Louisette, Jean-Pierre
Biographie
Né vers 1775 à Vitry (Val-de-Marne). Marchand d’habits (marchand de copeaux en 1817 et 1832). Il fut condamné à vingt années de travaux forcés par le conseil de guerre, le 7 ou 8 juillet 1832, pour sa participation à l’émeute des 5 et 6 juin 1832. La décision du conseil de guerre fut cassée et Louisette comparut devant la cour d’assises de la Seine. Il fut condamné en 1833 pour pillage de propriétés pendant l’émeute, selon Rappaport dans son livre La Chaîne des forçats, mais exempté de la chaîne par le préfet de police, parce que considéré comme prisonnier politique. Il fut blessé par un coup de feu qui lui brûla la face et les membres supérieurs, le 24 février 1848, alors qu’il combattait au château d’eau devant le Palais-Royal. Transporté à l’hôpital de la Charité, il y mourut le 29 février suivant. Il ne laissait aucun parent, seule une concubine, avec laquelle il vivait depuis douze ans, Sassier, Marie, Elisabeth, née le 9 ventôse an X à Loisy-en-Brie (Marne), de Sassier, Pierre, Victor, vigneron, et de Debar, Marie, Anne, Véronique. Dans une lettre où elle sollicitait des secours, elle disait de Louisette qu’il avait été « l’un des combattants de Juillet ». Il avait été plusieurs fois détenu et condamné pour raisons politiques : emprisonné à La Force le 25 février 1817 pour propos séditieux et renvoyé de l’accusation le 16 mars suivant ; pour sa participation à l’émeute de juin 1832, à la barricade Saint-Mery, arrêté et emprisonné au dépôt de la préfecture de police le 9 juin 1832, transféré à la prison de Sainte-Pélagie le 18 juin, écroué à La Force en pourvoi d’un jugement du conseil de guerre le 28 novembre suivant, écroué à la Conciergerie, le 22 mars 1833, pour attentat, condamné à cinq années de travaux forcés sans exposition aux assises le 6 avril suivant et amnistié le 8 mai 1837 ; écroué à La Force le 28 octobre 1837 pour fraude et renvoyé de l’accusation le 21 novembre suivant ; écroué le 25 novembre 1839 comme condamné à cinq jours de prison par jugement du 6 avril précédent pour diffamation. On trouve dans l’Ami de la religion, journal ecclésiastique, politique et littéraire, tome soixante-douzième, Paris, 1832, une trace de sa condamnation pour l’émeute de juin 1832 : « A […] succédé le nommé Louisette, marchand de copeaux, qui, après avoir construit une barricade dans la Cité avec une femme décorée de Juillet, avait tiré sur les troupes. Ce dernier fait a été attesté par plusieurs personnes ; cependant le conseil a admis des circonstances atténuantes, et Louisette a été condamné à 20 ans de travaux forcés : il était défendu par M. Couturier. » Sa concubine reçut mille quarante francs de secours entre mars et décembre 1848. « Privée de travail et dans une grande misère », elle sollicitait toujours une pension en août 1849. Le directeur du bureau de charité du (ancien) XIIe arrondissement, Lesage, chez qui Louisette et sa concubine avaient vécu dix-huit mois, la recommandait comme « d’une bonne conduite et de bonnes mœurs, […] estimée de toutes les personnes honorables du quartier Saint-Marcel ». Les demandes de secours de Sassier étaient apostillées favorablement par Nicolle, membre du conseil municipal ; Passerot, propriétaire, demeurant 24, rue Tierce ; Chantdavoine, lieutenant en premier de la 6e compagnie du 4e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale ; Dufournel, pharmacien, lieutenant de la garde nationale, demeurant 238, rue Mouffetard ; Bernier, demeurant 16, rue des Gobelins ; Prieur, sergent dans le 4e bataillon de la XIIe légion de la garde nationale ; Spilmam, propriétaire, demeurant 12, rue Pierre-Laborde ; Budischorsky, demeurant 13, rue Pierre-Laborde en juin 1848 et 190, rue Mouffetard en novembre 1848 ; Lacroix ; Grouillet, boulanger, demeurant rue Tierce ; Coutant, demeurant 13, rue Pierre-Laborde ou Pierre-Lombard ; Schlegel, propriétaire, demeurant 307, rue Mouffetard ; Morin, demeurant 42, rue de Lourcine ; Lefevre, demeurant 42, rue de Lourcine ; Dupont, demeurant 213, rue Mouffetard ; Delannoye, marchand épicier, demeurant 208, rue Mouffetard ; Grillard illisible, demeurant 198, rue Mouffetard. Le 21 mai 1849, la préfecture de police donnait sur son compte les renseignements suivants : « […] Cette femme n’a personne à charge mais on la dit malheureuse. Dans son voisinage, sa réputation est bonne. » Louisette vivait 24, rue Tierce, barrière de Gentilly, à Gentilly en 1845-1848 ; sa veuve, toujours 24, rue Tierce en 1848 ; 241, rue Mouffetard en 1849. La Démocratie pacifique, 2 mars 1848 (à consulter) ; l’Ami de la religion, journal ecclésiastique, politique et littéraire, tome soixante-douzième, Paris, 1832, p. 411 ; Archives nationales BB/18/1330, Etat des individus condamnés par la cour d’assises de la Seine, du 15 septembre au 18 octobre 1832, pour avoir pris part aux événements des 5 et 6 juin (où il semble signer Louissette) ; Archives nationales BB/22/51-66 ; Archives nationales F/1dIII/93 ; Archives nationales F 16 505 selon Rappaport ; La Chaîne des forçats, 1792-1836, Rappaport, Aubier, Paris, p. 230.