Louis, Joseph, Dominique, baron
Biographie
Né le 13 novembre 1755 à Toul. Diacre, il avait avec l’évêque d’Autun (Talleyrand) célébré la messe à la fête de la Fédération le 14 juillet 1790, ambassadeur, haut fonctionnaire et plusieurs fois ministre des Finances. Le dossier d’examen de ses droits fut instruit par la Commission des récompenses nationales du (ancien) XIIIe arrondissement, sous-préfecture de Saint-Denis. Il reçut la médaille de Juillet auprès de l’arrondissement de Saint-Denis. Il était ministre des Finances en 1831. Nous empruntons au Nouveau Dictionnaire des girouettes la notice biographique qui lui est consacrée et ainsi rédigée : « Engagé dans les ordres sacrés, et conseiller-clerc du parlement de Paris au commencement de la révolution ; appelé à l'assemblée provinciale de l'Orléanais, et s'y montrant chaud partisan des idées nouvelles ; assistant, comme diacre à ceinture tricolore, l'évêque d'Autun (aujourd'hui Talleyrand) à la première fédération au Champ-de-Mars ; chargé, par Louis XVI, de plusieurs missions diplomatiques, et confidentielles, et émigrant en Angleterre, lorsque ce prince fut mis en jugement.
»Rentré en France après le 18 brumaire ; chef du bureau de la liquidation au ministère de la Guerre ; employé à la chancellerie de la Légion d'honneur ; maître des requêtes au Conseil d'Etat, président du conseil de liquidation créé en Hollande ; administrateur du Trésor public, baron d'empire, membre de la Légion d'honneur.
»A la première déchéance de Napoléon, l'ex-évêque Talleyrand s'étant mis à la tête du gouvernement provisoire, son ex-diacre Louis, devenu conseiller d'Etat, eut le portefeuille des Finances, du Trésor, des manufactures et du commerce.
»Louis XVIII, à son arrivée, le fait ministre des Finances, et il présente, sur leur situation, un long rapport, dans lequel il rétracte sans pudeur les éloges qu'il a donnés, l'année précédente, au budget de Napoléon. M. Gandin, son prédécesseur, lui répond avec amertume.
»En 1815, l'abbé Louis suit le roi à Gand et, de retour avec ce prince, il reprend le portefeuille des Finances qu'il ne garde pas longtemps.
»Député de la Meurthe en septembre 1815 ; ministre d'Etat ; grand cordon de la Légion d'honneur; membre du conseil privé; négociateur, pour la France, avec les puissances étrangères ; pour la troisième fois ministre des Finances en 1818 ; ministre d'Etat en 1820; député de la Meurthe en 1821 ; rayé, par ordonnance du roi, de la liste des ministres d'état en 1822 ; député de la Meurthe et de la banlieue de Paris en 1827.
»Dès le 30 juillet 1830, M. Louis s'était en quelque sorte emparé du ministère des Finances et avait expédié des ordres aux receveurs généraux. La commission municipale le nomma commissaire provisoire aux Finances et le roi Louis-Philippe sanctionna sa prise de possession, en lui donnant le titre de ministre. »Le 2 novembre, il se retira avec le ministère Guizot. Rentré de nouveau au conseil, avec le ministère Perier, le 13 mars 1831, c'est pour la cinquième fois, qu'il dispose du portefeuille des Finances.
»En 1814, il avait proposé la restitution des biens non vendus aux émigrés, et le séquestre des biens meubles et immeubles de Napoléon et de sa famille.
»En 1830, il n'ose pas prendre sur lui de rendre à l'Etat la disposition du fonds commun de l'indemnité.
»En 1831, il trouve que le séquestre des biens de Charles X est une mesure révolutionnaire et odieuse.
»En 1818, il comprenait, dans le budget de la Restauration, les produits des jeux et de la loterie.
»En 1821, il les traitait d'impôts infâmes et immoraux.
»En 1831, il se dispose à les comprendre dans le budget de la révolution… E sempre benè ! »
Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis (sous le nom de Louis baron) ; Etat nominatif des citoyens auxquels sera décernée la médaille instituée par la loi du 13 décembre 1830 sur les récompenses nationales, Le Moniteur universel, 19 juin 1831 (sous le nom de Louis baron) ; Archives de Paris VK3 39, département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, contrôle nominatif des citoyens décorés de la médaille de Juillet, idem Récompenses nationales, remise des brevets de la médaille de Juillet idem département de la Seine, arrondissement de Saint-Denis, Récompenses nationales, état nominatif des décorés de la médaille de Juillet mais qui ne se sont point encore présentés pour recevoir le brevet ; Archives nationales F/1dIII/39 Commission des récompenses nationales, noms des citoyens proposés pour la médaille, arrondissement de Saint-Denis (on trouve aussi ces mêmes listes deux fois in Archives de Paris VK3 39) (sous le nom de Louis baron) ; Nouveau Dictionnaire des girouettes, Nos grands hommes peints par eux-mêmes, pairs, hommes d’Etat, hommes de lettres, généraux, évêques, chansonniers, préfets, journalistes, statuaires, ministres, députés, ambassadeurs, vaudevillistes, etc., par une girouette inamovible, à Paris, Lerosey, libraire, Palais-Royal, 1831, p. 433-435.