Loutreuil, Philippe, Gabriel, dit Alexandre

Biographie


Né le 29 ventôse an III à Saint-Pierre-de-Cernières (Eure), fils de Loutreuil, Gabriel, Philippe, marchand, et de Simon, Marie, son épouse. Cocher de remise, travaillant chez Chauvet, loueur de cabriolet, 12, rue de Chabrol. Il fabriqua des cartouches dès la nuit du 26 au 27, reçut plusieurs combattants en armes à son domicile et leur distribua des cartouches. Il continua les 27 et 28 à fondre des balles et faire des cartouches, qu’il distribua aux combattants. Ce fut au cours d’une de ses distributions, dans la soirée du 28 juillet près de la porte Saint-Denis, qu’il fut remarqué par les soldats de la garde royale et tué d’une décharge. Il fut inhumé le 29 juillet rue de Chabrol dans un terrain contigu au n° 8. Devant l’impossibilité de recourir à un officier de l’état civil pour faire établir le décès, un témoignage fut recueilli auprès de Charles de Filière, propriétaire demeurant 17, rue d’Enghien, né vers 1801, Jean-Baptiste Chatelain, rentier, demeurant aussi 17, rue d’Enghien, né vers 1791, François Hopillart, concierge de la même maison, né vers 1789, Dallemagne père, propriétaire et marbrier, demeurant même rue n° 15, né vers 1765, et Auguste, Alexandre Lemoine, marchand épicier, demeurant 15, rue d’Enghien, né vers 1795 ; ce témoignage attestait que Loutreuil, Philippe, Gabriel « jouissait de la meilleure réputation, qu’il a été tué d’un coup de feu dans la soirée du mercredi 28 juillet présent mois près la porte Saint-Denis par des soldats de la garde royale et qu’il périt victime de son dévouement à la cause nationale. Certifions en outre qu’il a été inhumé aujourd’hui rue de Chabrol dans un terrain contigu à la maison n° 8 […] ». Le dossier des droits que son décès entraînait fut instruit par la Commission des récompenses nationales de la mairie du (ancien) IIIe arrondissement. Le certificat suivant constatait les circonstances de son décès : « Nous, soussignés, domiciliés à Paris, certifions sur l’honneur que les faits suivants sont à notre parfaite connaissance. Que Philippe, Gabriel Loutreuil dit Alexandre, employé comme cocher de cabriolet chez M. Chauvet, loueur, demeurant rue de Chabrol n° 12, faubourg Poissonnière, a été tué à la porte Saint-Denis, le mercredi 28 juillet 1830, en distribuant des cartouches qu’il avait fabriquées pour les citoyens armés ; que dans la nuit du 26 au 27 déjà il s’occupait à confectionner des cartouches et reçut dans son domicile pour y passer la nuit des citoyens avec leurs armes, auxquels il donna des munitions ; qu’il continua le mardi et le mercredi à fondre des balles et faire des cartouches, qu’il allait lui-même distribuer aux citoyens qui combattaient, jusqu’au moment où, remarqué par des soldats de la garde royale au moment où il distribuait ses munitions, il tomba mort sous leur décharge. Il laisse une femme sans enfant mais une mère pauvre et âgée qui retombe à la charge de sa veuve, Catherine Challier, employée comme femme de confiance chez M. D’Aubignos, rue d’Enghien n° 17 à Paris. » Signé, le 11 septembre 1830 : Lavelle, négociant, demeurant 2, rue d’Angivillers ; Huard, négociant, demeurant 36, rue de Grenelle-Saint-Honoré ; Gosselin (voir Gosselin, Edouard, Benjamin), pharmacien, membre de la commission chargée de recueillir les faits honorables qui se sont passés pendant les journées de Juillet, demeurant 176, rue Saint-Honoré. Il laissait une mère âgée et pauvre, la veuve Loutreuil, née Simon, Marie le 21 septembre 1774 à Saint-Pierre-de-Cernières. En date du 21 mars 1831, le maire du (ancien) IIIe arrondissement, certifia qu’elle était « sans fortune qui puisse assurer son existence ». Elle présenta le certificat suivant : « Nous, soussignés, habitants de la rue d’Enghien et la cour des Petites-Ecuries, certifions qu’il est à notre connaissance que la dame Marie, Simon, veuve Gabriel, Philippe Loutreuil est la mère du sieur Gabriel, Philippe Loutreuil (sic), tué à la porte Saint-Denis le 28 juillet dernier ; que ladite dame Loutreuil, âgée de cinquante-six ans, est sans fortune ; qu’elle n’avait d’autre appui que son fils, qui l’avait prise chez lui et la faisait vivre au moyen de son travail comme cocher de remise ; que par conséquent ladite dame Loutreuil serait réduite à la mendicité si l’on ne venait point promptement à son secours. » Signé, le 28 août 1830 : Gaudelet ; Bazenery, épicier ; Dennivelle, demeurant cour des Petites-Ecuries ; Salfray, demeurant cour des Petites-Ecuries. Elle fut pensionnée et il lui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Les parents s’étaient mariés le 2 prairial an II à Renouard (Orne) ; sur l’acte de mariage, Loutreuil, Gabriel, Philippe est indiqué comme né le 18 mars 1769 à Renouard, comme étant le fils de feu Loutreuil, Philippe, aubergiste, et de Godet, Marie ; Simon, Marie est indiquée comme fille de Simon, Gilles, bourrelier, et de Rassant, Pélagie, Geneviève, son épouse. Loutreuil, Gabriel, Philippe mourut le 20 fructidor an XIII à Saint-Pierre-de-Sernière. Loutreuil laissait une veuve, Chalier ou Challier, Catherine (Chalier sur les listes du Bulletin des lois, sur celles du Moniteur universel et sur celles de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830 et in Archives nationales F/1dIII/34, mettre donc cette orthographe…) née le 3 janvier 1793 à Saint-Flour (Cantal) (elle-même fille de Chalier, Antoine, soldat au 22e régiment de cavalerie, et de Lombard, Marguerite, son épouse), qu’il avait épousée le 7 août 1827 à la mairie du (ancien) IVe arrondissement de Paris, employée comme femme de confiance chez M. d’Aubignos, 17, rue d’Enghien, qui reçut un secours de cent trente francs en septembre 1830, sur les secours distribués par Le Constitutionnel, un secours de cent francs, le 9 août 1830, un secours de cinquante francs, le 20 août 1830, un secours de deux cent dix francs le 15 février 1831 à la mairie du (ancien) IIIe arrondissement, fut pensionnée de cinq cents francs et à qui fut accordé, par la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, une inscription de rentes. Le nom fautif de Lontreuil (P.-G. Lontreuil) est inscrit sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, et sur les tables du Panthéon. Loutreuil demeurait 18, rue d’Enghien (par erreur 28, rue d’Enghien sur les listes du Constitutionnel) ; sa veuve, à la même adresse en 1831 (mais deux fois 9, rue d’Enghien in Archives de Paris VD3 1-2). Deuxième état de distribution des secours patriotiques versés au Constitutionnel ; Liste n° 4, des veuves de victimes de Juillet, pensionnées annuellement de cinq cents francs, Liste n° 6, des ascendants de victimes de Juillet pensionnés, Bulletin des lois, 2e partie, ordonnances, n° 104 bis ; Veuves de victimes de Juillet, qui ont obtenu une pension annuelle et viagère de cinq cents francs, Ascendants de citoyens qui ont succombé pendant ou à la suite des trois journées et qui ont obtenu une pension, Le Moniteur universel 5 septembre 1831 ; Compte-rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes du IIIe arrondissement lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, Paris, Imprimerie de Crapelet, rue de Vaugirard, n° 9, novembre 1832, p. 95 ; Tableau général et alphabétique des pensions inscrites depuis le 1er janvier jusqu’au 31 décembre 1831, Imprimerie royale, Paris, 1832, p. 27 ; Archives de Paris VD3 1-2 in dossier Commission des récompenses nationales, (ancien) IIIe arrondissement, état des veuves ayant droit à une pension, avec enfant ou sans enfant, idem état des ascendants ayant droit à une pension, idem état des sommes payées par MM. les commissaires ci-après désignés aux combattants et blessés de juillet 1830 du (ancien) IIIe arrondissement, idem Etat des paiements faits par M. Ternaux, commissaire délégué des récompenses nationales pour le (ancien) IIIe arrondissement, aux veuves, ascendants et blessés dudit arrondissement, années 1830-1831 (M. Ternaux n’a pris les paiements que le 13 octobre 1830) ; Archives de Paris VD6 288 n° 7, (ancien) IVe arrondissement, Liste des morts, pensions ; Archives de Paris VK3 41 (couverture du dossier de Bonhomme) ; Archives nationales F/1dIII/33 Commission des récompenses nationales, deuxième état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet avec indication du champ de bataille où ils ont été frappés (201 citoyens) (ancien IIIe arrondissement) ; Archives nationales F/1dIII/34, Commission des récompenses nationales, état des sommes payées aux ascendants pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 octobre 1831 par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement et par la caisse municipale pendant le mois de novembre, comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 et état des sommes payées aux veuves pour le compte de cette commission, du 8 octobre 1830 au 31 août 1831, par la mairie du (ancien) IIIe arrondissement comprenant les arrérages à partir du 1er août 1830 ; Archives nationales F/1dIII/38 B, Commission des récompenses nationales, état des veuves des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet (dossier de cinq états et 260 veuves) et Commission des récompenses nationales, Ascendants des citoyens tués dans les journées de Juillet (5 états pour un total de 325 ascendants) ; Archives nationales F/1dIII/64 ; Archives nationales F/1dIII/82, état des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de Juillet, aussi liste des victimes de Juillet 1830, colonne de Juillet et aussi liste générale des citoyens morts dans les journées de juillet 1830, en combattant pour les libertés publiques et dont les noms sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (sous le nom de Loutreuil, Philipppe, Gabriel dit Alexandre) et aussi Compte rendu des travaux de la Commission de la souscription nationale en faveur des veuves, orphelins et blessés de juillet 1830, lu et approuvé à la séance générale du 11 juillet 1832, liste nominative des veuves, orphelins, ascendants et blessés auxquels il a été accordé des inscriptions de rentes, (ancien) IIIe arrondissement, veuves et ascendants ; Bulletin des lois, IXe série, tome 21, n° 746, Paris, imprimerie royale, février 1841, p. 83 (sous le nom de Lontreuil dit Alexandre, Philipppe, Gabriel), liste générale des citoyens morts ou blessés mortellement dans les journées des 27, 28 et 29 juillet 1830, en combattant pour la défense des lois et des libertés publiques, les noms de ces citoyens sont inscrits sur les tables du Panthéon et sur la colonne de Juillet (et aussi Archives de Paris D1K1 138, qui contient les mêmes informations puisqu’il s’agit de ce même numéro du Bulletin des lois) ; Colonne de Juillet, liste officielle et par ordre alphabétique des citoyens tués ou blessés mortellement dans les journées de juillet 1830, Paris, chez Vve Demoraine et Boucquin, 1841.

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