s’en joignaient de nouveaux et je voulais tout faire. J’ai soigné le plus que j’ai pu de ces malheureux. J’ai fait partout un peu de bien, celui cependant dont mon cœur est fier, c’est d’avoir improvisé un modeste monument sur les cendres de nos martyrs et d’avoir donné l’exemple et provoqué un des riches dons en faveur des veuves et orphelins de nos braves citoyens morts pour la liberté de notre belle et glorieuse patrie le 30 juillet 1830. » Elle reçut (sous le nom de Louchelard) un secours de soixante-dix francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel. Elle quitta Paris dès le mois d’août et retourna à Noyelles-en-Chaussée, sans ressources. Elle perdit définitivement un œil et un certificat médical, en date du 27 septembre 1830, décrivait ainsi les complications qui suivirent sa blessure : « Je, soussigné, docteur en médecine de la faculté de Paris, remplissant les fonctions de chirurgien à l’Institution des sourds-muets, certifie que mademoiselle Louchelart, à qui j’ai donné gratuitement mes soins pendant tout le mois d’août, a perdu l’œil droit, par suite du coup de feu qu’elle reçut le 28 juillet. Je me suis assez longuement étendu sur la gravité de la blessure de la demoiselle Loucherlart dans un certificat que je lui délivrais en août, aussi ne ferais-je qu’ajouter ici que le coup ébranla vivement le cerveau (il y eut une fièvre cérébrale) car depuis cette époque la raison de la demoiselle Louchelart en a été et en est encore tout étourdie et qu’il serait possible que cet ébranlement passager fût devenu la cause d’une sorte d’aliénation mentale incurable. » Signé : Berjaud (voir Berjaud, Jean-Baptiste, Marie), médecin. Le certificat médical était apostillé ainsi par Viguier, Auguste (voir ce nom), adjoint au maire du (ancien) IVe arrondissement : « La demoiselle Louchelart est une des plus malheureuses victimes de nos journées de Juillet. Elle me paraît avoir droit à une pension. » Elle était porteuse du certificat suivant : « Je, soussigné, Louis Macqueron, officier de santé, demeurant à Yvrencheux, canton de Crécy, arrondissement d’Abbeville, département de la Somme, certifie avoir traité mademoiselle Augustine Louchelart, demeurant à Noyelle-en-Chaussée, depuis le 22 août 1830 jusqu’au 25 octobre même année, d’une plaie d’arme à feu du côté droit de la tête, endroit de la pommette, dont l’état a été en partie séquestré et l’œil du même côté entièrement perdu et atrophié. Il lui reste encore une cicatrice tendineuse depuis l’éminence de la pommette jusqu’à l’œil du même côté. Cette cicatrice est parsemée et entrelacée de petites taches bleues, semblables à de la poudre de canon. Il lui reste des horripilations nerveuses et des frénésies momentanées. » Signé, le 12 janvier 1831 : Macqueron, Louis, officier de santé, demeurant à Yvrencheux. Le dossier de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le 2 avril 1831, devant le maire du (ancien) IVe arrondissement, comparurent : Masson, Jean, Joseph, marchand de beurre et de graines, demeurant 9, rue de la Lingerie ; Lemesle, Léonard, Alexandre, marchand de bière, demeurant 9, rue de la Lingerie ; de Saint-Germain, Maxime, garçon marchand de bière, demeurant 9, rue de la Lingerie ; Corat, Jacques, François, tailleur, demeurant 9, rue de la Lingerie ; Duplessis, Jean-Baptiste, Rodrigue (voir Duplessis, Jean-Baptiste, H., Jph.), herboriste, demeurant 15, rue de la Lingerie. Ils attestèrent connaître parfaitement Louchelart, Marie, Françoise, Augustine et savoir qu’elle avait « été frappée à la tête d’une balle reçue par la croisée dudit sieur Masson, où elle se trouvait, le 28 juillet 1830, étant alors domestique chez lui ; qu’ils ont vu cette fille baignée dans son sang, au moment où elle venait d’être atteinte par les combattants ». Le maire de la commune de Noyelles-en-Chaussée attestait qu’elle était dans la plus grande nécessité. Elle reçut, après la révolution, des secours (sans que ni la date ni le montant soient précisés) auprès de la mairie du (ancien) IVe arrondissement. Le Comité de médecine et de chirurgie près la Commission des récompenses nationales, après l’avoir examiné, donna, le 2 avril 1831, la conclusion suivante : « A été atteint, dans les journées de Juillet, d’une blessure par arme à feu à la joue droite, de l’angle externe de l’œil vers l’oreille, blessure compliquée de la destruction de l’œil, de l’enlèvement de la paroi externe de l’orbite ; guérie mais avec perte de l’un des organes de la vue. » Elle fut admise dans la 5e classe des blessés et pensionnée de cinq cents francs (sous le nom de Louchelaid sur les listes du Bulletin des lois). Il lui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes de cent vingt-cinq francs. Elle demeurait 9, rue de la Lingerie en 1830 ; à Noyelles-en-Chaussée en 1831. Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 7, des blessés de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Citoyens blessés pendant les événements de juillet, qui ont obtenu, aux termes de l’article 5 de la loi, la pension de 300 fr. à 1.000 fr., Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 92 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IVe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 98 (sous le nom de Louchelard, Marie, Françoise) ; Précis des événements de juillet 1830, rédigé et publié par le sieur Duplessis, pharmacien rue de la Poterie, n° 1, lequel a donné les soins les plus assidus aux blessés ; qui a recueilli les corps des personnes tuées, dans le corps de garde des sapeurs-pompiers de la halle aux draps ; qui a pourvu, à ses frais, aux moyens de salubrité et à l’inhumation des victimes, Duplessis, Bibliothèque historique de la Ville de Paris, FG 443 ms 1028 ; Archives de Paris VD6 288 n° 7 Commission de la souscription nationale, mairie du (ancien) IVe arrondissement, Etat des récépissés des inscriptions de rentes délivrées par le maire du quatrième arrondissement de Paris, aux veuves, ascendants ou blessés de Juillet inscrits en la mairie dudit arrondissement, Etat des inscriptions de rentes qui ont été envoyées à la mairie du IVe arrondissement de Paris, comme appartenant à des veuves, orphelins, ascendants ou blessés de Juillet, domiciliés dans cet arrondissement, Etat des morts et des blessés par suite des événements de juillet 1830, Liste des morts, pensions, Etat général contenant les noms, prénoms, âges, professions, demeures, états civils des victimes de la grande semaine, et les secours qui leur ont été donnés ; Archives nationales F/1dIII/35 A, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux blessés pensionnés pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IVe arrondissement et par la caisse municipale, pendant le mois de novembre comprenant les arrérages à partir du 1er août 1831 ; Archives nationales F/1dIII/38 A, blessés admis à la pension ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives nationales F/1dIII/82 Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IVe arrondissement, blessés de la 5e classe (sous le nom de Louchelard, Marie, Françoise).